Agriculture de précision Jean-Paul Marchal (54) : « J'ai besoin de me fixer de nouveaux challenges »

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Face à l'hétérogénéité de leurs parcelles, Jean-Paul Marchal et ses associés se sont lancés en 2018 dans l'agriculture de précision. Le diagnostic intra-parcellaire leur a permis « une redécouverte totale de leurs sols » et de se « fixer de nouveaux challenges ».

Jean-Paul MarchalL'agriculture de précision intra-parcellaire a permis à Jean-Paul Marchal une « redécouverte totale de ses sols. [...] À presque 60 ans, j'apprends encore de nouvelles choses sur mon métier ».  (©be Api) Président de la coopérative agricole lorraine, Jean-Paul Marchal est l'un des quatre associés du Gaec de Saint-Sébastien, situé à Dieulouard en Meurthe-et-Moselle. Son Gaec a suivi de nombreuses mutations au fil des années. « L'exploitation est notamment passée d'un système de polyculture-élevage vers un système en grandes cultures lors de la construction du canal. Nous avons aussi subi le remembrement en 1984 et avons agrandi notre parcellaire, au fur et à mesure, par défrichement et reprise de terres », explique Jean-Paul Marchal.

Avec tout cet historique et malgré la réalisation d'analyses de sol et de plan de fumure pour chaque parcelle, l'agriculteur témoigne encore aujourd'hui d'un « territoire très hétérogène avec des types de sols très différents ». Et cette hétérogénéité est également très importante à l'intérieur même des parcelles : « le développement des indicateurs de rendements instantanés sur les moissonneuses-batteuses a d'ailleurs amplifié notre constat, en observant des écarts de rendements très significatifs ».

Le Gaec de Saint-Sébastien en quelques mots
  • 4 associés, dont Jean-Paul Marchal
  • SAU : 425 ha dont 400 ha de grandes cultures (blé, escourgeon, orge de printemps, colza, tournesol, pois, pommes de terre, lin), 5 ha de pommes de terre de consommation, 8 ha de mirabelles, 9 ha de prairies permanentes et 4 ha en jachères fixes.

« On s'est aperçu qu'il y avait des endroits où l'on n'exploitait pas tout le potentiel et d'autres où l'on apportait peut-être trop d'intrants par rapport à un potentiel limité », explique l'agriculteur. Face à cela, Jean-Paul Marchal et ses associés se sont lancés, en lien avec sa coopérative, dans la démarche be Api depuis 2018. L'objectif : « comprendre pourquoi on observe de telles différences en analysant le pH, la teneur en phosphore, en potasse, etc. Et d'arriver dans 5 ou 10 ans grâce à la modulation intra-parcellaire à une parcelle plus homogène », présente Guillaume Canard, animateur be Api pour la région Est.

C'est aussi l'occasion de « se fixer de nouveaux challenges », ajoute Jean-Paul Marchal. « 50 profils culturaux, 3 000 prélèvements de sols, un historique du territoire remontant jusqu'en 1936... » : tout cela a permis une « redécouverte totale de nos sols. [...] À presque 60 ans, j'apprends encore de nouvelles choses sur mon métier », poursuit Jean-Paul Marchal. L'exploitation des parcelles est « bien plus fine afin de mettre la bonne dose au bon endroit. [...] Au final, on apporte la même dose en moyenne, mais elle est répartie différemment selon les zones de chaque parcelle ».


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