Maïs grain Rendement estimé entre 8,6 et 9,6 t/ha mais rien n'est joué

Terre-net Média

Rien n’est joué en termes de perspectives de rendement pour les cultures de maïs, et donc de production, car la campagne débute. L'Association générale des producteurs de maïs se veut rassurante. Une météorologie favorable, conjuguée à une génétique performante, alors que les réserves d’eau sont abondantes, seraient de nature à corriger en partie ce démarrage problématique.

Parcelle de maïs dans l'Aisne.
Les semis ont pu se dérouler fin avril-début mai en Picardie. (© Terre-net Média)
Selon les régions, les déficits de cumuls de températures en cultures de maïs sont estimés entre 80 degrés-jours (pour les semis les plus précoces) et 300 degrés-jours (pour les semis de fin mai). L’ensemble des cultures de maïs accuse un retard moyen de 15 jours.

L'Agpm rappelle le déroulé des chantiers de semis du maïs grain en 2013 :

Les semis d’avril et début mai (environ 1 million d’hectares) atteignent aujourd’hui 9-10 feuilles en moyenne, parmi lesquels 200.000 ha de semis « précoces » sont à 12 feuilles. Cela concerne le Poitou-Charentes et le sud Vendée, les graviers de Rhône-Alpes, le Bassin parisien, l’Alsace, le nord Aquitaine et l’est de Midi-Pyrénées, la Picardie. « Les levées restent lentes et le parasitisme limité au départ. La relative chaleur de début juin est arrivée à point nommé au moment du sevrage racinaire pour préserver le potentiel. »

Les semis de mai (environ 400.000 ha) ont été réalisés dans les sols suffisamment ressuyés, particulièrement dans les vallées ou les limons les plus sains, les sols organiques : Val d’Allier, Auvergne, Sologne, vallées du sud-ouest, Terres noires du Béarn, sud Alsace, Lorraine, maïs grain de l’ouest de la France. Le stade moyen de ces parcelles se situe aujourd'hui autour de 5 à 8 feuilles.

50.000 à 60.000 ha ne pourront pas être semés

L'Agpm estimait à 200.000 ha les surfaces de maïs grain en attente de semis au début du mois dans le sud Adour, les limons battants (Boulbènes) ou les vallées inondables (Lac de Der et vallées de la Seine et de ses affluents en Champagne, vallées des Gaves), les limons de Chalosse et des côteaux du sud-ouest, les limons de Rhône-Alpes. « Une bonne partie a finalement été implantée avec, quand c’était possible, des variétés plus précoces mais dans des conditions de ressuyage des sols peu optimales. Enfin, les conditions très difficiles dans certaines zones du sud-ouest ont fait tristement la une de l’actualité et laissent craindre que 50 à 60.000 hectares ne puissent être semés dans le Bassin élargi de l’Adour. »

Le maïs fourrage, ressource stratégique pour les éleveurs

« En raison de la grande souplesse de récolte, la situation des maïs fourrage est moins préoccupante. » La moitié des semis a été réalisée fin avril, en Bretagne et dans le nord de la France (stade 8 feuilles aujourd'hui), en mai, en Pays de la Loire et en Normandie, et très récemment derrière ray-grass (stade actuel entre 2 et 5 feuilles). « L’approvisionnement en maïs fourrage sera stratégique pour reconstituer les stocks fourragers, rappellent les producteurs. En effet, la qualité moyenne des ensilages 2012 a provoqué une certaine « surconsommation » hivernale. De plus, le froid et la pluie ont retardé, voire empêché, la mise à l’herbe des animaux. »

Quel potentiel pour la récolte de grains ?

« Compte-tenu des semis tardifs, le potentiel purement génétique du maïs ne sera pas valorisé à son maximum. » L'optimum dépend en effet de la durée du cycle de développement de la plante. « Mais rien n’est joué du côté du rendement qui dépend largement des conditions hydriques de l’été, surtout pour les maïs pluviaux. » La pluviométrie hivernale ayant rétabli les niveaux des différents réservoirs, les 600.000 hectares de maïs irrigués ne devraient souffrir d’aucune restriction.

Ainsi, à ce stade, et avec toute la prudence nécessaire, l'Agpm considère que seul le potentiel des 200.000 ha semés tardivement sera affecté. « Selon nos indicateurs à cette date, le rendement national en maïs grain espéré pourrait s’inscrire dans une fourchette que nous estimons comprise entre 8,6 et 9,6 t/ ha. »

Tour des filières :

Malgré des conditions d’implantation extrêmement difficiles, la sole maïs 2013 devrait atteindre 3,2 Mha, en sensible hausse. Les augmentations de surface prévues en grain ont dû être revues à la baisse (de 50.000 ha) en raison des aléas climatiques, stabilisant ainsi la sole au niveau de 2012 soit 1,63 Mha.

A contrario, compte-tenu des faibles réserves dans les élevages, le maïs fourrage voit ses surfaces progresser de 50.000 ha et atteindre 1,45 Mha. Des transferts de maïs grain vers du maïs fourrage sont à prévoir. 

En maïs semence, le programme de multiplication prévisionnel, et exceptionnel, de 80.500 ha (en augmentation de 17,5 % par rapport à 2012), aujourd’hui réalisé à 98 %, résulte de stocks bas et d’une demande européenne active. De mauvaises conditions d’implantation se traduiront par des difficultés de gestion des chantiers de castration et d’inspection des cultures dans certaines régions, une récolte tardive et, in fine, un rendement moindre. Le réseau français de production de semences de maïs garantit être en mesure d'assurer une production correcte.

Enfin, le maïs doux, dont des surfaces restent à semer, devrait couvrir 22.000 ha.

 


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