L'info d'Arvalis Récolte des légumineuses fourragères : optimiser la vitesse de séchage du foin

Arvalis-Institut du végétal Terre-net Média

Limiter les pertes au champ, tant en quantité qu’en qualité, tout en optimisant la vitesse de séchage constitue le paradoxe de récolte en foin. Plus un fourrage est sec, plus il est fragile. Les interventions doivent donc être de moins en moins agressives au fur et à mesure que le foin sèche pour limiter les pertes.

Luzerne.
Les feuilles sont les premières à subir des pertes lors du séchage au champ alors qu'elles sont deux à trois fois plus riches en matières azotées que les tiges. (© Terre-net Média)

Lors du séchage au sol, selon les situations, les pertes peuvent dépasser les 30 % du volume initial… Et ce sont principalement les feuilles qui sont perdues. Or celles-ci sont deux à trois fois plus riches en matières azotées que les tiges ! Toutes les étapes de la chaîne de récolte sont concernées mais les pertes deviennent vraiment significatives quand le fourrage atteint les 60-65 % de MS (matière sèche). Un bref rappel de la dynamique de séchage des fourrages au champ permet d’adapter les pratiques en conséquence.

Une première phase de séchage rapide après la fauche

Durant la première phase de séchage, de 20 % de MS environ en vert à 45-50% MS, la perte d’eau est très rapide et se fait essentiellement via les stomates des feuilles encore ouverts. Fauchez le fourrage dès disparition de la rosée afin de profiter d’une exposition maximale aux rayons du soleil dès le premier jour. Mieux vaut privilégier une faucheuse rotative classique laissant le fourrage à plat plutôt qu’une faucheuse conditionneuse à fléaux qui, en plus d’accentuer les pertes, replace le fourrage en andains sur un bon nombre de modèles. Les faucheuses les plus adaptées à la récolte des légumineuses restent les conditionneuses à rouleaux.

Le fanage est à raisonner en fonction de la quantité de fourrage fauché. Il est souvent inutile sur des 3e et 4e coupes car les rendements sont faibles. Faner sitôt la récolte n’est nécessaire que derrière les conditionneuses pour ré-étaler les andains. Le fanage doit être de moins en moins agressif et de plus en plus matinal au fur et à mesure que le foin sèche et se fragilise. C’est le poste responsable du plus grand nombre de pertes, de 20 à 30%.

Deuxième phase de séchage : la perte d’eau des tiges est plus lente

Le séchage ralentit durant sa deuxième phase (45-50 % jusqu’à 65-70 % de MS). Ce sont essentiellement les tiges qui doivent perdre de l’eau. Pour accélérer ce processus, il convient d’aérer au maximum les andains. Le conditionnement lors de la fauche avec des rouleaux ou brosses constitue également une aide précieuse pour atteindre la dernière étape. Pour limiter les pertes, andainez le matin dans la rosée tant que les feuilles sont encore humides et peu fragiles toujours de manière peu agressive.

Troisième phase de séchage : veiller à bien aérer les andains

La vitesse de dessiccation lors de la troisième phase (70 % à 85 % de MS) est la plus lente et dépend essentiellement de l’aération de l’andain. Si les conditions de séchage sont vraiment défavorables, privilégiez le pré-andainage en constituant d’abord les petits andains et en les regroupant au dernier moment avant le pressage. Presser le matin de préférence dès que la rosée s’est retirée. Les pertes sont les plus faibles en récoltant des gros andains avec les presses à balle ronde à chambre variable ; le temps de rotation dans la chambre est alors limité. Le liage filet est indispensable si vous ne voulez pas gâcher toutes les précautions mises en œuvre en amont pour récolter du fourrage de haute qualité.

Rédaction : Gilles Crocq (Arvalis-Institut du végétal)

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