Maladies des protéagineux Lutter contre l'anthracnose à la floraison

Arvalis-Institut du végétal Terre-net Média

Les maladies des protéagineux à floraison se développent à la faveur d'un temps humide, pluvieux. L'anthracnose reste la maladie la plus préjudiciable sur pois comme sur féveroles, même si d'autres pathogènes tels que le botrytis, le sclérotinia ou la rouille peuvent aussi causer des dégâts importants sur ces cultures.

Anthracnose sur pois.
Sur pois, l’anthracnose est la maladie la plus nuisible. (© Arvalis)

Sur les cultures de protéagineux, la période critique à surveiller commence au stade début floraison et s’achève environ 10 jours après la fin floraison, ce qui correspond approximativement au stade fin du stade limite d’avortement (Flsa) où tous les grains sont formés.

Sur pois, l’anthracnose progresse avec la pluie

Sur pois, l’anthracnose constitue le risque essentiel. Il se manifeste par un noircissement de la base des tiges et la montée des ponctuations sur le feuillage et les gousses. La maladie ne se développe qu’en conditions pluvieuses, qui font progresser l’inoculum sur les étages supérieurs des plantes. En cas de forte attaque, la perte de rendement en absence de traitement peut atteindre plus de 20 quintaux par hectare.

Le produit de base des traitements reste le chlorothalonil. Cette matière active présente un bon rapport qualité/prix. La dose ne doit pas être inférieure à 1.000 g/ha de chlorothalonil lorsque le produit est utilisé seul. Certains produits associent le chlorothalonil à d’autres matières actives (cyproconazole, pyriméthanil).

En présence des premiers symptômes, il faut intervenir une première fois au stade début floraison. Sur pois d’hiver, un traitement fongicide avant début floraison et avant la fermeture du couvert est souvent rentabilisé. Le renouvellement du traitement quinze à vingt jours plus tard est fonction des conditions climatiques, notamment de la pluviométrie pendant la floraison. En pois d’hiver, deux à trois traitements sont, en général, bien valorisés. En pois de printemps, un ou deux traitements suffisent le plus souvent.

Le botrytis et le sclérotinia sont les deux autres maladies qui peuvent causer des dégâts significatifs aux cultures de pois. Le botrytis est à surveiller particulièrement à la chute des pétales, si la floraison se déroule dans des conditions favorables à la maladie (humidité et température). L’intervention est réalisée avec un produit associant chlorothalonil et pyriméthanil (Walabi ou Maori à 1.5 l/ha). Le sclérotinia est plus rare mais semble en recrudescence, notamment dans les rotations avec oléagineux. Il n’y a pas de lutte possible en végétation sur pois.

Sur féverole, surveiller l’anthracnose et la rouille sur culture de printemps

En féverole d’hiver, l’anthracnose est la maladie la plus nuisible. La perte de rendement peut atteindre plus de 10 quintaux par hectare, en cas de fortes attaques. Celles-ci se caractérisent par de larges nécroses arrondies en forme de brûlure de cigarette, qui finissent par trouer les feuilles. L'anthracnose se retrouve sur tiges, feuilles et gousses. Le botrytis, caractérisé par de nombreuses ponctuations de couleur brun chocolat, est parfois confondu avec l’anthracnose. Il n’est présent que sur feuilles et sa nuisibilité est plus faible, même si les premiers symptômes peuvent parfois être précoces.

Sur féverole : ne pas confondre anthracnose (à gauche) et botrytis (à droite). Crédit : Arvalis

Une intervention se justifie à l’apparition des premières taches d’anthracnose, à début floraison ou au plus tard au stade dernière feuille + 15 jours. Banko 500 à 2 l/ha présente une efficacité moyenne. En cas de présence simultanée d’anthracnose et de botrytis, il faut utiliser un produit contenant l’azoxystrobine (Amistar à 0,5 l/ha ou Priori Xtra à 0,6 l/ha).

La rouille peut également se développer sur féverole, notamment en culture de printemps dont le cycle est plus favorable au développement de la maladie. Plusieurs produits, à base de triazole, sont autorisés et efficaces. 

Sur lupin : principalement l’anthracnose

L’anthracnose est également la maladie la plus nuisible, sur lupin d’hiver ou lupin de printemps. Elle démarre par petits foyers et se manifeste par des nécroses sur la tige entraînant une courbure caractéristique du haut de la plante. Le traitement de semence Wakil XL est fortement conseillé car il diminue le risque en végétation. Les premiers symptômes en végétation doivent déclencher une intervention avec Amistar (0,8 l/ha). En l’absence de traitement, ou en cas d’intervention trop tardive, la nuisibilité est forte (plus de 10 quintaux par hectare). Une attaque de rouille, plus rare, peut être maîtrisée avec une triazole (tébuconazole ou metconazole).

Rédaction : Michel Moquet (Arvalis-Institut du végétal)

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