Pomme de terre Limiter le développement des maladies provoquées par Erwinia

Bénédicte Normand Terre-net média

Les bactéries de type Erwinia sont responsables de nombreuses maladies de la pomme de terre développées au champ ou lors du stockage. A l’heure actuelle, aucune méthode de lutte chimique n’est efficace contre ces bactéries. Les seuls moyens de lutte sont l’adoption de mesures prophylactiques visant à ralentir le développement de l’inoculum présent au sein des lots. Les conseils de Brice Dupuis, du CRA-W (Centre wallon de recherches agronomiques).

Les Erwinia sont des bactéries pectinolytiques. Elles provoquent des maladies qui se développent au champ comme la maladie de la jambe noire et des flétrissements bactériens. Elles sont également responsables de pourritures survenant au stockage. Certaines années, le développement massif des pourritures peut provoquer de graves pertes.

Brice Dupuis rappelle quelques règles limiter le développement de l’inoculum : « Tout d’abord, il convient de se procurer des plants sains. Avec un inoculum de départ restreint, on limite les risques de développement de cet inoculum. » Pour implanter la culture, il préconise des sols bien drainés : « Il vaut mieux éviter de planter dans des fonds humides ou des terres régulièrement inondées. Ceci permettre de limiter les contaminations par un inoculum superficiel véhiculé de plante en plante par les eaux pluviales. »

Attention aux coups !

Il est envisageable de pratiquer une épuration des plantes malades. Dans ce cas, il est recommandé d’emmener les plantes loin du champ dans un sac plastique hermétique. L’opération sera  plus efficace si elle est réalisée par temps sec car les risques de dissémination du jus bactérien libéré par l’arrachage de la plante malade sont limités. « Cette épuration doit aussi prendre en compte les symptômes de flétrissement qui présentent les mêmes risques potentiels que les symptômes de jambe noire. » précise Brice Dupuis.

En respectant un délai de 3 à 4 semaines entre le défanage et la récolte, on laisse le temps à l’épiderme de se durcir et aux lenticelles le temps de se fermer. Une récolte par temps sec et à des températures douces - idéalement supérieures à 20°C - permet de limiter les coups. « Cela permet de limiter les contaminations des tubercules par un inoculum superficiel, surtout quand la fin de l’été est humide » explique Brice Dupuis. Dans ce même but, il faut limiter au maximum les coups infligés aux tubercules lors des différentes manipulations entre la récolte et le stockage. Enfin, une désinfection des locaux et du matériel entre les lots limite la propagation des bactéries.


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