L'actu de Terres Inovia Tour de France de l'état des tournesols

Terre-net Média

Terres Inovia nous emmène faire un tour de plaine des champs de tournesols dans les principales régions productrices. Si dans le Nord et l'Est, la situation semble prometteuse, elle est plus chaotique à l'Ouest. Dans le Sud-Ouest, se pose la question d'un premier tour d'eau.

TournesolEt dans votre secteur ? Comment se portent vos tournesols ? (©Terres Inovia)

Un début de cycle prometteur dans le Nord et l'Est

Les premières parcelles au stade floraison sont observées dans les secteurs les plus en avance et pour les levées précoces dans les régions Nord et Est. Avec les conditions climatiques actuelles chaudes et humides, les stades progressent rapidement et la floraison va vite se généraliser. La pluviométrie sur le mois de juin a permis un très bon développement végétatif des tournesols, voire parfois luxuriant. Les peuplements sont satisfaisants dans la grande majorité des parcelles. En fonction des dates de semis et de la pluviométrie lors de la levée, il est néanmoins fréquent d’observer des différences de stades au sein même des parcelles. On peut s’attendre à des écarts de maturité au sein des parcelles qu’il faudra prendre en compte lors de la récolte. La qualité d’enracinement est moyenne cette campagne et il est fréquent de rencontrer des pivots coudés à des profondeurs inférieures à 10 cm. Toutefois les racines secondaires ont souvent pu passer les zones compactées et jusqu’alors, il n’y a pas de difficultés d’alimentation des tournesols.

La situation est actuellement très saine : absence de maladies et peu de dégâts liés aux insectes (forficules, pucerons, …). En effet, les pucerons verts du tournesol présents à des stades très précoces cette campagne, ont été bien maîtrisés. Les auxiliaires ont un peu tardé à se développer mais les populations de pucerons verts ont bien été contrôlées après l’apparition des boutons floraux. Cette campagne, les dégâts d'oiseaux à la levée ont été rares. Le salissement des parcelles a été plutôt bien contrôlé et il y a peu de nouvelles levées d’adventices à la faveur du développement foliaire des tournesols qui referme les rangs.

De violents orages de grêle ont, par contre, traversé la Lorraine notamment et ont pu occasionner des dégâts parfois importants aux cultures. Certaines parcelles de tournesol ont été touchées et les dégâts sont limités lorsque seules les feuilles sont impactées : les conséquences sont nulles à faibles.
Dans le cas d’impact de grêle sur les boutons (ou les capitules), les conséquences sont plus lourdes car ces derniers peuvent être déformés entraînant des pertes partielles voire des pertes totales du capitule.

Une situation plus chaotique en régions Poitou-Charentes, Vendée et Limousin

Plus à l'ouest, la chaleur exceptionnelle a permis aux semis d'avril d'avancer correctement, ceux de mai ont par contre été perturbés par les précipitations. Les abas d’eau de la mi-mai, significatifs (nord Charente-Maritime, sud Vendée et sud Deux-Sèvres), ont empêché le développement des tournesols voire la levée des derniers semés. En conséquence, les resemis tardifs s’étendent jusqu’à début juin pour attendre un ressuyage suffisant. Dans l’ensemble, les levées sont assez homogènes. Les quantités d’eau importantes ont provoqué de fréquentes phytotoxicités des herbicides racinaires sur la culture, parfois confondues avec des crispations de feuilles dues aux attaques de pucerons verts.

Absentes ces dernières campagnes, les dégâts de limaces ont été fréquents dans le secteur, en cause : une humidité constante et l'absence de « vrai » hiver. Certains producteurs se sont fait surprendre. L’application d’anti-limaces après les premiers dégâts a parfois été insuffisante pour gérer l’attaque : le resemis était nécessaire (partiel ou total). Des dégâts de taupins et d'oiseaux, variables selon les secteurs, sont aussi signalés. Observés très tôt (2 à 4 feuilles), peu d’interventions ont été réalisées sur pucerons verts et les conséquences semblent limitées.

Côté sanitaire, les conditions climatiques très humides de mi-avril à mi-mai ont favorisé contaminations primaires de mildiou. De plus, les rotations ont parfois été revues à cause des semis impossibles en céréales à paille l’automne dernier, les tournesols sur tournesols sont plus fréquents que d’habitude. Malgré ce « contexte plus à risque », le mildiou est pour le moment moins signalé que l’an passé. Un premier état des lieux de l’enquête tournesol sera prochainement réalisé. Une inquiétude est soulevée par l’apparition de quelques situations avec des variétés au profil Rm9 attaquées en Poitou-Charentes. Ce phénomène était connu ces deux dernières années dans le sud-ouest et arrive sur notre territoire.

Dans le Sud-Ouest, on réfléchit à un premier tour d'eau

Dans le Sud-Ouest, les stades des tournesols s’échelonnent aujourd’hui entre 8 paires de feuilles et le début floraison pour la majorité des situations ; les stades avancent rapidement. Pour les semis les plus précoces, la pleine floraison s’installe. Les orages récents ont provoqué quelques dégâts de grêle très localement, en particulier dans le département du Gers.

À ce jour, les pluies (et les réserves du sol) ont généralement permis de satisfaire les besoins en eau du tournesol, et peu de parcelles parmi les plus précoces sont demandeuses pour l’instant d’une irrigation. Il sera alors plus judicieux de réserver l’eau disponible pour soutenir la fin de la floraison et le remplissage des graines, périodes particulières sensibles au stress hydrique. Néanmoins, il faut rester vigilant, en fonction des conditions météo de votre secteur dans les jours et semaines à venir, en particulier pour les parcelles moins avancées qui sont nombreuses. Observez vos parcelles et intervenez dès que vos tournesols « baissent les bras » !

Un tournesol qui aura subi un « endurcissement » modéré au stress hydrique durant la phase végétative, sera plus armé pour affronter une période de sécheresse dans le reste de son cycle. À noter : un apport d’eau avant floraison peut provoquer une végétation exubérante. Dans ce cas, si par la suite on se trouve dans l’impossibilité de faire perdurer la surface foliaire produite en apportant de l’eau en quantité suffisante, le rendement du tournesol sera pénalisé.

Pour déclencher une irrigation, le meilleur indicateur reste le comportement du tournesol. Si les plantes flétrissent uniquement en pleine après-midi, pas de précipitation, mais si ce flétrissement se poursuit le matin, il est temps de lancer une première irrigation !


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