L'actu d'Arvalis Désherbage des céréales en sortie d'hiver : faire un diagnostic à la parcelle

Terre-net Média

Du fait du faible nombre de jours disponibles pour intervenir depuis cet automne, de nombreuses parcelles n’ont pas encore été désherbées. Voici les recommandations pour les semis réalisés à l’automne, avec ou sans désherbage, et pour les semis plus récents.

Désherbage des céréalesQuelle stratégie de désherbage mettre en œuvre en sortie d'hiver ? (©Arvalis-Institut du végétal)

Selon Arvalis-Institut du végétal, le retard des semis et le recours fréquent au labour contribuent à limiter le salissement des parcelles. Néanmoins, certaines parcelles comportent déjà des graminées (ray-grass et vulpin) et des dicotylédones bien développées, alors que les créneaux d’intervention restent rares. La stratégie de désherbage à mettre en œuvre va dépendre de chaque situation : date de semis, salissement observé ou attendu, portance des sols…

Cas des semis réalisés fin octobre ayant déjà reçu un désherbage

Ces situations sont aujourd’hui les plus favorables : les céréales sont dans l’ensemble correctement installées (excepté dans les zones de mouillères), le désherbage d’automne est en cours d’action et permet de contrôler les levées hivernales. Un rattrapage sera probablement à envisager de façon classique en sortie d’hiver.

Cas des semis pour lesquels il n’a pas été possible d’intervenir à l’automne

Pour définir la meilleure stratégie de désherbage, il conviendra de réaliser un diagnostic des parcelles concernées : quelle est la flore présente sur la parcelle ? Quel est le stade de développement des adventices ? Ces situations correspondent dans la majorité des cas à des parcelles semées plus tard (novembre à décembre) avec un recours plus fréquent au labour. Ces deux éléments contribuent à contenir la flore adventice. Aussi, dans la plupart des parcelles concernées, l’enherbement demeure à ce jour faible à modéré. Le fait de ne pas pouvoir intervenir dans l’immédiat, faute de portance, n’y est pas encore préoccupant.

Toutefois, certains semis de début novembre, en parcelle à pression ray-grass ou vulpin élevée, n’ont pas pu être désherbés et présentent aujourd’hui des graminées adventices qui commencent à taller… ces situations sont les plus problématiques et les plus urgentes à désherber. Sur des stades de graminées aussi avancés, les produits racinaires n’auront plus l’efficacité suffisante, voire plus du tout d’efficacité. Seuls les produits foliaires seront susceptibles d’agir à condition de ne pas avoir de graminées résistantes. En fonction du spectre de la spécialité employée et des dicotylédones présentes, il pourra être nécessaire d’ajouter un complément antidicotylédone.

Les solutions possibles, à base de mesosulfuron, iodosulfuron, pyroxsulame, pinoxaden, clodinafop, fénoxaprop, sont présentées dans les guides "Choisir et Décider variétés et interventions d’automne ". 
À retrouver pour les cultures de blé tendre , blé dur , triticale et orge d’hiver.

En présence de populations doublement résistantes aux herbicides des groupes A et B, nous nous retrouvons malheureusement en situation d’impasse technique. Les antigraminées foliaires ne fonctionneront pas, la seule intervention possible consiste à biner la céréale dès qu’une fenêtre climatique se présentera au printemps. Cela suppose de disposer d’une bineuse adaptée au binage à faible écartement.

Semis récents : peut-on envisager des solutions racinaires ?

Pour les parcelles les plus fraîchement semées ou pour lesquelles les adventices se trouvent encore à des stades très jeunes, l’utilisation de produits racinaires est encore possible. Attention cependant aux limites réglementaires liées à l’utilisation de ces spécialités, notamment à la période d’emploi : par exemple, Fosburi est interdit au-delà du 31 décembre, alors que Battle Delta (spécialité similaire à Fosburi) sera utilisable jusqu’au stade BBCH13 de la culture.

Ces solutions racinaires se révèleront particulièrement justifiées, d’un point de vue technique, dans le cas de parcelles présentant des populations résistantes aux herbicides foliaires (inhibiteurs de l’ALS ou de l’ACCase).

Désherber avant d’apporter de l’azote !

Dans les parcelles les plus infestées de graminées, rappelons qu’il est prioritaire de réaliser le désherbage avant tout apport d’azote.

Le retard des semis et les conditions difficiles liées à l’excès d’eau militent pour accompagner les céréales avec un apport au cours du tallage. Toutefois, il n’y a pas d’urgence pour réaliser ce dernier. Le faible développement des céréales observé actuellement dans certaines parcelles est lié à la date tardive de semis et/ou à l’asphyxie racinaire provoquée par l’excès d’eau. Il ne s’agit pas d’une faim d’azote. La fertilisation azotée de ces céréales semées en conditions difficiles est à planifier pour la mi-tallage. Et à réaliser sur sol ressuyé.


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