L'actu de Terres Inovia Colza : ajuster l'azote selon la biomasse

Terre-net Média

Le climat automnal 2018 a entraîné de fortes disparités de développement entre les parcelles de colza. Cela implique une gestion différenciée de la fertilisation. Terres Inovia recommande donc de peser la biomasse aérienne en sortie d'hiver afin d'évaluer la quantité d'azote déjà absorbée par la plante et de calculer ainsi la juste dose à apporter dès la reprise de végétation. Selon l'institut technique, les cas de sur-fertilisation sont encore nombreux.

Différence de fertilisation colzaSur ce site, la différence de fertilisation est difficilement visible à la floraison. (©Laurent Jung/Twitter)

Cette année, les conditions climatiques automnales 2018 hétérogènes ont amené de fortes différences de développement entre les parcelles de colza. Ces différentes situations vont exiger une gestion différenciée de la fertilisation. Cela se traduira non seulement au niveau des doses d’azote à apporter mais également au niveau des modalités d’apport.

Mesurer (ou estimer) la biomasse des colzas

La pesée de biomasse aérienne (ou autres méthodes d'estimation de la biomasse) permet d'évaluer la quantité d’azote déjà absorbée par la plante et de calculer la dose à apporter dès la reprise de végétation pour atteindre l’objectif de rendement avec la réglette azote colza. Cette mesure est à faire sans tarder en particulier pour les colzas peu développés.
Il est recommandé de combiner cette mesure à la première pesée réalisée en entrée hiver. Il sera ainsi possible de tenir compte des feuilles qui ont potentiellement gelées pendant l’hiver. L’azote de ces feuilles gelées n’est pas complètement perdu puisque l’on considère que 50 % sera récupéré par les plantes durant la croissance printanière. 

Comparaison de fertilisation colzaSur ce site, la différence visuelle est faible à la floraison et à la récolte aucune différence de rendement n'est constatée. (©Terres Inovia) 

En effet, le raisonnement de la fertilisation des « gros colzas » n’est pas toujours appliqué par les agriculteurs. Les doses préconisées semblent souvent trop faibles à leurs yeux et les cas de sur-fertilisation sont encore nombreux. Des essais menés au cours de la campagne 2017-2018 dans le nord et l’est de la France ont mis en évidence que la sur-fertilisation « d’assurance » des gros colzas est une perte économique pour l’agriculteur. En effet, la dose conseillée par la réglette azote colza, définie à partir de la biomasse et de l’objectif de rendement de l’agriculteur, a toujours permis d’atteindre le potentiel de production de la parcelle et l’optimum économique.
De plus, il est important de rappeler que la sur-fertilisation impacte la teneur en huile. Il a été mesuré qu’un surplus de 45 u d’N fait diminuer de 0,5 point la teneur en huile.

Sur gros colzas, attendez le début de la montaison

Si un apport d’azote s’avère nécessaire sur les gros colzas, attendez le début de la montaison pour le faire. En effet, le colza a des besoins en azote importants dès la reprise de végétation mais plus particulièrement à partir du début montaison pour l’élaboration des feuilles mais surtout des tiges, et plus tard, des siliques.

Pour les « petits colzas », la pesée est à faire très rapidement

Un premier apport de 50 unités sur début février est envisageable sur les très petits colzas de façon à faciliter la reprise de végétation, tout en tenant compte de la réglementation sur les dates d’épandages. Mais attention, un apport d’azote trop conséquent serait contreproductif puisque les colzas ne seraient pas en capacité d’absorber et donc de valoriser tout l’azote apporté.


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