Filière blé dur « La gestion de l’eau pour s’adapter au changement climatique »

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La 20e Journée de la filière blé dur, à destination des professionnels et organisée par Arvalis-Institut du végétal, a eu lieu le 8 février 2018 à Labège en Haute-Garonne. L’objectif de cette journée : traiter des enjeux actuels autour de la culture du blé dur au niveau national et aussi dans le Sud-Ouest, premier bassin de production de blé dur en France. L’occasion notamment de présenter les avancées de la recherche variétale pour faire face au réchauffement climatique et améliorer la productivité et la qualité.

Blé dur Pour la filière blé dur, « la question de la gestion et de l’accès à l’eau s’avère cruciale pour l’avenir » selon Arvalis-Institut du végétal. (©Terre-net Média)

L’ambition de cette journée était de traiter des enjeux de la filière blé dur. Parmi les interventions de nombreux professionnels, Matthieu Killmayer, ingénieur régional Arvalis-Institut du végétal et animateur de la filière blé dur, a présenté les inquiétudes de la filière face au réchauffement climatique et les recherches actuelles pour limiter ses effets sur cette culture. Selon Matthieu Killmayer, le changement climatique « peut avoir un impact potentiellement important sur le volume de la collecte ».

« Les modèles de projection climatique à notre disposition montrent des stades de végétation qui seraient de plus en plus précoces. Ainsi, le stade épi 1 cm serait atteint 10 jours plus tôt en moyenne et l’épiaison serait plus précoce de 7 jours. Les pertes de potentiel seront probablement observables », d'après Arvalis-Institut du végétal.

L'institut précise que « les stratégies d’échappement (stades plus précoces et moindre exposition aux fortes températures de fin de cycle) ne compensent qu’en partie les besoins supplémentaires en eau en période de fin de cycle ». Les besoins pourraient alors augmenter de 10 à 20 mm/ha. « Pour valoriser le potentiel, les besoins en eaux d’irrigation seront très variables. Ils oscilleraient entre 20 et… 225 mm selon les zones. [...] Cette augmentation des besoins en eau s’applique à l’ensemble des bassins de production s’ils veulent maintenir leur potentiel actuel. Une fois de plus, la question de la gestion et de l’accès à l’eau s’avère cruciale pour l’avenir. »

Pour limiter ces besoins en eau de la culture de blé dur, plusieurs pistes sont envisagées. Lors de cette journée, Matthieu Killmayer a dressé l'état des lieux des études en cours :

  • la recherche variétale permettant de sélectionner des « variétés dotées d’un fort enracinement pour lutter contre le stress hydrique. Aujourd’hui, le blé dur est moins performant que le blé tendre en termes d’enracinement »
  • l'UMT3 Novadur se penche sur la possibilité de produire un blé dur « légèrement inférieur à la norme en protéines (14 %) mais dont la qualité permette une transformation de qualité »
  • le « pilotage d’une parcelle en dynamique pour s’adapter au climat de l’année », afin d’ajuster la conduite de culture au fil du temps en « donnant une indication quotidienne du fonctionnement de l’azote dans la plante ».

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