L'actu d'Arvalis Attaques de rouille jaune en 2014 : un niveau jamais atteint

Arvalis-Institut du végétal Terre-net Média

Cette année, les niveaux de rouille jaune ont atteint des niveaux jamais égalés. Mais que s’est-il passé lors des deux dernières années ? Rapide bilan.

Si 2012 a été une année à forte pression rouille jaune, 2013 a été moins marquée par la maladie sauf en triticale. Mais c’était pour mieux revenir cette année…

2012 : grosse attaque !

Les attaques de rouille jaune sont particulièrement fréquentes et dans certains cas intenses, voire dévastatrices (en l’absence de protection), sur blé tendre, mais aussi sur triticale, blé dur, et plus ponctuellement sur orges.

Les premiers foyers de rouille jaune sont signalés dès décembre, en conséquence de la douceur de l’automne. Les températures extrêmement froides de février n’ont pas suffi à enrayer l’épidémie.

Repérée tout d’abord en Bretagne sur blé tendre et triticale, la maladie s’est ensuite étendue à toutes les régions, y compris le Sud, où elle n’a fait qu’une brève apparition. Bien que les attaques soient moins sévères, les parcelles de blé dur n’ont pas été épargnées par la rouille jaune, avec des signalements aussi bien en région Centre qu’en région Poitou Charentes et dans le Sud-Ouest. 

D'après les premières analyses de l’Inra sur blé tendre et triticale, des échantillons ont révélé la dominance d’une nouvelle race, appelée Warrior, déjà identifiée en 2011 en France, au Royaume-Uni et au Danemark.

Rouille jaune sur bléRouille jaune sur blé (©Arvalis)Les observateurs font remarquer que le faciès des symptômes était différent de celui qui est généralement observé : symptômes moins marqués, peu sporulants et présence principalement de chloroses et de nécroses. La formation abondante de téleutosores (forme initiant la reproduction sexuée) a été également remarquée et s’est avérée être une caractéristique de cette nouvelle race.

Et le triticale n’est pas non plus indemne. Les attaques sont sévères et spectaculaires.

Rouille jaune sur triticale en 2011.Rouille jaune sur triticale en 2012. (©Arvalis)

Quelques épis sont atteints, ce qui est rare en France. Des spores de rouille jaune sont présentes à l'intérieur des glumes et démontrent la gravité de l’attaque en 2012.

En 2012, la rouille atteint les épis.En 2012, la rouille atteint les épis. (©Arvalis)

2013 : présence sans gravité

Sur blé tendre, elle fait son apparition fin avril/début mai en secteurs favorables (climat océanique bordure maritime) et sur variétés sensibles, mais la météo ne lui est pas suffisamment favorable pour son développement, malgré un temps couvert. Elle reste généralement bien maîtrisée. 

Par contre, la maladie a été beaucoup plus marquée sur triticale, sur lequel des symptômes plutôt tardifs sur gaines puis sur épis ont été observés. Les premiers signalements de cette maladie sont apparus assez tardivement pour chaque région.

L'année dernière, le triticale a été atteint.L'année dernière, le triticale a été atteint. (©Arvalis)

En 2013, c’est le triticale qui est le plus attaqué. De fortes attaques sur épis. Des épillets qui jaunissent. Il faut écarter les glumes pour confirmer la présence de rouille jaune.

2014 : un niveau jamais atteint

Après une présence atténuée en 2013, la rouille jaune a infesté de nombreuses parcelles de céréales cette année. Signalée depuis début février, la maladie a atteint des niveaux de gravité record. Elle est présente sur l’ensemble de la France sur blé tendre, blé dur et triticale. Ponctuellement, elle a pu également être signalée sur orge.

Pour la première fois, devant le niveau de maladie observé au mois de mars, nos recommandations encouragent à déclencher un traitement avant le stade "épi 1 cm" Force est de constater que ces premiers traitements ont été efficaces. Toutefois, devant la pression parasitaire exceptionnelle, la persistance des produits n’a pas dépassé trois semaines. Par la suite, la rouille a redémarré sur certaines parcelles et des foyers ont été signalés sur de nouvelles parcelles. Le mois d’avril, pendant la montaison, une certaine dilution de la maladie dans une biomasse en forte en croissance a donné l’illusion d’une accalmie

En mai, la plupart des blés ont émis leur dernière feuille. La rouille jaune a continué sa progression, même dans les parcelles traitées, pour s’installer sur la nouvelle pousse. Les températures qui s’élèvent progressivement ne permettent pas de stopper son extension. La rouille jaune est désormais présente sur les épis dans de nombreuses régions, du sud au nord de la France.

Comme en 2013, les triticales sont très attaqués, a un point tel que cela nuit à l’image rustique de la culture (pas ou peu de besoin de protection fongicide). Sur blé dur, les variétés les plus cultivées sont sensibles à la rouille jaune et le sud-ouest est particulièrement touché.

Rédacteur : Jean Yves Maufras (Arvalis-Institut du végétal).

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