Récolte 2014 Céréales à paille, colza, pois : bilan provisoire très hétérogène

Terre-net Média

Annoncée « correcte et précoce », la récolte 2014 de céréales à paille, colza et pois s’éternise à cause d’une météo capricieuse qui joue les prolongations. En attendant l’accalmie permettant de terminer les derniers chantiers, FranceAgriMer, Arvalis-Institut du végétal, le Cetiom et l’Unip dressent un premier bilan mitigé.

récolte de céréales à pailleSi la quantité des récoltes est là, la qualité des récoltes est compromise sur une partie de l'Hexagone. (©Terre-net Média)

« En juin, la récolte française de céréales à paille s’annonçait correcte et précoce. Aujourd’hui, la quantité se confirme, mais la météo capricieuse de fin juin, juillet et août est venue compromettre la qualité sur une partie du territoire », expliquent conjointement FranceAgriMer, Arvalis-Institut du végétal, le Cetiom et l’Unip.

Blé tendre : des rendements supérieurs à la moyenne quinquennale

La moisson 2014, initialement précoce, a été nettement retardée : d’abord par une fin de cycle fraîche, puis par des périodes humides au moment où les moissonneuses-batteuses s’apprêtaient à entrer dans les champs.

Au 5 août, les récoltes sont quasiment achevées au sud de la Loire et dans le Nord-Est, en cours au nord de la Seine, dans le Nord-Ouest et certaines zones du Sud-Ouest. Les moissons sont encore régulièrement interrompues par les épisodes pluvieux.

Avec des apports d’azote réalisés dans de bonnes conditions et bien valorisés en général, et grâce à des conditions climatiques dans l’ensemble favorables au moment de la montaison et du remplissage des grains, les rendements sont bons, à 75 q/ha en moyenne nationale soit 1 q/ha de mieux qu’en 2013 et 2 q/ha de plus que la moyenne quinquennale (72.9 q/ha). Une hétérogénéité habituelle est observée selon la nature des sols.

Le Sud-Ouest affiche des moyennes de 55 q/ha, la bande allant du Poitou-Charentes à la Franche-Comté se situe autour de 65 q/ha, l’Ouest est proche de 75 q/ha. Enfin, les valeurs attendues au nord de la Seine sont comprises entre 80 et 100 q/ha.

La production nationale 2014 est ainsi estimée à plus de 37 Mt, en hausse par rapport à 2013 (36,8 Mt).

Des qualités affectées dans plusieurs régions

Sur le plan qualitatif, les résultats seront particulièrement contrastés cette année en raison d’un contexte climatique tout à fait exceptionnel. Au moment du remplissage, les cultures ont d’abord connu une période de fortes chaleurs, suivie de températures froides et d’humidité persistante alors que les blés avaient atteint leur maturité physiologique. En conséquence, une diminution des PS ainsi que des phénomènes de germination sur pied et de dégradation des indices de chute de Hagberg sont observés dans les zones les plus concernées par ce scénario atypique.

Toutefois, certaines régions sont quasiment ou totalement épargnées : le Nord-Est ainsi qu’un large territoire du Sud-Est au Sud-Ouest, et couvrant la façade atlantique et Manche, du nord au sud du pays, ainsi que le Nord et le Pas-de-Calais.

Dans les autres régions, la proportion de céréales affectées peut être assez variable. La moisson n’étant pas terminée, l’ampleur du sujet reste à préciser.

Pour les autres indicateurs, la teneur en protéines est attendue autour de 11 % dans nombre de cas, malgré des situations contrastées. Les niveaux les plus élevés (11,5-12,5 %) concernent l’Auvergne, la Bourgogne et la Franche-Comté. En revanche, ceux de l’Ouest, du Nord-Pas-de-Calais et de la Champagne souvent associés à des rendements élevés, pourraient être parmi les plus faibles, parfois inférieurs à 11 %.

Blé dur : bons rendements mais disparités régionales en qualité

Déjà fortement érodées l’an passé (- 22 %), les surfaces ont encore diminué (- 15 %) lors des derniers semis pour s’établir à 290.000 ha. Les rendements, globalement bons (50 q/ha en moyenne nationale), suffisent tout juste pour atteindre la barre des 1,5 Mt, contre 2,4 Mt en 2012.

Au 5 août, les récoltes sont quasiment terminées. Les rendements sont bons à très bons dans trois bassins sur quatre : 50-55 q/ha dans le Sud-Ouest, plus de 60 q/ha sur la façade atlantique, 75-80 q/ha dans le Centre. Dans le Sud-Est, les rendements sont en retrait, en raison de la sécheresse printanière. Ces résultats masquent toujours une certaine hétérogénéité, selon les types de sols.

Les teneurs en protéines se situent dans une fourchette entre 13 et 13,5 % en moyenne sur l’ensemble des bassins, mais là encore avec des écarts parfois importants.

Comme en blé tendre, les cultures ont pu être touchées par les conditions de fin de cycle difficiles. Outre l’effet sur le PS et sur la germination, ces conditions ont pu générer du mitadinage et de la moucheture.

Les qualités, étroitement corrélées à la période de récolte avant ou après les épisodes pluvieux, s’avèrent très hétérogènes entre bassins de production et même au sein des bassins, rendant les données moyennes peu significatives. Ainsi, le Sud-Ouest est peu concerné par les problèmes de germination, les niveaux de PS sont satisfaisants comme les niveaux de moucheture. Le mitadinage affecte toutefois certaines parcelles. Dans l’Ouest-Océan, les PS sont en retrait mais les niveaux de mitadinage et de moucheture semblent contenus. Dans le Sud-Est, la récolte réalisée avant les pluies dans la majorité des cas, est d’un bon niveau qualitatif sur l’ensemble des indicateurs. Les qualités peuvent en revanche être dégradées dans le Centre.

Orges : une récolte de 11,4 Mt toutes orges confondues

En orge d’hiver, les conditions de semis et de levée, suivies de l’absence de gel hivernal, puis de la chaleur et du déficit hydrique au printemps ont conduit à une récolte précoce, en avance d’environ quatre jours sur la moyenne des trois dernières années.

À 8,3 Mt, la production d’orges d’hiver 2014, tous débouchés confondus, serait supérieure de 14 % à la moyenne constatée sur la période 2009 – 2013. Les surfaces sont en hausse de 8 % et le rendement progresse d’environ 6 % (68 q/ha contre 64 q/ha sur les cinq dernières années).

Le rendement national masque toutefois une forte hétérogénéité selon les bassins. Les rendements régionaux varient de 65 à 85 q/ha au Nord de la France et de 45 à 60 q au Sud, mais avec une dispersion plus importante, de 35 à 100 q selon les sols.

Côté qualité, les calibrages sont d’un niveau élevé et les teneurs en protéines plutôt basses.

En orge de printemps, une forte hétérogénéité est de mise tant en rendement qu’en qualité. Les conditions de récolte d’orges de printemps ont été perturbées par les évènements climatiques du mois de juillet. Les moissons sont quasiment achevées.

Le rendement moyen national s’établit autour de 60 q/ha, proche du niveau de 2013. La production devrait atteindre 3,1 Mt, comme l’an passé, grâce à une légère augmentation des surfaces (+ 6 %). La valeur moyenne de rendement masque toutefois une grande variabilité en fonction des bassins de production. Les régions de l’Ouest affichent de très bons niveaux, autour de 70 q/ha, tout comme le Nord et l’Ile-de-France. Dans la Marne où les surfaces sont importantes, ils sont d’un bon niveau, alors qu’ils sont plus décevants dans l’Est.

Les teneurs en protéines, bien qu’hétérogènes, devraient globalement être assez élevées, dans la fourchette 11-11,5 %. Pour les orges ayant subi de l’échaudage, une dégradation des calibrages est à prévoir. On observe par ailleurs des cas de germination dans les départements ayant connu des pluies abondantes courant juillet, essentiellement localisés en Bourgogne et en Champagne.

Colza : retour à un niveau de production élevé

L’avance constatée à la montaison s’est estompée avec les faibles températures de fin de cycle, mais la récolte est quasiment achevée à ce jour. Comme pour les céréales à paille, elle a pu être fortement perturbée dans certaines régions, conduisant même à observer quelques cas atypiques de germination sur pied. Mais dans l’ensemble, la campagne s’est bien déroulée, avec une faible pression parasitaire au printemps et une floraison précoce, longue et peu perturbée.

La plupart des bassins de production affichent des bons rendements, parfois même exceptionnels. La moyenne nationale, située entre 36 et 37 q/ha, dépasse de 20 % celle de l’an passé et de 2 q/ha la moyenne quinquennale. L’augmentation des surfaces, de l’ordre de 4 % à 1,5 Mha, conduit à un volume de production proche de 5,5 Mt en hausse de 1 Mt par rapport à la campagne précédente.

La teneur en huile aux normes est également satisfaisante, avec des niveaux souvent supérieurs à 45 %.

Pois : des volumes en hausse

Les récoltes de pois sont terminées à l’exception du Nord. Si les rendements sont assez décevants dans certaines régions comme en Poitou-Charentes, Lorraine ou Picardie, ils sont en revanche d’un bon niveau dans le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Centre.

La moyenne nationale serait de 39 q/ha, en retrait de 2 points par rapport à la bonne année 2013. L’augmentation de 15 % des surfaces par rapport à l’an dernier, devrait générer un volume de production supérieur de 11 %, à environ 450 000 tonnes.

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