Changement climatique L’adaptation des pratiques agricoles pourrait bénéficier aux rendements

Bénédicte Normand Terre-net média

L’adaptation des pratiques culturales pourrait faire du réchauffement climatique un atout. C’est ce que montrent les simulations du modèle Stics effectuées par les chercheurs de l’Inra. Ainsi, les rendements de maïs lorrains pourraient doubler d’ici 2099 si les besoins en eau et azote de la plante sont satisfaits. Mais la tendance serait plutôt inverse sur une culture comme le blé.


La période de remplissage des grains passe de 3 à 4 mois
(© B.N., Terre-net)
Depuis une quinzaine d’années, les chercheurs de l’Inra ont remarqué une évolution de la précocité du développement des végétaux, liée au réchauffement climatique. Les agriculteurs ont déjà commencé à adapter leurs pratiques. Un exemple en est l’avancement progressif des dates de semis de maïs. Pour analyser les interactions entre le climat, les cultures et les pratiques les chercheurs de l’Inra ont développé le modèle Stics.

Les résultats des simulations montrent l’importance de l’impact des pratiques. Le maïs et le blé ont des réponses opposées, liées à leur phénologie. Le maïs voit la durée de son cycle allongée en limite de son aire de cultures. La période de remplissage des grains passe de 3 à 4 mois. Les rendements de maïs en Lorraine pourraient ainsi doubler d’ici 2099.

Une date de récolte avancée de 15 jours

Le scénario de modélisation
Les chercheurs de l’Inra ont travaillé avec le modèle Stics à partir d’une rotation quadriennale (maïs, maïs, maïs, blé) sur 30ans avec les pratiques actuelles de la région du plateau lorrain. Deux périodes de référence ont été modélisée : 1961-1990 et 2070-2099. Pour la 2ème période, le taux de CO2 est doublé par rapport à aujourd’hui, conformément aux prédictions du GIEC, provoquant une hausse moyenne des températures de 4 °C.

Avec une date de récolte avancée de 15 jours, le blé subit un impact négatif sur le rendement. La qualité est également pénalisée en raison des besoins croissants en azote. « Pour le blé, l’étude de l’adaptation des pratiques montre que la période favorable au semis devrait être allongée tandis que celle pour le second apport d’azote serait plus courte et avancée » indique l’Inra.

Quoiqu’il en soit, l’augmentation des besoins en azote du maïs et du blé à cause de la forte teneur en CO2 atmosphérique deviendra un facteur limitant du réchauffement au même titre que l’eau.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Contenu pour vous