Biocontrôle Des insectes ou des champignons qui veillent sur les cultures

Afp

Paris, 20 avr 2014 (AFP) - Pour réduire l'usage de produits chimiques (pesticides, herbicides, fongicides) et doper les productions végétales, de plus en plus d'agriculteurs ont recours à des produits naturels.

Loin du purin d'orties, il s'agit de solutions difficiles à mettre au point ou à produire à grande échelle comme le recours à des insectes, champignons, bactéries ou phéromones. Elles s'utilisent pour soigner une maladie ou repousser un insecte invasif. Tout le monde sait par exemple que les coccinelles sont un allié remarquable pour se débarrasser des pucerons (l'une d'elles peut en manger jusqu'à 100 par jour). Peu savent en revanche que le trichogramme, un insecte invisible à l'oeil nu, neutralise les oeufs de la pyrale du maïs, dont les larves attaquent les cultures. Des entreprises comme Biotop dans la Drôme produisent ainsi des millions de trichogrammes, à lâcher à la main ou par avion pour protéger les champs de maïs de ce ravageur. Les trichogrammes sont aussi efficaces à la maison, contre les mites.

Il ne s'agit pas là de protéger les cultures mais de stimuler leurs défenses naturelles avec des compléments alimentaires, comme pour les hommes. Par exemple la laminarine, une algue, peut stimuler les défenses des pommiers pour les aider à résister à la tavelure, un champignon qui noircit les feuilles ou les fruits. Ces biostimulants sont également utilisés en élevage pour réduire l'usage des antibiotiques, mais ils restent pour l'instant moins usités que pour les végétaux. Ils peuvent s'utiliser en complément des produits de synthèse, afin d'en réduire l'usage.

Des entreprises françaises comme Agro-Levures, Goëmar ou Olmix sont actives dans ce domaine. Le biocontrôle, c'est 70 entreprises en France, en majorité des PME. Et près de 20 start-ups se créent chaque année. Le secteur emploie 1.500 personnes dans le pays, et soutient plus de 4.000 emplois indirects. Portée par une demande mondiale en croissance de 15 à 20 % par an, cette industrie est prometteuse surtout à l'export mais a besoin d'être consolidée avec près de 50 % des entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires inférieur à 2 millions d'euros. 

Sources: ministère de l'Agriculture, Biotop, Goëmar et IBMA

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