L'actu d'Arvalis Piétin-verse : contrôler la base des tiges

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Le piétin-verse est une maladie inféodée à la parcelle. Les successions de blé sur blé favorisent la maladie qui se maintient d’une saison à l’autre sur les chaumes, les repousses de céréales ou les graminées adventices contaminées. Si des précautions sont prises, la nuisibilité de ce champignon est assez limitée.

Piétin-verseContre le piétin-verse, la résistance variétale est plus efficace que les meilleures protections fongicides. (©Arvalis)

Cette maladie largement déterminée par l’histoire agronomique de la parcelle cause généralement peu de dégâts surtout si les conditions de remplissage sont favorables, mais les attaques précoces peuvent fragiliser la tige et entraîner une verse parasitaire précoce, qui complique la récolte, provoque des pertes de rendement parfois importantes.

Le champignon se conserve sur les chaumes

Le champignon hiverne sur le chaume, les repousses de céréales et les graminées adventices contaminées sous la forme de stromas. Si les conditions sont favorables, la sporulation se produit tout au long de l’automne et de l’hiver. Les spores sont alors véhiculées par la pluie sur de courtes distances. L’infection survient dès que les températures dépassent les 5°C et l’humidité relative dépasse 85 % durant au moins 15 h. Le champignon traverse les gaines en cours de l’hiver et le début du printemps avant de progresser dans la tige durant la montaison.

Eviter le retour trop fréquent du blé

Les successions de blé sur blé, ou les rotations avec présence tous les deux ans favorisent la maladie qui se maintient d’une saison à l’autre sur les résidus de culture. Les semis précoces sont aussi un facteur de risque important vis-à-vis du piétin-verse. Dans les situations à risques, il est conseillé de choisir des variétés résistantes ou peu sensibles au piétin-verse, c'est-à-dire des notes Geves supérieures à 5. La résistance variétale est plus efficace que les meilleures protections fongicides.

Traiter en dernier recours

Ainsi, les variétés avec des notes de sensibilité Geves, notées 5 et au-delà ne justifient pas de traitement. Pour les variétés sensibles (notes Geves inférieures ou égales à 4), il faut s’appuyer sur la grille d’évaluation du risque piétin-verse, tenir compte de l’historique de la parcelle, et observer soigneusement les tiges avant d’envisager tout traitement. S’il s’avère nécessaire, il doit être appliqué entre le stade épi 1 cm et avant le stade 2 nœuds. Au-delà de ce stade, le recouvrement par les feuilles ne permet plus au produit d’atteindre la tige.

Figure 1 : Grille nationale d'évaluation du risque piétin-verseFigure 1 : Grille nationale d'évaluation du risque piétin-verse (©Arvalis) 

Seuil d’intervention

A partir du stade épi 1 cm, prélever 40 tiges au hasard dans la parcelle :

  • Si moins de 10 % de tiges sont atteintes : ne pas traiter.
  • Plus de 35 % de tiges atteintes : traiter.
  • Entre 10 et 35 % de tiges atteintes : la décision est incertaine, évaluer le risque agronomique avec la grille de risque piétin-verse.

Des symptômes à ne pas confondre avec le rhizoctone et la fusariose

Le piétin-verse est le plus souvent constitué d’une seule tache, localisée généralement sous le 1er nœud. La tache est de forme ocellée (elliptique) et ses limites sont diffuses. Après avoir soulevé successivement les gaines, plusieurs points noirs peuvent être observés sur la tige. Ce sont les stromas. Afin d’éviter la confusion avec d'autres maladies, une astuce de diagnostic consiste à essuyer la nécrose avec le doigt. Si un ou plusieurs points noirs subsistent au sein de la nécrose, il s'agit de piétin-verse, ces structures noires prises dans la tige étant les stromas du champignon. Si la tache apparaît plutôt blanche avec des bords bien délimités avec les points noirs qui s'effacent, les symptômes sont générés par du rhizoctone. Si la tache apparaît brune sous forme de trait de plume avec une absence de stroma et le plus souvent un anneau violacé sur les nœuds, il s’agit de fusariose de la tige.

Evaluez le risque maladies avec le Baromètre maladies d'Arvalis-Institut du végétal


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