L'actu d'Arvalis Traitements de semences : une protection toujours d’actualité

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Sur céréales à paille, les traitements de semences restent incontournables contre les maladies charbonneuses (carie, charbon nu) et très précieux face aux bio-agresseurs contre lesquels d’autres méthodes de lutte sont inexistantes ou difficiles à mettre en œuvre.

Semences de blé traité.Semences de blé traité. (©Nicole Cornec/Arvalis)

La gamme des traitements de semences de céréales à paille offre diverses protections pour les prochains semis. Ces traitements, souvent incontournables dans les situations à risque, sont à utiliser à bon escient.

Le choix de ce type de protection s’appuie notamment sur la qualité sanitaire des semences, l'historique parcellaire et la date de semis. Ces critères déterminent les risques d’infections et d’attaques de ravageurs.

Rester vigilant face aux maladies charbonneuses

La carie commune du blé reste présente sur le territoire en raison du fort pouvoir de propagation et de conservation des spores. Un seul épi carié contient des millions de spores qui, disséminées lors du battage, viennent contaminer la récolte, les futures semences et le sol.

La lutte chimique contre la carie repose uniquement sur la protection fongicide des semences. Plusieurs traitements sont très efficaces face à une contamination des semences et du sol, par exemple Vibrance Gold, Redigo ou Rancona 15 ME. 

En agriculture biologique, face à la contamination des semences, deux spécialités sont autorisées : Copseed et Cerall. Copseed, à base de sulfate de cuivre tribasique, présente une efficacité plus régulière que Cerall. Celle-ci n’est cependant pas totale. Le vinaigre est une substance de base récemment autorisée pour lutter contre la carie portée par les semences. Il présente lui aussi une efficacité indéniable mais non totale – et insuffisante dans le cas d’un sol contaminé.

Quant au charbon nu de l’orge, il reste toujours signalé sur le territoire, bien qu’il ne se transmette que par la semence, et que des protections à très forte efficacité soient disponibles en traitement de semences. La contamination des semences n’est pas visible car c’est l’embryon qui est infecté. Qu’elle soit avérée (via une analyse sanitaire) ou suspectée (semences provenant d’un champ - ou à proximité d’un champ - ayant porté des épis charbonnés), le recours à un traitement très efficace (Celest Orge Net, Raxil Star ou Rancona 15 ME) est recommandé, et même fortement recommandé sur les parcelles de production de semences. Attention : certains traitements autorisés sur orge, comme Celest Net ou Celest Gold Net, n’ont  aucune efficacité sur ce pathogène !

Fusarioses : des traitements qui ont fait leurs preuves

La présence de différents champignons, Fusarium graminearum, Microdochium spp., sur et surtout dans les semences, peut entraîner des manques à la levée et des fontes de semis préjudiciables au peuplement et au rendement. Des traitements fongicides (Celest Net, Celest Gold Net, Redigo, Vibrance Gold, Vitavax 200 FS…) combattent efficacement ces pathogènes.

Dans le cas de conditions de levée difficiles, notamment sur blé dur suite à une contamination par Microdochium, Vibrance Gold peut conduire à un gain accru de peuplement, mais qui ne se concrétise pas toujours en rendement dans nos essais. La spécialité Rancona 15 ME affiche un bon contrôle des contaminations par Fusarium graminearum mais son efficacité s’avère inférieure vis-à-vis de Microdochium spp. (figure 1).

Figure 1 : Efficacité des traitements de semences pour lutter contre la contamination des semences par les fusarioses Regroupement de 14 essais 2011-2015 (blé tendre et blé dur), avec une contamination moyenne de 29 % par F. graminearum et 38 % par Microdochium spp.Figure 1 : Efficacité des traitements de semences pour lutter contre la contamination des semences par les fusarioses. Regroupement de 14 essais 2011-2015 (blé tendre et blé dur), avec une contamination moyenne de 29 % par F. graminearum et 38 % par Microdochium spp. (©Arvalis)

Piétin échaudage : combiner les moyens de lutte

La lutte contre le champignon du sol responsable du piétin échaudage s’appuie sur différentes techniques agronomiques et un traitement de semences : Latitude. Ce dernier assure un contrôle partiel, avec une efficacité de l’ordre de 50 % en situation d’attaques moyennes, qui conduit à un gain de rendement proche de 10 q/ha dans les essais en blé sur blé. Ce traitement ne présente aucune efficacité contre les autres maladies, il est à associer à une protection fongicide des semences. 

Il est important de ne pas laisser s’installer le piétin échaudage en s’appuyant notamment sur la rotation des cultures avec des plantes non sensibles ou non amplificatrices, la destruction des graminées adventices et en évitant les semis trop précoces. 

Rappelons que l’implantation de blé dur en deuxième paille est vivement déconseillée, l’espèce étant particulièrement sensible au piétin échaudage.

Agir efficacement contre les vecteurs des viroses

Différents traitements de semences contenant de l’imidaclopride sont disponibles cette campagne : Gaucho Duo FS (fongi-insecticide), Gaucho 350, Nuprid 600 FS / Matrero (insecticides solo). Ils permettent une protection efficace contre les pucerons vecteurs de la JNO et les cicadelles vectrices de la maladie des pieds chétifs. Le risque JNO est accru pour les semis les plus précoces, notamment sur orge, culture fortement sensible à cette virose. Les infestations tardives de pucerons (automnes doux) nécessitent une surveillance prolongée pour une éventuelle intervention en fin de persistance de la protection (4-5 feuilles).

Des traitements insecticides en végétation permettent également de lutter contre ces vecteurs de viroses, mais leur positionnement reste délicat : ils nécessitent une surveillance assidue des parcelles pour déclencher chacune des interventions. Leur persistance d’action étant d’environ 15 jours, l’application est à renouveler si les conditions climatiques favorisent de nouvelles infestations. La figure 2 illustre les rendements acquis avec les différentes pratiques de lutte : lors de ces essais sur orge avec un semis précoce, bénéficiant d’un suivi régulier des infestations pour le déclenchement des applications insecticides (référence Karaté Zéon), la protection insecticide des semences a permis un gain de rendement élevé (+ 53 q/ha) et supérieur à celui d’une seule application insecticide en végétation (+ 41 q/ha). Deux applications ont été nécessaires pour rejoindre la performance de la protection des semences.

Figure 2 : Efficacité de différents moyens de lutte contre les pucerons vecteurs de viroses Regroupement de 6 essais sur orge (campagnes 2015 et 2016)Figure 2 : Efficacité de différents moyens de lutte contre les pucerons vecteurs de viroses. Regroupement de 6 essais sur orge (campagnes 2015 et 2016) (©Arvalis)

Trois molécules contre les ravageurs du sol

Les trois substances actives insecticides, imidaclopride (Gaucho Duo FS, Gaucho 350), téfluthrine (Austral Plus Net, Attack) et cyperméthrine (Langis / Signal), permettent une protection contre les attaques de taupins, avec une efficacité accrue pour les deux dernières face aux attaques tardives de sortie d’hiver.

Contre la mouche grise, présente essentiellement dans le Nord et le Centre, les traitements autorisés à base de téfluthrine ou de cyperméthrine présentent une efficacité comparable et partielle (50 %).

Contre le zabre des céréales, au-delà des méthodes de prévention agronomique qui diminuent le risque de voir s’installer le ravageur, des traitements de semences à base d’imidaclopride ou de téfluthrine apportent une protection significative. L’imadaclopride présente une efficacité supérieure face aux attaques d’automne.

Rédacteur : Nathalie Robin (Arvalis - Institut du végétal)

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