Modulation de la fertilisation Jean-Baptiste : pilote de drone et agriculteur

Terre-net Média

Son brevet de pilote en poche, Jean-Baptiste Bruggeman, agriculteur dans l'Aube survole les parcelles du nord de la France avec son drone.

Son brevet de pilote en poche, Jean-Baptiste agriculteur dans l'Aube survole les parcelles du nord de la France avec son drone.Son brevet de pilote en poche, Jean-Baptiste, agriculteur dans l'Aube, survole les parcelles du nord de la France avec son drone. (©Terre-net média)

Entre la vallée de l'Yonne et les grandes plaines de la Marne, Jean-Baptiste Bruggeman s'adonne à sa nouvelle passion : les drones. Depuis 2014, cet agriculteur pilote un drone. Doté de son propre appareil, il survole plus de 4.000 ha.  Dès le printemps, il se rend sur les exploitations du nord de la France afin d’offrir ses services, il transmet ensuite les données à la société Airinov qui prend le relais et fournit les cartographies à l’agriculteur et à son technicien.

Ce passionné de nouvelles technologies s’est toujours équipé des outils d’aide à la décision dernier cri : Jubile, N-tester, Farmstar… La modulation azotée lui a paru tout de suite essentielle. Mais lorsqu’il a découvert les drones dans la presse, il s’en est tout de suite enthousiasmé. « J’ai suivi à la lettre les avancées technologiques et quand le drone a été utilisé pour la première fois en agriculture, j’ai tout de suite voulu l’essayer chez moi », explique l’agriculteur.

4.500 ha survolés cette campagne

En 2013, pour la première fois, le drone de la société Airinov a survolé les parcelles de Jean-Baptiste Bruggeman. « J’ai eu accès aux cartographies de modulation de la fertilisation et j’ai été séduit par la précision des images. Je connaissais mes parcelles et j’ai donc pu vérifier la pertinence des données. Je les ai utilisées pour mon dernier apport azoté », explique l'agriculteur. « Je n’ai pas forcément de matériel récent mais je me suis équipé d’une console, d’une antenne Gps et d’une vanne de régulation d’apport d’azote (7.000€). Depuis que j’utilise les cartographies effectuées par le drone sur ma console, du semis à la récolte tout est automatisé de manière précise, c’est un vrai confort ».

Pour assurer un bon vol, les conditions climatiques doivent être optimalesPour assurer un bon vol, les conditions
climatiques doivent être optimales (©Terre-net média) 

En 2014, ce passionné a mis la main à la poche (30.000 €) et a fait l’acquisition de son propre drone. En quelques mois, le pilote a passé son brevet théorique Ulm, indispensable à l’utilisation de la machine volante. Reçu en mai 2014, l'agriculteur a effectué des vols de démonstration, présenté ses prestations aux Chambres d’agriculture, aux Ceta, aux concessionnaires… Si bien que pour la campagne 2014-2015, il a survolé 4.500 ha sur les parcelles du grand nord de la France dont 1.000 ha de blé entre le 15 avril et le 15 mai c’est-à-dire au stade 2 ou 3 nœuds ou dernière feuille étalée et 3.500 ha de colza. « Pour le colza, l’analyse est un peu différente, j’effectue un vol à l’entrée de l’hiver et un en février, mars. C’est d’autant plus délicat car les conditions météorologiques ne sont pas les plus optimales à ces périodes », ajoute-t-il.

Nombreuses applications futures

Cet entrepreneur voit de nombreuses applications futures aux vols de drones : désherber certaines zones ou encore détecter les maladies du blé. Pour lui, les agriculteurs ont tout intérêt à utiliser des cartographies agronomiques pour augmenter le potentiel des rendements, diminuer les reliquats après la récolte ou appliquer plus facilement les mesures environnementales. « Pour moi, d’ici trois à quatre ans, la majorité des surfaces agricoles en France et la majorité des agriculteurs utiliseront les données d’un drone pour moduler leur troisième apport », estime Jean-Baptiste Bruggeman qui considère ce nouvel outil d'aide à la décision valorisant agronomiquement, économiquement et environnementalement pour l'agriculteur.

Coût de l'investissement30.000€
Amortissement3 ans
Coût prestation 
  • 10 €/ha pour un vol sur blé + 1 € pour obtenir pour chaque culture les fichiers de modulations personnalisés à l'appareil d'épandage de l'agriculteur
  • 15 €/ha pour deux vols sur colza
Temps consacréJean-Baptiste Bruggeman consacre la majorité de son temps (soit un équivalent temps plein) pour faire connaitre ce nouvel outil d'aide à la décision, prospecter, effectuer ses vols, transmettre les données... 
Brevet théorique Ulm 
  • Une partie théorique  avec de l’aéronautique, physique, mécanique, réglementation... A l’issue un Qcm d’une heure.

  • Une partie pratique de deux jours pour manipuler le drone et le logiciel.

Seuls les professionnels auront la capacité de remplir les contraintes réglementaires et d’avoir la réactivité nécessaire à la cartographie de grandes surfaces aussi rapidement, assure Jean-Baptiste Bruggeman.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous