Ravageurs Les pucerons détournent les défenses des plantes à leur profit

HB Terre-net Média

Une étude menée par l’Inra et le Cnrs révèle comment les pucerons détournent les défenses immunitaires de la plante hôte. Une protéine clé dans ce mécanisme a été identifiée.

Puceron du pois, Acyrthosiphon pisum, en microscopie electronique à balayage. Colorisation des yeux et des pièces buccales.Puceron du pois, Acyrthosiphon pisum, en microscopie électronique à balayage. Colorisation des yeux et des pièces buccales. (©Borenztajn Stephan, Rahbe Yvan, Inra)

Insectes phytophages, les pucerons causent des dommages importants à de nombreuses cultures. A l’heure actuelle, les mécanismes moléculaires permettant au puceron de prélever la sève sans être rejeté par le système immunitaire de la plante sont encore méconnus.

Dans une étude publiée dans la revue Current Biology, le 25 juin 2015, des chercheurs de l’Inra et du Cnrs révèlent que « le puceron détourne l’un de ses propres mécanismes de défense pour attaquer et réprimer les réponses immunitaires de la plante hôte ». Ils se sont intéressés à deux espèces de pucerons : le puceron du pois (Acyrthosiphon pisum) et le puceron du pêcher (Myzus percicae). Ils ont relevé la présence de cinq protéines Mif chez le puceron du pois et trois chez le puceron du pêcher. Ces molécules, facteurs inhibiteurs de la migration des cellules macrophages, n’ont jamais été trouvées chez le puceron auparavant mais sont connues chez les vertébrés pour jouer un rôle important dans la modulation des réponses immunitaires. C’est notamment le cas de certains parasites d’animaux vertébrés, tels que les nématodes, les tiques et les protozoaires, qui utilisent des protéines Mif pour moduler la réponse immunitaire de leurs hôtes respectifs.

L’une de ces protéines, la Mif1, est présente dans les glandes salivaires des deux espèces de puceron. Sécrétée avec la salive, elle aurait un rôle dans le processus d’alimentation du puceron. Libérée dans les tissus de la plante, la protéine a un rôle inhibiteur des réponses immunitaires, notamment en empêchant le renforcement de la paroi végétale par apposition d’un polymère polysaccharidique (la callose). Lorsque l’expression de la protéine Mif1 est réprimée, les pucerons ne peuvent plus s’alimenter et meurent. Les pucerons ont donc besoin de Mif1 pour exploiter une plante. 


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net
Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous