Cultures énergétiques Quel impact sur les territoires et la biodiversité ?

Bénédicte Normand Terre-net média

Le développement des surfaces de cultures non alimentaires implique des évolutions dans l’organisation du territoire. Adaptation des systèmes de culture, de collecte et de transformation des produits agricoles : l’Inra mène des travaux sur les conséquences du développement des cultures énergétiques.


L’accroissement des surfaces de céréales et oléagineux
risque de continuer(©
B.N., Terre-net)

Les débouchés non alimentaires impliquant de nouveaux critères de qualité de la production, les systèmes de cultures doivent s’adapter. C’est ainsi qu’à la fin des années 90, l’Inra a mis au point des techniques de cultures spécifiques pour le blé destiné à la production de bioéthanol. Choix de variété, réduction de 40 à 50% des apports azotés, de 30% des semences et suppression des traitements fongicides et régulateurs de croissance : l’itinéraire technique proposé concilie objectifs économiques et environnementaux. Ce travail reste à être étendu à d’autres cultures et débouchés. De plus, avec la diversification des usages non alimentaires, la sélection de variétés spécifiques pour la production énergétique fait parler d’elle. Il sera alors nécessaire d’organiser la cohabitation entre les variétés d’une même espèce destinées à des filières différentes. Distance entre parcelles, décalages de date de semis, maîtrise des repousses seront autant de mesures à définir.

Favoriser la biodiversité

Au-delà de systèmes de cultures, les débouchés énergétiques présentent une opportunité pour diversifier les espèces cultivées et donc favoriser la biodiversité. Concernant les biocarburants, en attendant le développement des cultures ligno-cellulosiques, l’accroissement des surfaces de céréales et oléagineux risque de continuer. L’Inra s’inquiète de la concurrence que pourraient faire les co-produits de céréales et oléagineux comme le tourteau ou les drèches au pois protéagineux, qui occupe un créneau similaire en alimentation animale. Le pois présente pourtant un grand intérêt agronomique et environnemental par sa capacité à fixer l’azote atmosphérique.

« La mise au point des procédés de transformation de la lignocellulose en biocarburant, qui prendra quelques années, nous offre un délai qui devra être mis à profit pour intégrer les impacts écologiques des cultures énergétiques dans la planification des implantations industrielles » indique l’Inra qui reste très attentif à l’impact du développement des cultures énergétiques sur les dynamiques territoriales.


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