L'actu d'Arvalis Quelles sont les règles de décision concernant le risque limaces ?

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En céréales à paille, trois stratégies se dégagent pour lutter contre les limaces selon les observations réalisées par piégeage. Les recommandations portent alors sur une combinaison de moyens agronomiques avec la lutte chimique.

Granulés anti-limace en blé.La gestion de l’interculture est aussi importante que l’efficacité de l'antilimace. (©Terre-net Média)

Le raisonnement de la lutte contre les limaces passe actuellement par l’observation et l’utilisation de pièges pour décider de la bonne stratégie. Le piégeage doit être réalisé en période d’activité des limaces peu avant l’implantation des céréales à paille mais aussi pendant la période sensible de la culture (du semis jusqu’au stade 3 feuilles).

Le travail du sol perturbe leur cycle

Pour empêcher les limaces de causer davantage de dégâts, il faut perturber leur milieu de vie, entraver leur déplacement et les éliminer par blessure et dessèchement par la répétition de passages d’outils de travail du sol. En parallèle, les populations présentes en surface peuvent être réduites grâce à l’emploi de granulés antilimaces. La gestion de l’interculture est aussi importante que l’efficacité des spécialités chimiques utilisées. La combinaison des moyens agronomiques avec la lutte chimique sur plusieurs campagnes constitue la meilleure option pour limiter les risques et réduire sensiblement les populations. Concernant la lutte chimique, il s’agit d’optimiser le traitement (choix de produits les plus appétents et période d’application). Quelles sont les stratégies de lutte privilégiées ?

Positionner les traitements au plus près du semis

La lutte chimique doit être réalisée avant la levée afin de neutraliser les limaces. Après la levée, les granules antilimaces se retrouvent en concurrence avec les plantes et leur efficacité est réduite. Cette efficacité est très variable entre les dates d’application car dépendante du climat et de l’état des populations de limaces visées (âges, type…). On observe une tendance à obtenir un effet supérieur pour les applications proches du semis et pour les doubles applications (figure 1).

Il est également recommandé de ne plus traiter après 3 feuilles des céréales car au-delà de ce stade, les céréales ont un pouvoir de compensation important.

Efficacité de la lutte antilimacesFigure 1 : Efficacité de la lutte antilimaces. Synthèse de 5 essais : Saint Hilaire (55) 1996 - Doncourt (55) 1999 - Waville (54) 2001 - Rosières (18) 1997 et 2000. Les différentes dates d’applications n’ont pas été réalisées dans tous les essais. (©Arvalis)

Décisions à prendre selon le nombre d’individus piégés en céréales à paille

  • De 1 à 20 limaces/m2 piégées (risque faible) : traitez uniquement une fois les premiers dégâts ou attaques observées sur plantules et optez pour une lutte agronomique sur l’interculture suivante.
  • Entre 20 et 50 limaces/m2 piégées (risque intermédiaire) : un traitement au semis est nécessaire. Pour les limaces grises, le traitement se fait en plein, en surface entre le semis et la levée ou 15 jours avant le semis dans une moindre mesure. Pour les limaces noires, les granulés sont mélangés avec la semence et appliqués en plein entre le semis et la levée.
  • Plus de 50 limaces/m2 piégées (risque élevé) : un traitement 15 jours avant le semis est conseillé en complément du traitement « au semis ». L’efficacité du premier traitement reste limitée car les granulés sont enfouis au moment du semis et ne sont donc plus accessibles. Un tel niveau de population nécessite avant tout des moyens agronomiques pour réduire leur densité.
Rédaction : Pierre Taupin (Arvalis-Institut du végétal)

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