Sclérotinia du colza Résistances et stratégie de lutte

Bénédicte Normand Terre-net média

Le Spv, le Cetiom et l'Inra publient une note commune sur le sclérotinia du colza. Le point sur l’état des résistances (Bmc et Imides cycliques), la stratégie de lutte et les recommandations pour 2006.

Depuis 2000, le Spv, le Cetiom et l’Inra ont mis en place un dispositif de surveillance de la résistance de Sclerotinia sclerotiorum aux fongicides. En 2005, ce sont 174 parcelles qui ont été échantillonnées.

  • Résistance vis-à-vis des Bmc (carbendazime)

Le taux de parcelles présentant au moins un sclérote ou une fraction de sclérote résistant va de 40% en Champagne-Ardennes à 90% en Lorraine, avec une moyenne à 70% sur les 5 principales régions suivies cette année. D’après le Spv, le Cetiom et l’Inra, la proportion de parcelles résistantes ne baisse pas, voire progresse malgré une moindre pression de sélection liée à la diminution des applications de Bmc.

  • Résistance vis-à-vis des Imides cycliques (procymidone, irpodione, vinchlozoline)

Les premiers isolats de Sclerotinia sclerotiorum suspectés d’une moindre sensibilité aux Imides cycliques remontent au début des années 2000 : « 3 échantillons en 2001 et 1 en 2002 semblaient montrer la présence d’une faible résistance à cette famille. » remarquent le Spv, le Cetiom et l’Inra.

En 2003 et 2004, aucun échantillon résistant n’a été détecté. En 2005, 4 sites soit 2,3% des situations analysées ont montré des isolats résistants à des fréquences de détection faible (10 à 20% de sclérotes résistants sur ces parcelles). Selon les analyses complémentaires réalisées par l’Inra, certains isolats sont hautement résistants.

Aucune baisse d’efficacité au champ n’a été constatée à ce jour et n’est prévue à court terme. Le Spv, le Cetiom et l’Inra rappellent cependant que « cette situation doit néanmoins inciter à toujours plus de vigilance, pour le raisonnement des traitements et le choix des stratégies à mettre en œuvre au sein de chaque parcelle et dans le cadre de la rotation ».


Enquête CETIOM : évolution du % relatif d’utilisation des différentes familles chimiques sur colza (2001 à 2005)
(© Proléa)

  • Stratégie de lutte

La rentabilité d’un fongicide n’étant pas assurée tous les ans, il faut éviter la lutte systématique. La décision dépend de la climatologie à la floraison et du risque agronomique. Des outils d’aide à la décision comme le kit pétales du Cetiom ou le modèle climatique du Spv permettent d’évaluer le risque. « Le traitement fongicide contre le sclérotinia doit être positionné à partir de la chute des premiers pétales – apparition des premières siliques, en une application unique qui peut être décalée selon le risque. »

Plusieurs matières actives (carbendazime, procymidone, vinchlozoline, flusilazole) utilisées sur colza sont en attente de décisions quant à leur réinscription sur la liste européenne. La disparition du carbendazime pour cet usage est très probable. Les autres pourraient voir leur classe toxicologique et leurs conditions d’utilisation modifiées, risquant d’affecter les possibilités de mélanges avec d’autres spécialités. En 2005, le Pictor pro (carboxamide) a été autorisé pour sclérotinia, alternaria et phoma sur colza. Les essais Spv et Cetiom montre une efficacité sur sclérotinia équivalente aux imides cycliques les plus performantes.

Les résultats de la lutte biologique avec le champignon Coniothyrium minitans (Contans WG) montrent une réduction très significative des attaques au bout de 3 ans d’application, permettant de limiter les traitements chimiques aux années à risque fort.


Synthèse 2001 – 2005 (source SPV-FREDON) Nombre d'essais : 1 application : 14 / 2 applications : 5 / 3 applications : 3 / 4 applications : 4. (© Proléa)

  • Recommandations pour 2006

Dans les secteurs qui ne sont pas concernés par la résistance aux Bmc, il est possible d'utiliser le carbendazime ou des associations triazoles/carbendazime. En cas de risque fort, les imides cycliques ou les carboxamides sont plus efficaces. En cas d'attaques modérées ou si le sclérotinia n'est pas la cible principale, s'orienter vers les triazoles seuls. Pour gérer le risque de résistance, il faut limiter les traitements chimiques à ceux qui sont indispensables et alterner les familles chimiques dans la rotation.

Pour plus de d&#233;tails, lire la note du Spv, du Cetiom et de l'Inra, sur le site de <A href="http://www.prolea.com/" target=_blank>Prolea</A>. Note consultable sur <A href="http://extranet.prolea.com/" target=_blank>l'extranet de Prolea</A>.

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