; Reportage Ferme de Sainte-Marthe (49) : semences bio pour particuliers

Semences bio En Maine-et-Loire, la Ferme de Sainte-Marthe portée par l’engouement pour la bio

Antoine Humeau Terre-net Média

À Loire-Authion, tout près d’Angers, la PME qui commercialise des semences bio pour les particuliers a vu ses ventes augmenter de 35 % en un an. Une prospérité portée par un alignement des planètes : le triple engouement pour la bio, le jardinage amateur et l’achat en ligne.

Dominique VeléDominique Velé, directeur de la Ferme de Sainte-Marthe : « Avec la pandémie, beaucoup de gens se sont remis au potager, à chaque crise le jardin est une valeur refuge, on avait aussi connu une forte croissance en 2008 ». (©Antoine Humeau)

Entre Angers et Beaufort-en-Anjou, le long de la D347 qui conduit vers Saumur, c’est une enfilade d’entreprises horticoles, pépinières, parcelles de semences potagères ou fourragères. Dans cette vallée de l’Authion, on cultive l’or vert, qui fait tant la fierté des Angevins. La Ferme de Sainte-Marthe, au cœur d’une zone d’activité de Brain-sur-l’Authion (Loire-Authion) n’a rien d’une ferme. Cette PME d’une petite vingtaine de salariés produit des semences bio pour les particuliers. D’ici la fin de l’année, elle déménagera à deux kilomètres de là dans un vaste bâtiment de près de 4 000 mètres carrés et y rassemblera toutes ses activités : graineterie-épicerie, production de semences, conditionnement, expédition.

Cet agrandissement n’a rien d’anodin. Son activité est en progression continue, l’an dernier les ventes ont fait un bond de 35 % : deux millions de sachets de graines vendus contre 1,5 million en 2020. « Avec la pandémie, beaucoup de gens se sont remis au potager, à chaque crise le jardin est une valeur refuge, on avait aussi connu une forte croissance en 2008 », analyse son directeur Dominique Velé, fils d’une ancienne figure de la filière végétale angevine. Il a de quoi se réjouir, à en croire les résultats d’une étude menée par Kantar pour l’interprofession des semences (Semae, ex-Gnis). « Les citadins partis en province qui redécouvrent le jardinage plaisir, ce n’est pas qu’un effet de mode, c’est une pratique pérenne qui va se transmettre aux jeunes générations », prévoit Vincent Poupard, délégué régional Semae Ouest.

La couille taureau, très appréciée

À cet engouement pour le jardinage s’ajoute celui pour la bio. La Ferme de Sainte-Marthe. augmente non seulement son volume, mais aussi sa gamme pas moins de 1 400 variétés commercialisées, deux fois plus qu’il y a dix ans. Parmi elles, des incontournables comme la tomate Andine cornue ou la tomate Ananas, mais la tomate Couille de taureau semble très appréciée aussi. Et le radis de 18 jours rencontre aussi un franc succès : les ventes ont été multipliées par quinze en quelques années.  « Ce que recherchent les particuliers, c’est l’originalité, qu’il s’agisse de variétés nouvelles ou anciennes », remarque Alisée Dangoise, responsable production. « Ce qui nous intéresse c’est la diversité », appuie Dominique Velé. La Ferme de Sainte-Marthe produit seulement un tiers de ce qu’elle commercialise. « Produire soi-même ce n’est pas forcément toujours rentable mais c’est le moyen d’avoir des variétés que l’on ne peut pas mettre en contrat, et c’est aussi un support de communication, cela nous permet de ne pas être de simples vendeurs de graines ». L’essentiel de la vente se fait par correspondance sur le site de l’entreprise.

La ferme de Sainte-Marthe en Anjou est née en Sologne

La ferme de Sainte-Marthe en Maine-et-Loire tire son origine et son nom de… la ferme de Sainte-Marthe, à Millançay, en Sologne. En 1974, Philippe Desbrosses reprend les rênes de la ferme familiale, convertie cinq ans plus tôt à l’agriculture biologique. Ce pionnier de l’agriculture biologique y développe une activité semences bio qui finit par rencontrer quelques difficultés. Graines Voltz rachète la partie distribution au début des années 2000, avant de la revendre à Bertrand Turc. C’est ainsi que la SARL ferme de Sainte-Marthe déménage de Sologne vers l’Anjou. « Jusqu’au début des années 2000, le bio avait moins le vent en poupe et la vente sur internet était moins facile, Philippe Desbrosses a eu raison trop tôt », explique d’ailleurs l’actuel directeur de la PME angevine.

En Sologne, la ferme de Sainte-Marthe existe toujours. Sur plus de 100 hectares, elle développe de multiples activités bio : conservatoire pédagogique, production vente de graines de variétés anciennes, formations et stages, maraîchage éthique, permaculture, etc.


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