L'actu d'Arvalis Réussir l'implantation et l'entretien d'une bande enherbée

Arvalis-Institut du végétal Terre-net Média

La mise en place d’une bande enherbée en aval de la parcelle est une solution efficace pour limiter les pollutions diffuses par les produits phytosanitaires. Elle permet de capter les eaux de ruissellement et les embruns de dérive de pulvérisation, puis de les épurer avant qu’elles ne gagnent les cours d’eau.

Ruisseau et bande enherbéeLa bande enherbée limite fortement le transfert des produits phytosanitaires vers le ruisseau. (©NCornec/Arvalis)

Lors de l’épandage de produits phytosanitaires au champ, plusieurs facteurs influencent le transfert des matières actives vers les eaux de surface. Les phénomènes de battance ou de tassement du sol empêchent ou limitent fortement l’infiltration de l’eau et favorisent les ruissellements érosifs en surface. Ces eaux sont également susceptibles d’entraîner des produits phytosanitaires hors de la parcelle, avant qu’ils aient pu être dégradés. Le ruissellement érosif est fréquemment observé dans les sols limoneux, en particulier dans les parcelles en pente. Les pollutions diffuses des eaux de surface peuvent provenir également des embruns de dérive pulvérisation.

Un atout pour limiter les transferts

Pour limiter ces transferts, l’implantation d’une zone tampon, haie ou bande enherbée, s’avère un dispositif efficace. Elle permet de limiter l’érosion et de capter les embruns de dérive de pulvérisation tout en ralentissant et en épurant les eaux de ruissellement. Les substances phytosanitaires sont dégradées dans ce milieu non perturbé où règne une forte activité biologique. Un diagnostic terrain préalable est nécessaire avant l’installation pour garantir la bonne efficacité du dispositif.

Bien choisir ses espèces

Le mélange d’une espèce gazonnante (ray-grass, fétuque rouge) avec une espèce à croissance lente, formant des touffes (fétuque élevée, dactyle) est un bon compromis pour une installation rapide tout en favorisant la biodiversité et la pérennité du couvert. Les ray-grass italiens et hybrides sont à éviter car ce sont des espèces invasives. Privilégiez des variétés tardives à montaison pour retarder la fauche et le broyage.

Choisir des espèces adaptées au milieu

 Espèces conseillées
Zones fréquemment inondéesFétuque élevée, fétuque des prés, fléole, trèfle hybride
Sols séchantsDactyle, fétuque élevée, lotier
Sols sableux superficielsFétuque rouge
Sols profondsRay-grass anglais

Il faut ensemencer avec des espèces autorisées. Pour plus de précisions, consultez l’arrêté Bcae et la directive Nitrates de votre département, ainsi que l’arrêté Jachères si le couvert est déclaré en tant que tel auprès de la Direction départementale des territoires (Ddt).

Mettre en place une bande enherbée pour ramener la Znt à 5 m

La mise en place d’une bande enherbée de 5 m minimum, complétée par l’utilisation de buses homologuées limitant la dérive et l’enregistrement des pratiques, permet de ramener la Zone de non traitement (Znt) des produits phytosanitaires à 5 m, à l’exception des produits ayant une Znt supérieure à 100 m.

Soigner l’implantation

Au-delà des contraintes réglementaires, variables selon les départements, il faut adapter la localisation et la largeur au phénomène ciblé (intensité du ruissellement, dérive…). Il est recommandé d’implanter les couverts le long des éléments fixes du paysage, cours d’eau, routes, chemins. Le positionnement en bordure d’un point d’eau ou d’un fossé permet de le protéger de la dérive des embruns de pulvérisation. Toutefois, lorsque la surface amont est importante, il peut être nécessaire d’implanter une zone tampon intermédiaire en milieu de parcelle et/ou d’élargir la bande enherbée à proximité du point d’eau à protéger. Cet élargissement de la zone tampon est également important dans les parcelles à forte pente.

Aucun produit phytosanitaire n’étant autorisé sur les couverts environnementaux, il faut implanter sur une surface propre et dans des conditions assurant une installation rapide. Les conditions sont généralement propices à partir de mi-août jusqu’à fin septembre avec le retour des pluies et des températures encore clémentes.

Privilégier la fauche au broyage

Lors des interventions, il faut veiller à ne pas créer de « saignée » qui acheminerait l’eau directement au point d’eau en limitant au maximum le passage d’outils ou la circulation d’engins dans la bande enherbée. De même, évitez de créer des raies de labour le long de la zone tampon, ou d’y jeter de la terre pour ne pas créer de circuit préférentiel de l’eau.

Pour préserver la faune, privilégiez la fauche au broyage. A minima, évitez à tout prix de broyer entre le 15 avril et le 31 juillet, et limiter la vitesse de passage à 10 km/h. Enfin, il est conseillé d’éparpiller les résidus pour ne pas étouffer le couvert.

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