Protéagineux Un choix guidé par les contraintes agronomiques

Cécile Bertalou Terre-net média

Pour les protéagineux, c’est « le type de sol qui conditionne le choix de la culture », estime Bernard Gaillard, ingénieur régional Arvalis. Pois, féverole, lupin, semis de printemps ou d’automne, ce sont les contraintes agronomiques qui guident ce choix. Explications.


 


Bernard Gaillard, ingénieur Arvalis Ouest, «c'est le type de sol qui conditionne le choix de la culture» (© Terre-net)

Sensibilité des protéagineux au froid
Sur sols sains et froid, lupin, féverole et même pois résistent à des températures négatives de -12°C à – 14°C , précise Bernard Gaillard. En sols humides, la culture aura plus de difficultés à partir de -8/-9°C.

    

 En sol sain, peu profond et sans irrigation (type argilo-calcaire ou limon peu profond par exemple), «on s’intéressera prioritairement aux semis d’automne », estime Bernard Gaillard. En pratique, sur des parcelles à forte présence de cailloux ou sur sols mal nivelés, Bernard Gaillard préconise féverole d’hiver ou  lupin d’hiver. En effet, explique-t-il « il n’existe pas de tolérance à la verse pour le pois d’hiver. De plus, il supporte mal la battance». Déconseillé donc dans ces conditions particulières !
A contrario, en conditions peu risquées pour la récolte (sans cailloux,…), les contraintes agronomiques sont levées : le choix peut se porter sur pois, féverole ou lupin.


Sur sols sains, la féverole résiste à des températures fortement négatives (© Terre-net)

 

En sol profond et culture sèche

 En sol profond et (ou) culture irriguée (type argilo-limoneux profond par exemple), semis de printemps et d’hiver sont possibles.  « Et comme le potentiel de récolte est un peu supérieur en semis de printemps, autant le  privilégier », conseille Bernard Gaillard.
Pour les semis de printemps, en culture sèche, il est possible de s'orienter indifféremment vers pois, féverole ou lupin. Pour ces trois protéagineux, « il existe des variétés résistantes à la verse », précise Bernard Gaillard.
En culture irriguée, explique-t-il, « c’est la concurrence du maïs pour l’eau qui va influencer le choix ». Sans culture de maïs irrigué sur l’exploitation, le choix peut se porter indifféremment sur l’un des trois protéagineux.  Par contre, si le maïs est irrigué, l’intérêt est d’éviter la concurrence pour l’eau. Bernard Gaillard conseille alors de s’orienter vers une culture de pois de printemps qui permet de lever cette contrainte.

« A caler en fonction des types de sol »

Dans le choix d’un protéagineux, pas de recette unique selon Bernard Gaillard, mais bien un choix « à caler en fonction des types de sol ». D’autres critères sont aussi à associer pour aider à la décision : résistance au froid, productivité, objectifs de rendement, et…utilisation prévue des protéagineux. Par exemple, la consommation des protéagineux par les animaux de l’exploitation, permet d’améliorer la valeur ajoutée de ces cultures.

NB: Informations et propos recueillis lors de la journée technique: Améliorer la valeur ajoutée des cultures, organisée par les chambres d'agriculture des Pays de Loire et Arvalis-Institut du végétal à l'espace recherche de St Fort (53)


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