L'actu d'Arvalis-infos.fr Céréales : une séquence climatique peu favorable à la fertilité des épis

Arvalis-Institut du végétal Terre-net Média

La fertilité des épis est pilotée par plusieurs étapes physiologiques de la plante dont la réussite passe principalement par l’offre climatique durant la montaison. Cette année, le climat pluvieux, couvert et les températures fraîches et chaotiques lors de la montaison défavorisent globalement la fertilité des épis.

Blé en début d'épiaison.
La méiose est un stade très sensible aux stress climatiques. (© Terre-net Média)

La phase la plus sensible aux stress climatiques (froid, rayonnement, sècheresse, etc.) est le stade de la méiose (constitution du pollen). Cette étape, très demandeuse en énergie, se déroule autour du stade dernière feuille ligulée (Z39) de la tige considérée et ne dure que quelques heures.

• Les températures inférieures à 4°C sont considérées comme limitantes. Néanmoins l’analyse des essais montre que seules les années très froides avec des séquences répétées de températures froides sont impactantes, ce qui n’a pas été le cas cette année. Toutefois, dans certaines situations exposées, les températures gélives peuvent ponctuellement impacter la fertilité des tiges qui avaient atteint le stade méiose.

• Le deuxième paramètre qui influence la fertilité est le rayonnement. Ce paramètre est plus important que la température autour du stade méiose. Les rayonnements inférieurs à 250 cal/cm² sont considérés comme limitants. Les rayonnements de ces vingt derniers jours sont plutôt faibles et ont pu impacter le bon déroulement de la méiose d’une partie des tiges.

Si le stade méiose est un stade très important, les conditions climatiques entre le stade 2 nœuds et la floraison sont également très importantes. En effet, c’est durant ces stades que le nombre de fleurs fertiles et donc le nombre de grains/m² potentiels se mettent en place. Sur cette période, le rayonnement et les températures jouent un rôle important : la température pilote la croissance des plantes (le potentiel de croissance : plus il fait chaud, plus la plante peut se développer) et le rayonnement donne le potentiel de photosynthèse (la bonne réalisation de la croissance).

L’année 2013 se caractérise par un temps plutôt frais : le potentiel de croissance est faible (le retard en végétation s’observe toujours) et le rayonnement est plutôt faible. Est-ce que le rayonnement est suffisant pour la croissance modeste des céréales ? Le rapport rayonnement/températures permet d’estimer la bonne réalisation de la croissance (le quotient photothermique).

En Bourgogne et en Franche-Comté, par exemple, ce quotient est proche du décile 2, à savoir une année parmi les 2 moins favorables de ces 10 dernières années, à l’exception du nord de l’Yonne où l’année est proche de la médiane.

Pour illustration, voici les résultats sur la station de Dijon :

Rapport rayonnement/températures à la station de Dijon.
Rapport rayonnement/températures à la station de Dijon. (© Arvalis)

Dans ce contexte, la fertilité des épis devrait être modeste cette année dans de nombreuses situations, avec une variabilité assez forte liée aux diversités de dates de semis, aux précocités variétales, aux conditions climatiques locales et aux variétés.

Les conditions climatiques des prochains jours seront déterminantes (fin de la phase sensible = floraison) et il sera possible d’appréhender avec davantage de certitudes les éventuelles répercussions de ce phénomène climatique, uniquement quand les grains seront formés, soit environ trois semaines après la floraison.

Vers un diagnostic de stérilité des épis

Les problèmes à la méiose se traduisent souvent par des symptômes caractéristiques au niveau de l’épi. On observe souvent des dissymétries. On observe également un « bâillement » des fleurs. Ce symptôme correspond à une adaptation de la plante, qui, en l’absence de pollen viable, tente de capter du pollen extérieur en s’ouvrant. Mais, le blé étant une plante autogame, ceci ne suffit jamais pour rattraper la situation.

Dès qu’il y a une suspicion de problèmes de stérilité, du fait de conditions défavorables à la méiose ou la floraison, un diagnostic de stérilité des épis peut être réalisé. Ce diagnostic peut être interprété en termes de pertes de rendement selon la grille suivante (établie en 1987 sur Moulin et Pernel) :


(© Arvalis)

Pour réaliser le diagnostic, suivre la méthodologie ci-dessous :


Dès qu’il y a une suspicion de problèmes de stérilité du fait de conditions défavorables à la méiose ou la floraison, un diagnostic de stérilité peut être réalisé. (© Arvalis)
Rédaction : Matthieu Killmayer (Arvalis-Institut du végétal)

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