Visite du site de Corbeilles-en-Gâtinais Betteraves sucrières bio et conventionnelles, des productions complémentaires

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Pour répondre aux demandes de plus en plus nombreuses de ses clients et de ses planteurs, voulant se tourner vers l'agriculture biologique, la coopérative Cristal Union s'est lancée en 2018 dans la production de betteraves bio. Aujourd'hui, les 60 000 t de betteraves bio sont transformées sur le site de Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret). Pour son directeur, Maxime Cassel, cette production est réellement complémentaire avec celle des betteraves conventionnelles.

Betteraves bioAu champ comme au sein de l'usine, la production de sucre issu de betteraves bio reste un « processus spécifique et complexe ».  (©Terre-net Média)

Pour les équipes de Cristal Union, c'est la troisième campagne de production de sucre de betterave bio sur le site de Corbeilles-en-Gâtinais, dans le Loiret. Alors que la sucrerie a été mise en route le 24 septembre, les équipes ont privilégié un début de traitement des betteraves bio au 16 novembre.

« On évite ainsi de les arracher trop tôt pour ne pas pénaliser les rendements, les semis étant généralement plus tardifs que pour les conventionnelles. Et on ne le fait pas en fin de campagne afin d'éviter les soucis de conservation des racines », nous explique Maxime Cassel, directeur de l'établissement lors d'une visite du site. 7 jours et demi ont ainsi été dédiés aux 60 000 t de betteraves bio à transformer (rendement moyen entre 55 et 60 t/ha à 16°) sur les 110 jours de campagne de l'usine. Si dans les champs comme au sein de l'usine, cette production présente de nombreuses similitudes avec celle des betteraves conventionnelles, elle n'en reste pas moins un « processus spécifique et complexe », précise Maxime Cassel.

Les adventices, une problématique au champ et dans l'usine

Les planteurs engagés en agriculture bio comptent en moyenne 5 ha de betteraves chaque année. Pour eux, le principal défi au champ reste la gestion de l'enherbement, note Gatien Samaille, responsable agricole pour le secteur de Corbeilles-en-Gâtinais. « Le désherbage mécanique constitue un levier d'action important avec le binage notamment », mais cela peut s'avérer compliqué lors de printemps humides. « On mise aussi beaucoup sur le développement de la robotique », les équipes ont d'ailleurs testé cette année le robot FarmDroïd FD20, capable de prendre en charge à la fois, le semis et le désherbage mécanique d'une parcelle. 

Et les adventices représentent également une contrainte particulière dans l'usine. Les équipes doivent, en effet, intervenir régulièrement sur les machines pour éviter les bourrages. « Du lavoir aux coupe-racines, les installations sont soumises à dure épreuve », constate Maxime Cassel. Mais au fil des campagnes, les équipes ont revu certaines étapes pour optimiser le process et le rendre plus automatisé.

Maxime Cassel à gauche et Gatien Samailles à droiteMaxime Cassel, directeur de la sucrerie Cristal Union de Corbeilles-en-Gâtinais, à gauche et Gatien Samaille, responsable agronomique du secteur, à droite. (©Terre-net Média)

« L'opportunité d'explorer de nouvelles méthodes »

C'est d'ailleurs « le processus entier de transformation qui demande un traitement particulier. Quand on transforme les betteraves bio, les espaces concernés de l'usine sont réservés à cette seule production bio, avec un nettoyage approprié des chaînes de transformation (procédure certifiée Ecocert) pour éviter tout risque de mélange ». « Tout au long de la chaîne, le cahier des charges bio est strict, il implique d'adapter nos savoir-faire et nos processus », précise Maxime Cassel. Un anti-mousse différent est, par exemple, utilisé lors de l'étape du lavage, idem pour le découpage des betteraves en cossettes : là, « c'est de l'extrait de houblon qui sert pour éviter leur oxydation », etc.

Au global, « la cadence de l’usine est réduite de 20 % environ : on traite généralement 11 000 t de betteraves conventionnelles par jour sur le site de Corbeilles-en-Gâtinais, en bio on est plutôt autour de 9 000 t. » 

Retrouvez le parcours de la la betterave du champ au sucre, avec une visite de l'usine de Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret)

Pour des soucis de stockage, la transformation des betteraves bio va jusqu'à l'étape du sirop au moment de la campagne, et pendant ce temps, l'usine traite la cristallisation du sirop conventionnel. La cristallisation du sirop bio sera reprise par la suite.

Pour Maxime Cassel, il existe une réelle complémentarité entre ces deux productions. Tout d'abord, le sucre bio reste un marché de niche, la transformation des betteraves bio ne serait pas envisageable sans les betteraves conventionnelles, ne serait-ce que vis-à-vis des investissements nécessaires pour faire fonctionner l'usine. De l'autre côté, « le bio est aujourd'hui une formidable opportunité de se challenger, d'explorer de nouvelles méthodes, qui pourront être profitables à la culture et à la transformation des betteraves conventionnelles » et les rendre plus durables.

Depuis 2018, Cristal Union est passé d'environ 150 ha à 1 000 ha de betteraves bio produites en 2021. Et la coopérative ne compte pas s'arrêter là : elle vise désormais près de 2 000 ha les campagnes prochaines pour répondre aux demandes du marché. Plusieurs planteurs situés dans la Marne semblent notamment intéressés par ce nouveau défi.

Quelques chiffres concernant le site de Corbeilles-en-Gâtinais (campagne 2021)
- 720 coopérateurs
- 14 000 ha (dont 1 000 ha bio)
- 110 jours de campagne
- 900 000 t de betteraves + 60 000 t de betteraves bio - 65 500 t de betteraves concernées par le traitement Goltix Duo
- 110 000 t de sucre/an
- 100 % de l'eau des betteraves est réutilisée, comme pour les autres sites de Cristal Union, pour le process de transformation des betteraves et l'irrigation (aucune consommation d'eau de forage).

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