Récolte maïs grain 2005 Malgré un été difficile, les rendements sont meilleurs que prévu

Bénédicte Normand Terre-net média

Arvalis dresse le bilan de la campagne maïs 2005. Grâce à un automne clément, les rendements du maïs grain ont dépassé les attentes. La récolte enregistre des humidités de 3 points inférieures à la moyenne habituelle. Avec les explications de Jean-Paul Renoux et de Josiane Lorgeou d'Arvalis.

Malgré la sécheresse et les interdictions d’irrigation qui ont touché certaines régions, le bilan économique du maïs grain 2005 se révèle meilleur que prévu. Les niveaux de rendement sont en baisse de 8% par rapport à l’an dernier avec une moyenne nationale à près de 85 quintaux. On constate une très grande hétérogénéité, avec des rendements allant de 40 à 165 quintaux. Avec la baisse des surfaces consacrées au maïs et les conditions climatiques, la production est en baisse de 2,7 millions de tonnes par rapport à l’an dernier. « Le début de cycle avait installé un potentiel important. Le comportement de l’année de 2005 nous a permis de détecter du progrès génétique qui s’exprime : nous n’avions jamais vu auparavant des maïs qui ont autant souffert durant l’été et qui se sont aussi bien repris. Un palier a été franchi dans la résistance à passer quelques semaines difficiles. » explique Jean-Paul Renoux d’Arvalis.

L'eau : principal facteur limitant

Les conditions climatiques exceptionnelles ont permis au maïs de supporter le stress hydrique de l’été. L’excédent de somme des températures a été favorable à la culture : « Il y a eu une hausse de 120° jour par rapport à la normale. Ces résultats sont à pondérer avec les dates de semis ultra précoces. » précise Josiane  Lorgeou. « C’est l’originalité de cette année : certains maïs ont été implantés très tôt, jusqu’à un mois en avance. Mais les semis ont été très étalés, avec des conditions d’implantation généralement très bonnes. »  Ce bilan des températures s’explique par la période chaude de la deuxième quinzaine de juin et par un automne très clément, chaud et sain.  

 


Cumul des sommes de tempréatures sur la période 21/04 au 20/10 (en écart à la normale) (© Arvalis)

 

Le manque d’eau est le principal facteur limitant de cette campagne. La période de plus grands besoins en eau du maïs va du 10 juin au 31 août. «  Le quart Nord-Est ayant  bénéficié d’une bonne pluviométrie, les rendements dans cette zone sont exceptionnels ». Dans les régions où les réserves hydriques ne se sont pas suffisamment reconstituées pendant l’hiver, on a assisté à un épuisement progressif de celles-ci. Le maïs s’est acclimaté mais, en l’absence de retour des pluies, n’a pas pu redémarrer. « Les régions qui correspondent à cette situation sont celles où se trouve la majorité des surfaces en maïs, d’où la baisse du rendement moyen. »

 


Cumul du bilan Pluies moins ETP, sur la période du 11/06 au 31/08 (en écart à la moyenne) (© Arvalis)

 

Parallèlement, les semis précoces, les sommes de températures excédentaires et l’automne particulièrement clément ont permis des humidités à la récolte très basse, avec une humidité moyenne à 27% soit 3 points de moins que l’an passé. « Le coût de séchage est tel que cela compense la perte de rendement. »

50% d'impasse sur la protection insecticide

« La pression des ravageurs se fait plus grande » confirme Arvalis, qui souligne « la nécessité d’homologuer des nouveaux produits. » D’après les calculs de l’institut, l’absence de traitements de semences et l’insuffisance de protection insecticide est responsable d’une perte de rendement de 3%, soit près de 500 000 tonnes. « Cette année, ce sont plus d’un hectare sur deux qui n’ont pas été protégés. »

Les bonnes conditions d’implantation du maïs ont favorisé l’efficacité du désherbage en pré-levée. Les producteurs cherchent à limiter le nombre de passage par une intervention initiale la plus performante possible. « Le niveau d’exigence a diminué, les agriculteurs regardent les coûts et sont attentifs à l’environnement avec la pression sociétale. »

Estimation de la production de maïs grain 2005, semences comprises. (source : Arvalis)

  Surface (1000ha) Rendement (q/ha)  Production (1000t) 

Nord Picardie Normandie

72

89

640,8

Bretagne

98

85

833,0

Pays de la Loire 

123

78

959,4

Poitou-Charentes

157

78

1224,6

Champagne-Ardennes

47

95

446,5

Alsace-Lorraine

155

100

1550

Bourgogne Franche-Comté

78

68

530,4

Rhône-Alpes

123

88

1082,4

Provence

5

85

42,5

Languedoc-Roussillon

5

56

28

Auvergne Limousin

41

82

336,2

Ile de France

32

85

272

Centre

130

93

1209

Midi-Pyrénées

192

77

1478,4

Aquitaine

336

81

2721,6

France

1594

83,8

13354,8 


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