Sorgho Redéploiement après trois années de baisse : quelles motivations ?

Terre-net Média

En 2013, les surfaces cultivées en sorgho ont augmenté après plusieurs années de baisse. Raisons d'ordre conjoncturel mais les motivations des producteurs ont un ancrage plus profond.

Parcelle de sorgho.Les surfaces de sorgho ont gagné 20 % en 2013 par rapport à la dernière campagne. (©JLVerdier/Arvalis)

Le cabinet Bva a mené une enquête auprès de producteurs de sorgho sur les motivations qui les poussent à intégrer la plante dans leur rotation. Concernant le sorgho fourrager, il est cultivé pour le produit de la culture c'est à dire pour sécuriser l’approvisionnement en fourrage et équilibrer la ration. Quant au grain, il est choisi pour la culture elle-même, vue comme un moyen d'augmenter la diversité de la rotation, mais aussi du fait de ses faibles besoins en intrants. Le besoin en eau limité est perçu comme un atout dans les deux cas. 

D'autres raisons sont données sans avoir été proposées : la possibilité de l'exploiter en culture dérobée, entre deux cultures de la rotation, et l'absence de dégâts sur la culture par des sangliers, lapins ou oiseaux.

La météo, première variable du rendement

Sans conteste, le sorgho grain est destiné à la vente. Quant au rendement, entre une bonne et une mauvaise année, le climat apparaît comme la première variable, suivie de la qualité des parcelles et de la conduite ou non en irrigué. 

Les éleveurs producteurs de sorgho fourrager introduisent en moyenne du sorgho à hauteur de 29 % de la ration et 26 % en taux de matière sèche. Quant aux variations du rendement, ils donnent les mêmes explications qu'en sorgho grain, avec cependant une part plus importante accordée à la météo. Ils évoquent également les conditions et la qualité du semis ainsi que les difficultés de désherbage pour justifier de mauvais résultats.

Les éleveurs identifient trois bénéfices majeurs à l'incorporation du sorgho dans les rations : augmentation du taux butyreux, amélioration de la qualité sanitaire du troupeau et augmentation de la quantité de lait produite par vaches. L'énergie est la valeur nutritive la plus recherchée, mais aussi la digestibilité et la fibrosité.

56.000 ha de sorgho en 2013

La campagne 2013 de sorgho est marquée par un redéploiement des surfaces après trois années consécutives de baisse. La progression par rapport à 2012 dépasse 20 % à l’échelle nationale pour atteindre 56.000 ha (source FranceAgriMer). La culture est localisée dans trois régions essentiellement : Centre, Midi-Pyrénées et Poitou-Charentes.

La relance est pour partie conjoncturelle, liée aux difficultés d’implantation des cultures d’hiver en région Centre. Elle s’explique également, pour une part importante, par des motivations plus structurelles (allongement des rotations), en particulier en Midi-Pyrénées. Le rendement moyen national est, à ce jour, estimé à environ 53 q/ha. Les disparités régionales restent importantes, entre l’Alsace qui conserve la première place (85 q/ha) grâce à une majorité de surfaces irriguées, alors que les cultures en sec prédominent dans les autres régions.

Le bilan de marché français 2012-2013, malgré une collecte en baisse pour la troisième année consécutive, voit le niveau des exportations se maintenir au niveau des deux années précédentes avec une destination principale vers les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne et l’Italie. Cette baisse se traduit par contre par une moindre disponibilité du sorgho pour les fabricants d’aliments du bétail. La collecte amorce une reprise sur cette campagne grâce à la hausse des surfaces.

Source : Etude Bva sur la culture du sorgho 2013 menée auprès de 111 producteurs de sorgho, dont 61 en grain et 50 en fourrage.

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