Fertilité des sols La disponibilité en P, K et Mg a évolué dans les sols, mais sans impact majeur

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La base de données des analyses de terre de l’Inra d’Orléans a permis de confirmer une baisse des teneurs en phosphore généralisée, des évolutions contrastées pour le potassium selon les régions, et une tendance à l'augmentation pour le magnésium, dans les sols en France. Cependant, les diminutions en éléments majeurs sont suffisamment limitées pour ne pas impacter significativement les préconisations de fertilisation.

Depuis 20 ans, la réduction généralisée de la fertilisation phosphopotassique pourrait avoir des répercussions sur la disponibilité des éléments dans le sol, pouvant aller jusqu'à la diminution de sa fertilité. L'étude de la Base de données des analyses de terre (BDAT) du service InfoSol de l’Inra d’Orléans a permis d’étudier cette hypothèse. 

La tendance nationale montre une évolution des teneurs en potassium à la baisse mais inférieures à 10 % de la valeur initiale, des teneurs en magnésium en augmentation et une diminution des teneurs en phosphore supérieure à 10 % pour 42 % de la SAU, principalement dans le centre-ouest et le nord de la France. Toutefois, les chercheurs ont pu mettre en évidence une grande variabilité inter-régionale des évolutions en teneurs ou en classes de fertilité. « Les diminutions constatées en éléments majeurs sont suffisamment limitées pour ne pas impacter significativement les préconisations de fertilisation, au niveau global. Ces évolutions incitent, cependant, à la vigilance et justifient le suivi des bilans minéraux à la parcelle agricole. L’analyse de terre par zone homogène au niveau parcellaire reste la seule qui peut être utilisée pour un raisonnement d’apport de ces éléments nutritifs dans le cadre de la méthode Comifer. »

La BDAT est issue d'un programme national pour le suivi des horizons de surface des sols agricoles dans le cadre du Gis (Groupement d’intérêt scientifique) sol. Le comité de pilotage est composé de chercheurs de l’Inra d’Orléans, de l’Unifa, de l’Ispa Bordeaux Science Agro, et de l’UMR d’Agrocampus Ouest. La base regroupe sur les 25 dernières années plus de 2 millions de déterminations de phosphore (P) extractible et un nombre équivalent de déterminations de potassium (K) et magnésium (Mg) échangeables. Les chercheurs du comité de pilotage ont comparé, à l'échelle de la petite région agricole, les données de la période 1995-2004 à celles de la période 2005-2014 pour déterminer si les disponibilités en P, K et Mg du sol avaient varié significativement.


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