L'actu d'Arvalis-infos.fr En triticale, adapter la conduite à la variété choisie

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Outre sa productivité en grain et en paille (rendements grain généralement équivalents au blé et + 50 % en paille par rapport à un blé), le triticale possède des caractéristiques spécifiques qu’il est nécessaire de rappeler.

TriticalePuisque le triticale diffère du blé sur certains critères, il faut savoir adapter sa conduite. De même en fonction de la variété choisie. (©Terre-net Média) 

Le PS du triticale est inférieur de 4 à 5 points en moyenne à celui du blé, ce qui correspond aux écarts de réfaction pris en compte par les organismes stockeurs entre les deux espèces. Ce critère doit être pris en compte uniquement lorsque le triticale est commercialisé.

Sa teneur en protéines est généralement équivalente au blé lorsque la fertilisation azotée n’est pas limitante. Les besoins en azote sont voisins de 2,6 kgN/ha. Comme sur blé, il est conseillé de fractionner et de limiter dès que possible les apports précoces avant le stade épi 1 cm. Outre les gains de rendement et de teneur en protéines, le fractionnement de l’azote limite les risques de verse sur cette espèce assez sensible.

Germination sur épis

C’est un des gros points faibles du triticale du fait de l’origine de l’espèce (croisement entre des espèces sensibles blé dur, seigle notamment). Comme pour toutes les espèces, il existe des différences entre variétés. Seules Grandval (7) et Rotego (6) présentent une faible sensibilité à ce risque. Pour toutes les autres variétés et en particulier Tribeca (2), Bienvenu (2), Kortego (2), Ragtac (2), la mise en place du triticale dans les zones tardives est donc risquée.

En 2013, Kws Fido a été la seule variété inscrite, compte tenu des nouveaux critères d’inscription plus exigeants mis en place par le Ctps. Elle apporte de la productivité et se situe en tête du regroupement 2013 avec Kaulos. 

L’année a été marquée par des attaques importantes de rouille jaune et de géomyzas, en particulier dans l’ouest.

Un impératif : semer clair !

Depuis plusieurs années, la gamme de précocité s’est profondément élargie et le choix de la date de semis devra s’adapter à ces nouvelles caractéristiques. A l’exception des variétés précoces, il est préférable de semer tôt. La maîtrise des densités de semis est impérative pour atteindre le potentiel et limiter les risques de verse et d’oïdium sur cette espèce sensible. Les densités trop élevées sont préjudiciables au rendement. Elles ne doivent pas dépasser 85 % des préconisations du blé tendre.

Lutter contre la verse…

Le triticale est assez sensible à la verse et il doit être généralement protégé. La lutte contre la verse commence par la maîtrise impérative des densités de semis et par le choix variétal. Constant, Matinal, Tarzan, Triskell et Seconzac sont sensibles. Andiamo, Bellac, Kortego et Vuka sont les variétés les plus tolérantes. Outre les pertes de rendement, la verse accentue les risques de germination sur pied.

...et les maladies

Le triticale est peu concerné par le piétin verse et la lutte contre cette maladie est inutile. Il développe un grand nombre de maladies communes avec le blé, mais très rarement Septoria tritici. La présence de Didymella et de S. nodorum a été régulièrement observée depuis deux ans.

La principale difficulté concerne la lutte contre l’oïdium, en particulier sur les variétés sensibles : Bienvenu, Kws Fido, Seconzac, Triskell. L’oïdium constitue généralement la principale cause de pertes de rendement, notamment lorsqu’il atteint l’épi.

Attention à la rouille jaune !

Depuis plusieurs campagnes, la rouille jaune est fortement présente sur triticale, en particulier dans l’ouest de la France. Il faudra donc être particulièrement attentif sur Andiamo, Collegial, Constant, Grandval, Kaulos, Orval et Tarzan.

Rappelons que les races de rouille jaune sont très évolutives et peuvent être particulièrement nuisibles sur triticale. La maîtrise de la rouille brune doit être suivie avec attention sur les variétés sensibles comme Bellac, Constant et Triskell.

Enfin, la prise en compte de la lutte contre la fusariose se réalise de la même manière que sur le blé. En cas de risque fusariose, la protection fongicide est impérative.

Geomyza : la lutte variétale est difficile

De nombreuses attaques de geomyza ont été observées en 2013 dans l’ouest, à partir du stade début montaison, principalement sur triticale, mais également sur blé et orge de manière beaucoup plus ponctuelle. L’intensité des attaques est très variable, mais elle peut conduire au retournement des parcelles dans les cas les plus graves. Geomyza tripunctata est le ravageur responsable de ces attaques. Il s’agit d’une petite mouche qui attaque également le maïs. Sa présence sur triticale été identifiée en 1995 par Etienne Brunel (Inra Rennes). Ses attaques ont été observées de manière épisodique (1990, 1991, 1995, 2001, 2004, 2007, 2013), sans qu’il soit possible de relier le niveau d’attaque à des facteurs climatiques particuliers. 

Les expérimentations réalisées n’ont pas permis de montrer l’efficacité des traitements de semences ou des insecticides en végétation contre ce ravageur. Dans les essais de comparaisons variétales, on observe de fortes différences de niveau de sensibilité entre variétés. Il est toutefois difficile d’établir un classement variétal précis compte tenu de la variabilité du niveau d’attaque entre lieux et entre années.

Rédaction : Eric Masson (Arvalis-Institut du végétal)

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