Crédits carbone Onze coopératives valorisent les surfaces en légumineuses de leurs adhérents

Terre-net Média

Les bénéfices pour l’environnement induits par la présence de légumineuses dans l’assolement obtiennent enfin une contrepartie financière grâce à une équivalence en crédits carbone. Avec InVivo en porteur de projet, onze coopératives pourront ainsi valoriser la démarche de leurs adhérents dans le sens d’une moindre pression de l’activité agricole sur l’environnement.

L'économie de fertilisation permise par les légumineuses est valorisée en crédits carbone.
La coopérative perçoit des Unités de réductions
des émissions pour les hectares de légumineuses
implantés par ses adhérents.(© Terre-net Média)

La Cavac, Maïsadour, Terrena, Axereal, Terres du Sud, Cap Seine, Sèvre et Belle, Dijon Céréales, Nouricia, Emc2 et Champagne Céréales pourront bénéficier de « crédits carbone » pour la prochaine campagne grâce aux surfaces de légumineuses de leurs adhérents. InVivo, porteur de projet au niveau national, assure les calculs pour ces onze coopératives et se chargera de revendre les crédits sur le marché européen d’échange de crédits carbone, appelé EU Ets (European union emissions trading scheme).

Emissions évitées par les légumineuses

Le droit aux crédits carbone s’établit en fonction de la hausse proportionnelle des surfaces en légumineuses par rapport à la moyenne départementale 2008-2010. Les cultures concernées sont les parcelles pures de pois, féveroles, lupins, haricots, lentilles, luzerne, pois chiches, soja, vesces, trèfle, sainfoin, etc. Le calcul se base sur les émissions au champ de protoxyde d’azote (N2O) évaluées par la méthode d’inventaire national utilisée par le Citepa (Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique).

Chaque hectare de légumineuses supplémentaire, par rapport au scénario de référence, équivaut à des émissions évitées qui permettent de bénéficier d’Unités de réductions des émissions (Ure). La coopérative gère ensuite la répartition des Ure et décide sous quelle forme elle le fait : rétribution de l’agriculteur ou investissement dans des projets de soutien de la filière légumineuse (stockage, analyses, etc.).

Réduction de 10 à 25 % des émissions de Ges

La culture de légumineuses n’a pas besoin de fertilisation, un des postes les plus émetteurs de gaz à effet de serre en agriculture. Elle évite donc un certain niveau d’émissions. Les études récentes conduites par l’Unip en collaboration, entre autres, avec l’Inra, Arvalis-Institut du végétal et le Cetiom, montrent que l’introduction d’un pois protéagineux dans une rotation à base de colza, blé et orge permet de réduire de 10 à 25 % les émissions annuelles de gaz à effet de serre.

 

À l’échelle mondiale, ouvrir la voie aux crédits carbone pour la restauration des pâturages dégradés

La Fao aide les éleveurs à tirer des revenus du carbone qu’ils piègent en réhabilitant les écosystèmes endommagés. La Fao, en collaboration avec l'Académie chinoise de sciences agronomiques, l'Académie chinoise des sciences et le Centre mondial de l'agroforesterie, met au point une méthodologie qui permettra d’exploiter l'énorme potentiel que détiennent les pâturages pour soutenir les moyens d'existence durables tout en piégeant le carbone de l'atmosphère et en contribuant à freiner le réchauffement de la planète.

pâturage crédit carbone
Les prairies stockent d'importantes quantités de carbone dans les sols, une piste à exploiter d'après la Fao. (© Terre-net Média)
Un communiqué annonce que la Fao pense avoir trouvé un moyen fiable pour les éleveurs qui investissent dans la restauration des pâturages de prouver qu'ils piègent des quantités mesurables de carbone et de financer leurs activités. De plus, la modélisation réduit les coûts de suivi, permettant aux petits éleveurs d'y prendre part, de sorte qu’ils puissent en tirer un complément de revenu essentiel à la restauration des écosystèmes.

L’avantage collatéral est la conception de pratiques améliorées de pâturage et de gestion des terres en mesure de restaurer la santé des sols, d'améliorer la production de lait et de viande et d'engendrer des services écosystémiques tels que la réduction des ruissellements et des crues subites et la conservation de la biodiversité. Une fois approuvé, tout projet utilisant la méthodologie aura le droit de créer et d'échanger des crédits carbone sur les marchés volontaires du carbone dans le monde entier.

Source : communiqué de la Fao du 27 septembre

 

 

Source : Note aux opérateurs de l’Unip

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