L'actu de Terres Inovia Colza : Quel positionnement des insecticides contre larves d'altises ?

Terre-net Média

Les conditions climatiques de cet automne ont été favorables au développement des insectes ravageurs du colza. Concernant les larves d'altises, il convient donc d'être vigilant, rappelle Terres Inovia. La méthode Berlèse vous permet de surveiller l'éclosion et l'évolution des stades larvaires, et ainsi raisonner les interventions insecticides.

Plusieurs paramètres sont à prendre en compte dans le raisonnement des interventions insecticides contre les larves de grosses altises :

  • la présence de larves dans les parcelles : intervenir si plus de 2-3 larves par plante ;
  • la biomasse du colza : nous aurons davantage de marges de manœuvre sur des colzas ayant des biomasses supérieures à 1,2 - 1,5 kg/m² car ils seront plus à même de tolérer la présence de larves ;
  • la vigueur du colza : si le colza pousse de manière régulière (températures douces, azote disponible), la nuisibilité des larves présentes est plus faible ;
  • les conditions climatiques : privilégiez un redoux pour intervenir afin que les larves « se baladent » et puissent entrer en contact avec le produit fixé dans l’épiderme.

Raisonnement des interventions insecticides

Larves d'altisesLarves d'altises (©Terres Inovia)

Cas 1 : Vous n’avez pas observé plus de 2-3 larves de grosses altises par plante dans vos parcelles. Ne pas intervenir mais suivre l’évolution des éclosions et des stades larvaires jusque mi-décembre. Cette situation est aujourd’hui possible en cas d’arrivée tardive des grosses altises adultes.
Cas 2 : La présence de larves de grosses altises est supérieure au seuil de 2-3 larves par plante.

  • Parcelles dans des secteurs « Super KDR » (Sud Aube) : une intervention est à envisager sur les larves de grosses altises. Utiliser le Boravi WG 1,5 kg/ha (à mettre dans une bouillie à pH 5,5) afin d’éviter la sélection de résistance.
  • Parcelles hors secteur « Super KDR » : Privilégier Daskor 440 / Patton M 0,625 l en fonction des interventions déjà réalisées ; autre possibilité Boravi WG 1,5 kg (à mettre dans une bouillie à pH 5,5). Veiller à respecter le nombre maximum de passages par an ; Boravi WG : deux passages par campagne / Daskor 440 – Patton M : un passage par campagne. Si les colzas présentent une biomasse supérieure à 1,2 - 1,5 kg/m² et sont encore en croissance, ils seront plus à même d’attendre une intervention mi-décembre afin d’atteindre les arrivées plus tardives de grosses altises de début octobre.
Généraliser une méthode simple : la méthode Berlèse
Pour rappel, cette méthode permet d’extraire passivement les larves d’altises et évite d’avoir à disséquer les pétioles des colzas. Elle consiste à laisser les plantes sécher sur un grillage placé au-dessus d’une cuvette d’eau avec quelques gouttes de produit vaisselle. Les larves de grosse altise sortent progressivement des colzas et tombent dans le liquide.
  • Prélever une trentaine de plantes : 6 x 5 plantes consécutives
  • Placer les Berlèses dans une pièce bien chauffée (> 18 °C) et à faible humidité relative
  • Faire attention que les plantes ne dépassent pas du grillage
  • Attendre au moins 15 jours que toutes les larves sortent (le temps d’attente dépend de la taille des plantes, du niveau d’humidité et de la température dans la pièce)
  • Seuil d'intervention si 2-3 larves en moyenne par plante
NB : cette méthode ne fonctionne pas sur charançon du bourgeon terminal. Retrouvez la vidéo tuto, réalisée par Terres Inovia, sur la méthode Berlèse

Des captures d’adultes importantes et précoces

Les conditions pédoclimatiques de l’automne 2018 furent favorables au développement des insectes ravageurs. Dans les Hauts-de-France, le pic de vol fut tardif par rapport aux années précédentes (7 octobre) et d’une intensité similaire aux années 2015 et 2014. À noter qu’en 2018 une prolongation de l’activité jusque début novembre a été observée.

Pour la Champagne-Ardenne, le vol s’est généralisé à un grand nombre de parcelles comme en 2017 mais les captures furent bien plus importantes avec un pic vers le 10 octobre et une activité toujours présente début novembre. En Lorraine, une augmentation des captures est observée mais le niveau reste inférieur aux autres régions.

Des évolutions de stades larvaires rapides

Pour les Hauts-de-France, le nombre de tests Berlèse notifiant une présence de larves d’altises est plus important cet automne que l’automne 2017. Malgré cela, le nombre de parcelles atteignant le seuil de 2 larves par plante n’est que légèrement supérieur à l’année précédente. Pour la Champagne-Ardenne, le nombre de Berlèses avec présence de larves est plus important que l’année précédente. Mais le nombre de tests dépassant le seuil de 2 larves par plante est quant à lui moins important que de l’automne dernier.

Nombre de larves par plante (tests Berlèse)Nombre de larves par plante (tests Berlèse) (©BSV Champagne-Ardenne) L’évolution des stades larvaires est fonction de la température. Plus celle-ci est élevée, plus l’évolution des stades larvaires est rapide. Les graphiques ci-dessous simulent l’évolution des stades larvaires sur plusieurs stations météorologiques. Ce modèle ne prend pas en compte les facteurs limitants comme la sécheresse marquée que nous avons pu observer cet automne. Avec une sécheresse sévère, deux phénomènes s’observent : les femelles font de la rétention de ponte et tous les œufs ne survivent pas dans le sol. Les évolutions sont réalisées pour une période s’étalant du 15 septembre au 15 octobre.

Date d'apparition des stades larvaires pour la station de Méaulte (80) (©Terres Inovia) Compte tenu des températures supérieures à la normale de l’automne 2018, nous avons observé une évolution des stades larvaires plus rapide que la normale. Pour les arrivées précoces de grosses altises adultes (15/09), l’enchaînement des stades est très rapide avec des stades L3 observables à partir du 21 octobre en Champagne-Ardenne et du 24 octobre pour les Hauts-de-France. Pour les arrivées de fin septembre (pic de vol), selon le modèle, les larves ont éclos à partir du 5 novembre et des stades L2 seront observables courant janvier. Pour les arrivées tardives autour du 15 octobre, les éclosions des larves sont prévues pour le mois d’avril 2019.
Ces simulations montrent que des larves sont potentiellement présentes dans les parcelles. Pour valider ces résultats et aider au déclenchement des interventions, il est important aujourd’hui de réaliser des Berlèses pour suivre les éclosions et l’évolution des stades larvaires.


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