Qualité de la pulvérisation Les bases, pas seulement pour les buses !

Terre-net Média

La liste des paramètres ayant une influence sur la réussite d’un traitement phytosanitaire pourrait en effrayer plus d’un tant elle est longue. Et les 10 % seulement de matière active atteignant correctement la cible en conditions extrêmes ne rassurent pas. Considérées une par une, certaines règles paraissent élémentaires, d’autres beaucoup moins. Réussir à tout combiner semble illusoire, mais s’appliquer à en respecter un minimum fait gagner quelques points d’efficacité, surtout en matière de désherbage. A vos anémomètres, hygromètres et autres thermomètres...

Les conditions météo ont une influence conséquente sur la réussite d'un traitement foliaire.Les conditions météo ont une influence conséquente sur
la réussite d'un traitement foliaire. (©Terre-net Média)
Le plus performant des matériels ou la plus efficace des substances actives ne suffiront pas à atteindre le résultat escompté, si les meilleures conditions d’application ne sont pas réunies. La météo du et des jours suivant l’intervention conditionne, en grande partie, la réussite du traitementLes herbicides sont les produits phytosanitaires sur lesquels ce facteur a le plus d’incidence mais cela ne dispense pas, à chaque pulvérisation, de veiller à ce que le contexte soit le plus favorable possible.

L’hygrométrie est un critère essentiel, notamment pour les produits à action systémique. Et même si certains ont des exigences propres, la Chambre d’agriculture de Bourgogne explique « qu’une forte hygrométrie, au-delà de 60 %, assure généralement une hydratation suffisante de la cuticule des plantes, ce qui améliore la pénétration et la diffusion des matières actives et limite le dessèchement de la goutte ». La présence de rosée également, sous forme de buée, est souvent propice aux applications. Par contre, il vaut mieux éviter les rosées ruisselantes qui entraîneront le produit avec elles. De manière générale, il est préférable d’intervenir tôt le matin ou tard le soir.

Plage optimale de traitement selon les conditions météo.Plage optimale de traitement selon les conditions météo. (©Malberg)

EVITER LES HEURES CHAUDES

La température influence la réceptivité de la culture. « Lorsqu’elle monte, la transpiration accélère la circulation de la sève. Mais en cas de fortes chaleurs, prévient la Chambre d’agriculture, les plantes freinent le processus en fermant leurs stomates pour se préserver. La matière active a plus de mal à pénétrer et à circuler dans les vaisseaux conducteurs, ce qui peut provoquer une accumulation dans la plante, donc une phytotoxicité ou des brûlures. »

Appliquer les herbicides par temps poussant 

Les herbicides, en particulier les systémiques, sont d’autant plus efficaces qu’ils sont appliqués en conditions stimulantes pour la croissance des mauvaises herbes. L’expression "végétation poussante" ou "temps poussant" correspond au maintien d’une météo favorable pendant huit à dix jours : températures douces (entre 4 et 12°C) et humidité relative de l’air supérieure à 60 % tant avant qu’après l’intervention. Des conditions qui conviennent également mieux aux régulateurs. 

Source : guide Arvalis-Institut du végétal, Solutions concrètes pour réduire l’impact des produits phytosanitaires.

Enfin, au niveau de la pulvérisation en elle-même, plus la température est élevée, plus la vitesse de dessiccation des gouttes est importante, et donc moins il y aura de produit à atteindre la plante. C’est pourquoi il faut éviter les interventions aux heures chaudes de la journée.

Les amplitudes thermiques peuvent nuire à l’efficacité mais aussi à la sélectivité des molécules. « Les herbicides racinaires, comme l'isoproturon, sont aussi absorbés par les racines  qui se détoxifient les jours suivants. Lorsque le différentiel de température entre le jour et la nuit dépasse 15°C, cette détoxification n’a pas lieu, causant une phytotoxicité qui s’accompagne d’une décoloration et d’un tassement de la végétation. Ce même phénomène de tassement apparaît en cas de gel dans les cinq jours qui suivent une application de sulfonylurées antigraminées. »

De nombreuses substances actives disposent de plages de températures idéales à leur action. « Par exemple, les herbicides à base d'hormones s’emploient entre 12 et 25°C et ceux contenant du diflufénicanil entre 5 et 12°C. »

Le paramètre aux effets les plus visibles est sans nul doute la vitesse du vent. Les préconisations : ne pas traiter par vent fort pour favoriser le contact entre les gouttes et la cible et limiter la dérive. Malgré une réglementation qui interdit de traiter par vent soufflant au-delà de 19 km/h, il est recommandé de ne pas pulvériser lorsque la vitesse du vent dépasse 17 km/h. A 7 km/h, les gouttes de taille inférieure à 130 μ n’arriveront pas sur la cible et à 17 km/h, celles de moins de 200 μ.

Vitesse du vent et pulvérisation.De 0 à 2 degrés Beaufort : les conditions de traitement sont optimales. 3 : lorsque les feuilles sont constamment en mouvement, il est fortement déconseillé de traiter ou alors à moins d’employer des buses à dérive limitée. 4 : interdiction formelle d’intervenir pour tout type de produits. (©Bayer-Agri.fr)

Dossier pulvérisation 2014

Cet article est extrait de Terre-net Magazine n°24

Couverture Terre-net Magazine n°24 (©Fotolia et Terre-net Média)

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