L'actu d'Arvalis Ne pas baisser la garde contre les pucerons

Arvalis-Institut du végétal Terre-net Média

Si la douceur de l’automne se prolonge, la présence de pucerons peut perdurer et donc nécessiter une application insecticide en végétation, même pour les parcelles protégées par le traitement insecticide des semences Gaucho 350 (ou Ferial).

Parcelle de bléLes conditions météo peuvent favoriser la persistance des pucerons en culture. (©Terre-net Média)

Tant que les conditions climatiques restent favorables (automne doux), les pucerons peuvent coloniser les jeunes céréales d’hiver, et ce jusque mi-novembre voire plus dans certaines régions. Face à des conditions poussantes, la protection des semences contre ces vecteurs de viroses peut alors être dépassée : un traitement relais en végétation peut ainsi s’avérer nécessaire en cas d’infestations tardives. Quant à la lutte insecticide en végétation, elle peut également impliquer plusieurs passages en cas de présence prolongée des pucerons.

Un puceron vert à cornicules rougeâtres

A l’automne, les pucerons de l’espèce Rhopalosiphum padi sont les plus fréquents. De 1 à 2,4 mm, ils ont un corps de forme globuleuse, de couleur verte avec des taches rougeâtres autour de l’insertion des cornicules. Les antennes sont sombres et plus courtes que le corps.

Puceron sur céréalePuceron le plus fréquent à l'automne sur céréales. (©Arvalis) 

Observer par beau temps

Leur présence sur les jeunes céréales est à surveiller de près ; l’observation doit être faite minutieusement par beau temps en plein après-midi :

  • dès la levée en l’absence de protection insecticide des semences ;

  • à partir du tallage (5 feuilles développées) pour les cultures ayant bénéficié d’une protection insecticide avec Gaucho 350 ;

  • et jusqu’à ce que les températures journalières redescendent en-dessous de 5 °C, température où les pucerons ne sont plus actifs.

Les températures activent les vols et la reproduction

Les contaminations des parcelles se déroulent en deux phases. D’abord, les ailés virulifères réalisent des vols de dissémination quand les températures dépassent 10-12°C : cette activité démarre généralement dès mi-septembre, mais peut durer jusqu’à mi-novembre. 

Puis, leur descendance, non ailée (pucerons aptères), se dissémine dans la parcelle grâce à leur forte fécondité : leur rapidité de ponte augmente avec la température (jusqu’à 25 °C). Des températures favorables peuvent ainsi engendrer rapidement des populations importantes dans les parcelles.

Intervenir dès 10 % des plantes habitées ou après 10 jours de présence avérée

L’importance des dégâts est liée au nombre de plantes infestées par les pucerons. Pour protéger les plantes, il s’agit donc de prévenir la dissémination au sein de la parcelle en intervenant quand 10 % de plantes sont habitées par un puceron ou quand la présence des pucerons se prolonge sur environ plus de 10 jours (même si le taux de plantes habitées est faible). 

Face à ces ravageurs, qui sont souvent difficiles à observer, la notion de seuil reste délicate. Ils ne sont pas responsables de dégâts directs mais nuisibles par les virus qu’ils peuvent transmettre. Cette nuisibilité peut varier en fonction des caractéristiques propres du virus lui-même, et de la sensibilité de la culture (espèce, stade des plantes au moment de l’infection…).

Rester vigilant après une première intervention

Différents insecticides sont autorisés en végétation. Ce sont essentiellement des pyréthrinoïdes qui agissent par contact. Leur persistance est de deux à trois semaines et ils ne protègent pas les nouvelles feuilles formées après le traitement. De fait, un deuxième passage peut s’avérer nécessaire si les conditions favorables aux pucerons se prolongent. 

De même, un traitement en végétation peut être nécessaire sur des plantes ayant bénéficié d’une protection des semences avec un insecticide systémique (Gaucho 350). C’est notamment le cas pour des semis précoces si les conditions climatiques restent favorables à des infestations tardives. Quand les plantes ont dépassé le stade début tallage (plus de 5 feuilles développées), la persistance d’action de l’imidaclopride vis-à-vis des pucerons est alors atteinte et un relais insecticide en végétation peut être à réaliser en présence d’infestations tardives.

Traitements insecticides en végétationTableau 1 : Traitements insecticides en végétation. (©Arvalis)Rédaction : Nathalie Robin (Arvalis - Institut du végétal)

© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous