Pulvé et qualité de l'eau Ne pas baisser sa garde en fin de traitement

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Maîtriser les procédures d’élimination des eaux résiduelles participe à éviter une grande part des contaminations par les produits phytosanitaires. Leur origine ? Des fuites au cours des différentes phases de travail autour du pulvérisateur, notamment, au moment de gérer son fond de cuve et de nettoyer le tonneau.

Pulvérisateur après traitementLe lavage au champ du pulvérisateur impose le respect de certaines règles, notamment de distance aux cours d'eau. (©Terre-net Média)

Une fois le traitement effectué, pour profiter de la simplicité d’un rinçage au champ, le pulvérisateur doit être équipé d'une cuve dédiée d’un volume au moins égal à 10 % de celui de la cuve principale. Sinon, il est possible de fixer un réservoir complémentaire d’eau claire sur le châssis. Des buses de rinçage installées à l’intérieur de la première cuve, appelées rotobuses, garantissent son nettoyage optimal. Les pulvérisateurs peuvent, à l’idéal, disposer d’un système de séquençage permettant de programmer les dilutions et rinçages à partir de la console.

Lors de l’achat d’un matériel, privilégiez donc une grande cuve de rinçage et un fond de cuve réduit, voire un modèle répondant à la norme environnement EN 12761. Pour gérer des volumes résiduels importants, il existe des kits d’aspiration et d’épandage qui permettent de vidanger la quasi-totalité du fond de cuve.

Pour le nettoyage extérieur du pulvérisateur, si la parcelle est éloignée du siège de l’exploitation, un kit de lavage est nécessaire, c’est-à-dire une lance haute pression alimentée par le tracteur ou un réservoir d’eau claire (50 à 100 l) relié à la pompe du pulvérisateur ou à une pompe annexe. Si le lavage est réalisé aussitôt le chantier de traitement terminé, un simple jet d’une pression de 5 à 10 bars suffira. Plus le délai d’intervention est court, moins le volume d’eau nécessaire est élevé, car les souillures présentes sur le matériel sont plus faciles à décrocher.

Distances à respecter

Au niveau réglementaire, le lavage au champ ne peut être pratiqué qu’une fois par an sur une même surface et en respectant certaines distances : 50 m des points d’eau, caniveaux, puits et bouches d’égout et 100 m des lieux de baignade et des plages, des points de prélèvement d’eau destinée à la consommation humaine ou animale, des piscicultures et zones conchylicoles.

De plus, la parcelle doit être capable d’absorber les effluents en évitant les risques d’entraînement par ruissellement ou en profondeur, donc elle ne doit pas être saturée en eau. Il est interdit de vidanger la cuve sur des sols gelés ou abondamment enneigés, en forte pente, très perméables ou qui présentent des fentes de retrait. L’absence de pluie est primordiale.

Une fois ces conditions réunies, la réglementation a défini une procédure précise de gestion du fond de cuve et des eaux de lavage du pulvérisateur, effluents phytosanitaires considérés comme déchets dangereux.

  1. Le rinçage de la cuve et l’épandage de l’effluent issu de l’opération sont autorisés au champ, sur la parcelle ou sur la zone venant d’être traitée, sous réserve de respecter la dose maximale autorisée pour la culture concernée, et à condition d’atteindre au moins une dilution au 6e de la concentration de la bouillie, dès le premier rinçage, en ajoutant au moins cinq fois son volume en eau claire. Le rinçage ne doit intervenir qu’après désamorçage complet de la pompe. Le volume dilué doit circuler dans tout l’appareil, système d’agitation en marche et circuit de retour en cuve ouvert, puis être pulvérisé jusqu’à ce que la pompe se désamorce à nouveau. Réaliser cette opération deux à trois fois consécutivement avec un volume d’eau total au moins égal à 10 % de la capacité de la cuve principale de manière à diluer au moins par 100 le dernier reliquat de bouillie.
  2. La dernière étape consiste alors à vidanger ce dernier volume résiduel sur la parcelle, à condition que la concentration initiale ait été divisée au moins par 100, et à nettoyer les filtres.
  3. La réutilisation du fond de cuve est possible lors du traitement suivant, sous la responsabilité de l'utilisateur, à condition toujours que la concentration de la bouillie initiale ait été divisée par au moins 100.
  4. Enfin, le rinçage de l’extérieur du pulvérisateur, à l’eau claire, est autorisé sur les parcelles de l’exploitation, y compris sur les zones ne venant pas de recevoir un traitement, par exemple une surface en herbe, à condition d’avoir préalablement rincé l’intérieur de la cuve (dilution au 6ème).

Pour obtenir une réduction suffisante de la concentration de la bouillie, il est indispensable de disposer d’un volume d’eau claire important (au moins 10 % du volume de la cuve principale) et de fractionner le rinçage en deux, voire trois séquences.

Dilution d'un fond de cuve.Exemple de dilution d'un fond de cuve. (©Chambre d'agriculture du Centre)

A la ferme : stockage et système d’élimination

La gestion au champ du rinçage et du lavage du pulvérisateur est la solution la plus simple, la moins coûteuse et la plus efficace pour limiter les risques de pollutions ponctuelles car elle ne génère pas de déchets. Cependant, elle nécessite un équipement adapté et impose d’acquérir les bons automatismes.

L’arrêté du 12/09/2006 autorise une gestion à la ferme, sous réserve de collecter toutes les eaux souillées issues du rinçage ou du lavage et de les traiter avec un procédé reconnu par l’administration du type Phytobac ou Heliosec (liste publiée par le ministère de l’Environnement). Autre possibilité : faire appel à une entreprise habilitée. Quelle que soit l’option retenue, un stockage préalable des effluents sera à prévoir. Et reste obligatoire, au champ, l’étape préliminaire de rinçage de l’intérieur de la cuve et des rampes après le traitement.

Dossier pulvérisation 2014


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