[L'actu de Terres Inovia] Tournesol Limaces et oiseaux : observer et évaluer avant d'agir

Terre-net Média

Si les pluies actuelles sont bénéfiques aux tournesols, les températures plutôt fraiches ne sont pas favorables à un développement rapide des plantes. Terres Inovia fait le point sur les stratégies à adopter face aux limaces et aux oiseaux.

Dans les régions Auvergne Rhône-Alpes et Paca par exemple, la majorité des tournesols sont actuellement entre les stades cotylédons et 1ère paire de feuille. Excepté quelques situations semées début avril, les levées sont dans l’ensemble correctes et les peuplements  plutôt réguliers. Les tournesols les plus précoces peuvent atteindre la troisième paire de feuilles étalée.

Dans la Somme, les tournesols n'avancent pas vite non plus. Mais pour l'instant, pas de dégâts d'oiseaux observés : 

Limaces à l’attaque : rester vigilant jusqu’à 2 paires de feuilles

Face aux limaces, la phase de sensibilité des cultures s'étend de la levée au stade 2 paires de feuilles. Compte-tenu des précipitations fréquentes actuellement, il est recommandé de surveiller les parcelles durant toute cette phase. Des dégâts ont déjà été observés sur les levées en cours.

- Pour les semis à venir et selon le niveau de risque estimé de la parcelle, appliquer une demi-dose d’anti-limace localisée sur la ligne de semis.
- Pour les parcelles en cours de levée et en fonction de la présence de limaces, une application en plein de granulés anti-limaces à la surface du sol peut être envisagée.
- Pour les parcelles jouxtant un cours d'eau, utilisez un appareil qui contrôle l'épandage en bordure (type Spando TDS), ou utilisez un anti-limace à base de phosphate ferrique (autorisé en culture bio).

Des ressemis déjà réalisés … évaluer les dégâts d’oiseaux et le coût avant de décider

Des cas d’attaques d’oiseaux et de gibiers à plumes ont été signalés sur l’ensemble du territoire. Certaines attaques présentes une forte intensité et ont déjà entrainé des re-semis.

La surveillance des parcelles et la mise en place d’effaroucheurs paraît être une solution efficace si l’on respecte quelques recommandations (plus d’infos sur terresinovia.fr/tournesol). Ressemer sa parcelle, a fortiori sur l’ensemble de sa surface, est une décision qui doit être murement réfléchie, compte tenu de son coût et de la réelle nuisibilité des dégâts d’oiseaux sur cotylédons.

  • Lorsque l’attaque touche uniquement les cotylédons, rien n’est perdu ! La majorité de ces plantules vont donner un capitule, même si l’ablation de ces organes de réserve provoque une réduction de vigueur.
  • Tenir compte du peuplement : un tournesol peut être maintenu avec un peuplement jusqu’à 3 pieds/m² en sol profond et 4 pieds/m² en sol superficiel s’ils sont répartis de façon homogène sur la parcelle. L’évaluation des pertes de pieds (apex coupé ou plantule arrachée) permet de savoir si le peuplement est inférieur (ou pas) à l’optimum visé : 50 000 plantes/ha en sol superficiel et 60 000 plantes/ha en sol profond. Si l’on est en dessous de l’objectif de peuplement, un re-semis partiel sur la zone de dégâts peut alors être pertinent.
  •  Tenir compte du bénéfice attendu (gain espéré et coût du re-semis) : pour être économiquement rentable, le coût du re-semis doit être inférieur au gain issu du rendement espéré par cette opération. Sachant que le coût estimé d’un re-semis s’élève à environ 127 €/ha, le re-semis n’est pertinent que si l’on estime que l’on va gagner plus de ~3,5 à 4 q/ha avec cette intervention
Pour les modalités de calcul, revoir > Dégâts d’oiseaux sur tournesols : pas de précipitation pour re-semer !
(Attention, ce calcul ne tient pas compte de la perte de rendement causée par une implantation tardive.)
En pratique : évaluer la densité moyenne de pieds avec apex sain (avec cotylédons entiers ou coupés) sur la zone attaquée.

 - Compter le nombre de pieds avec apex (N) sur 5 x 2 mètres linéaires sur des rangs de semis différents. La densité moyenne D = N/ (10 X Ec) Ec étant l’écartement entre rangs en mètre.

- Exemple : je compte 20 pieds avec apex sur 5 x 2 =10 ml sur une zone avec dégâts semée à 50 cm d’écartement. D = 20 / (10 x 0.5) = 4 pieds avec apex/m². Je n’ai alors pas à re-semer quelle que soit la profondeur de sol.

Contribuez aussi à l’action menée par Terres Inovia en signalant les dégâts observés dans vos parcelles. Au-delà du suivi pluriannuel réalisé par Terres Inovia, les informations issues des signalements permettent de porter à connaissance des pouvoirs publics les problématiques locales de façon factuelle. C’est un premier pas qui permet par la suite d’instruire des dossiers de classement, pour les oiseaux concernés, dans la catégorie « susceptible d’occasionner des dégâts » sur votre département, ouvrant ainsi la possibilité de tirs.

>> Signaler ses dégâts d’oiseaux et visualiser les zones à risque : Les bilans des années antérieures sont disponibles en téléchargement sur la page du formulaire.

Pucerons verts, pucerons noirs à surveiller

Des pucerons verts et noirs ont été signalés sur plusieurs parcelles. Dans la plupart d'entres-elles seulement quelques individus par plante sont présents, sans crispation sévère et principalement en bordure.

- Surveiller la présence de pucerons et surtout de crispations sur le feuillage de la levée à la formation du bouton floral. Observer particulièrement le dessous des feuilles, zone privilégiée des pucerons.

- Observer la présence d’insectes auxiliaires et profitons au mieux de leur action régulatrice. Les coccinelles (adultes et larves) et les syrphes (larves) ont une efficacité potentielle importante pour réduire les populations de pucerons.


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