Bouillie de pulvérisation Le glyphosate préfère les eaux aux pH acides

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L'eau utilisée pour préparer la bouillie sera tirée d'un récupérateur d'eau de pluie, du réseau public, ou prélevée dans une mare... avec, à chaque fois, des propriétés spécifiques qui peuvent altérer l'efficacité des produits phytosanitaires.

Préparation de la bouillie avant pulvérisation.Chaque famille chimique possède un degré d'activité optimal correspondant à une certaine plage de pH. (©Terre-net Média)

L'eau se caractérise par son pH, sa dureté et la valeur de sa conductivité électrique. Chaque famille chimique atteint un degré d'activité optimal quand l'eau de la bouillie se situe dans une certaine plage de pH. La Chambre d'agriculture de Bourgogne évoque ainsi une meilleure stabilité du glyphosate, des régulateurs à base d'éthéphon ou des pyrèthres à des pH inférieurs à 5. Les sulfonylurées, eux, préfèrent un pH égal à 7. D'autres molécules sont moins sensibles.

La dureté de l'eau se mesure en degrés français (°f). Une eau est dite douce à moins de 15°f (60 ppm de Ca2+) et dure à plus de 30°f (120 ppm de Ca2+). « Les ions minéraux, calcium et magnésium, d'une eau dure neutralisent l'efficacité des matières actives. Le glyphosate, les sulfonylurées (mésosulfuron), les dimes, les pyréthrinoïdes sont les plus réactifs. » Une réduction des volumes permet de corriger ou d'atténuer la dureté de l'eau du fait d'une baisse de la proportion d'ions Ca2+ et Mg2+ par rapport à la quantité de matière active. Le recours aux adjuvants correcteurs de dureté, comme le sulfate d’ammonium, peut également remédier au problème. Arvalis-Institut du végétal conseille de l’employer à  hauteur d’1 g par ppm de Ca2+ à corriger par 100 l d’eau.

Adjuvant à l'appui

Un adjuvant peut permettre d’améliorer la qualité de la pulvérisation en modifiant certaines propriétés de la bouillie, autrement dit en homogénéisant (pH, dureté), en favorisant la pénétration des produits phytosanitaires, en augmentant la rétention et l’étalement de la bouillie sur la cible, et la durée de vie des gouttes après pulvérisation (propriétés hygroscopiques).

Enfin, la conductivité électrique, qui traduit le niveau de minéralisation totale de l’eau, aide plus ou moins les produits systémiques à entrer dans la plante. « La conductivité est excellente si 200 à 250 mg/l (400 à 500 micro Siemens par centimètre) de minéraux sont dissous. Au-delà de 750 mg/l (1.500 µS/cm), l'utilisation de l'eau n'est pas recommandée. »

Traiter à l’eau de pluie

La récupération des eaux de pluie pour remplir la cuve d’un pulvérisateur est envisageable à condition de prévoir un système de filtration suffisamment fin pour ne pas introduire de particules qui colmateraient filtres et les buses du pulvérisateur. Très douce, l’eau de pluie n’influe pas sur l’efficacité des produits, mais peut accroître le volume de mousse.

Cet article est extrait de Terre-net Magazine n°24

Couverture Terre-net Magazine n°24 (©Fotolia et Terre-net Média) 

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