Campagne colza 2005 Des rendements moyens jamais atteints auparavant

Bénédicte Normand Terre-net média

Des rendements exceptionnels qui dépassent la barre des 35q/ha pour la deuxième année consécutive. Laurent Jung du CETIOM dresse le bilan de la campagne colza.

Avec une moyenne de 36,5 q/ha, les rendements moyens nationaux battent le record de 1987. « Cette satisfaction se double par le franchissement de la barre des 35q/ha pour la 2ème année consécutive, ce qui ne s’était là encore jamais vu. » précise Laurent Jung. « En 2004, nous avons eu des rendements exceptionnels dans le Nord et dans l’Est. En 2005, les bons rendements se décalent à l’Ouest mais c’est plus la performance moyenne d’ensemble qui fait le rendement. »

L’implantation de la culture s’est faite dans de bonnes conditions excepté dans l’Est : le mois d’août pluvieux a perturbé les semis, les sols tassés provoquant de mauvais enracinements et des irrégularités de peuplement. Malgré un mois de septembre sec, la douceur de l’automne a permis une croissance satisfaisante.  L’hiver et le printemps secs ont favorisé des enracinements sains. Le temps couvert à la floraison a limité le nombre de siliques/m² par un nombre de grains par silique exceptionnel. « Le poids de mille grains est correct, compte tenu du nombre de grains/m² et de la sécheresse en fin de cycle. »

Des progrès génétiques visibles

« Un des points clefs des bons rendements est la faible nuisibilité du phoma en 2005. » Ceci  s’explique par une pression tardive et modérée du phoma allié à l’utilisation de variétés à bon comportement comme Aviso ou Campala. Laurent Jung souligne l’importance de rester prudent : des accidents arrivent encore avec les variétés sensibles comme Maruca, entraînant jusqu’à 15 quintaux de perte dans certains secteurs.

Les attaques d’insectes sont en recrudescence à l’automne. La mouche du chou a fait des dégâts, parfois importants en Champagne et dans le Centre. Des captures importantes de charançons du bourgeon terminal ont été réalisées sur la façade Est. Les méligèthes restent un problème très localisé, notamment dans les régions où le développement du colza est récent : Bretagne, Franche-Comté, Ile de France, Nord, Picardie. Les méligèthes constituent un facteur aggravant dans les situations à problèmes.  « Cette menace est à prendre avec beaucoup de sérieux car les pratiques sont parfois risquées – absence de traitement, mauvais choix de produits – et les solutions de contrôle disponibles sont peu nombreuses et parfois fragiles. »

Les progrès génétiques ont contribué aux rendements exceptionnels dans un contexte climatique moyen. Les variétés actuelles ont de forts potentiels de rendement, avec de meilleurs comportements face aux maladies, à l’élongation à l’automne, à la verse et aux herbicides. On attend beaucoup des nouveaux hybrides en test actuellement au point de vue rendement.


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