L'info d'Arvalis Suivre l'évolution des populations de pucerons des épis avant d'intervenir

Arvalis-Institut du végétal Terre-net Média

La période de sensibilité des céréales au puceron des épis démarre à partir du stade épiaison et se termine au stade grain pâteux. Une observation régulière de l’évolution des populations de pucerons des épis est essentielle pour déterminer si une intervention est nécessaire.

Epi de blé au stade floraison.
La période favorable au développement des pucerons commence à la floraison du blé. (© Terre-net Média)

Difficile d’établir une règle générale pour traiter. Observez vos parcelles pour décider de l’opportunité d’un traitement. La présence des ravageurs est un élément important à prendre en compte pour évaluer le risque de nuisance des pucerons des épis.

Seuil de traitement : 1 épi sur 2 infesté par au moins un puceron

Tant que l’on n’observe que quelques épis porteurs de pucerons dans toute la parcelle, l’intervention n‘est pas utile, ces populations peuvent être maîtrisées par la faune auxiliaire (coccinelles, syrphes, microhyménoptères parasites…). Attention, les pucerons se développent souvent en foyers, il est donc indispensable de parcourir la parcelle si l’on veut connaître précisément le niveau d’infestation.

La fréquence d’épis porteurs est assez bien corrélée au nombre de pucerons par épi et permet de façon plus rapide d’estimer la population. Le seuil d’un épi sur deux porteur d’au moins un puceron, est admis comme étant un indicateur simple et pertinent du début de la croissance de la population. Il faut le retenir pour déclencher le traitement. Le développement s’effectue essentiellement lorsque les pucerons peuvent prélever la sève montante, de floraison à grain laiteux-pâteux. Au-delà, les populations régressent.

Si la population de pucerons est déjà importante (plus d’un épi sur deux colonisé) et en conditions de développement très favorables (population qui double en 4 jours ou qui triple en 7 jours), l’utilisation de produits à forte action de choc est conseillée. 

Choisir son insecticide

Les écarts de rendements entre produits sont rarement significatifs. Les comparaisons de produits font apparaître uniquement des nuances d’efficacité en termes d’effet de choc ou de persistance. Les insecticides sont essentiellement des produits de contact, leur action excède rarement deux semaines.

Les produits à base de pyréthrinoïdes (Decis Protech, Karate Xpress, Mavrik Flo,…), ou le flonicamide (Teppeki) doivent être positionnés au début de la croissance active de la population, c'est-à-dire, dès que le seuil de 1 épi sur deux infesté est atteint. Ces produits ont des persistances d’action correctes, mais peuvent être mis en défaut sur des populations très développées.

Par contre, lorsque la population de pucerons est plus importante, un traitement avec un insecticide plus percutant, à « action de choc » s’avère préférable (ex : Pirimor G, Karate K,…). 

Traiter à un volume de bouillie supérieur à 150 l/ha

A chaque passage, quelle que soit la spécialité commerciale, un volume de bouillie de 150 à 200 l/ha est le minimum pour assurer une couverture suffisante de l’épi et du feuillage. Respecter également des conditions d’hygrométrie favorables (> 60 %) pour limiter la volatilisation des produits.

Le renouvellement de l'intervention est-il nécessaire ?

On conseille de reprendre la surveillance une dizaine de jours environ après le traitement. Une nouvelle intervention peut être effectuée en cas d’un dépassement du seuil. Attention cependant, pour les traitements tardifs, il est impératif de veiller au respect du Dar (Délai avant récolte). Quoiqu’il en soit, il n’y a plus d’intérêt à traiter au-delà du stade grain pâteux car ce stade n'est plus attractif.

Attention au respect de la réglementation

Il est interdit de mélanger les triazoles et les imidazoles avec une pyréthrinoïde pendant les périodes de floraison ou de production d’exsudats. Pendant cette période, un délai de 24 heures doit être respecté entre les deux applications, la pyréthrinoïde devant toujours être appliquée en premier (Arrêté mélanges du 7 avril 2010).

Rédaction : Pierre Taupin (Arvalis-Institut du végétal)

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