[L'actu de Terres Inovia] Colza Semis précoce ne rime pas systématiquement avec régulation

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Les semis de colza sont de plus en plus précoces pour saisir les opportunités de pluies estivales et favoriser la croissance à l’automne. Cette année, il n’est pas rare de croiser des colzas à 6 feuilles au 10-15 septembre. Faut-il envisager de réguler ces colzas ?

Début d'élongation (fausse tige à l'automne ) sur une jeune plante de colzDébut d'élongation (fausse tige à l'automne ) sur une jeune plante de colza. (©Terres Inovia)

Priorité à la croissance

Réussir à faire lever les colzas en conditions sèches et favoriser une croissance continue des cultures tout au long de l’automne sont devenus la priorité pour mettre en place des colzas robustes capables de faire face aux attaques de ravageurs d’automne. Les recommandations ont donc évolué. Les semis de début aout, les associations de légumineuses gélives et la fertilisation au semis sont encouragés malgré l’incidence potentiel de ces leviers sur le risque d’élongation et donc le risque de gel. Le risque d’avoir des dégâts de froid est considéré comme secondaire ou en tout cas moins fréquent que le risque de faire l’objet d’une attaque de ravageurs d’automne. Mais bien sûr, le risque zéro n’existe pas.

Réguler uniquement les situations extrêmes

Pour ne pas entraver la dynamique de croissance des colzas, déjà limitée par le sec dans certains secteurs, la régulation n’est à envisager que dans les situations à risque important : variété sensible à l’élongation, forte densité (>15 pieds/ml) et disponibilité en azote importante (reliquat + apport) > 100 uN.
Dans les secteurs très impactés par la grosse altise, l’application d’un régulateur qui pourrait bloquer les colzas « à la veille » de l’arrivée des insectes dans les parcelles est probablement à éviter.
Dans tous les cas, l’effet des régulateurs est temporaire. Souvent l’application d’un régulateur modère l’élongation sans pour autant l’arrêter. Dans un contexte de temps poussant persistant, une deuxième intervention est sans doute à prévoir mais cela augmente les charges opérationnelles.

Pas de quintaux supplémentaires

Contrairement aux idées reçues, l’application d’un régulateur à l’automne ne se traduit pas par des gains de rendement qui seraient imputables à un système racinaire plus développé et à une meilleure absorption au printemps. Par ailleurs, le régulateur à l’automne n’a pas d’incidence sur le risque de verse au printemps.


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