Limaces Travailler les compromis en semis direct

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Le semis direct favorise la présence de la faune auxiliaire comme des ravageurs. L’enjeu concernant les limaces consiste à éviter les attaques préjudiciables aux cultures tout en maintenant une quantité de proies suffisante pour nourrir les prédateurs. Un article extrait de Terre-net Magazine n°26.

Antilimace dans le blé« A dose raisonnée, un molluscicide strict ne perturbe pas l’équilibre vers lequel il faut tendre entre ravageurs et auxiliaires. » (©Terre-net Média)

Les enjeux pour l’agriculteur : Vincent Bruneaux, associé avec son oncle sur 250 ha à Montmirail (Marne).

« J’ai un assolement assez diversifié composé de blé tendre, d’orges d’hiver et de printemps, de pois d’hiver et de printemps, de colza, de féverole, de maïs et de tournesol. En 2010, j’ai abandonné la rotobêche, qui me convenait bien en l’absence de tracteur de grosse puissance sur l’exploitation, pour passer au semis direct. Je suis encore en phase de "rodage", la technique n’étant pas évidente pour certaines cultures.

Au-delà de l’implantation, le semis direct a d’autres conséquences immédiates, visibles en végétation. Il favorise entre autres la présence et l’activité de la faune, aussi bien des auxiliaires que des ravageurs, et notamment des limaces. Pour preuve, mes relevés de pièges sont largement supérieurs à la moyenne du réseau de surveillance De Sangosse auquel je participe. La couverture permanente de mes terres et l’arrêt de tout travail du sol accentuent le phénomène.

Limace« Il faut accepter d’avoir des limaces. »
(©De Sangosse)

La première année, j’ai testé la capacité de régulation naturelle des prédateurs des limaces mais le résultat n’a pas été concluant, en colza particulièrement. Le phosphate ferrique, apporté la campagne suivante, ne m’a pas convaincu non plus.

Effets limités sur les auxiliaires

Je suis revenu au métaldéhyde quand la firme m’a expliqué que ce produit présentait des effets secondaires limités sur la faune auxiliaire. Généralement, j’épands 1,5 kg/ha de Metarex dans la ligne de semis, à l’automne en céréales et colza puis dans les cultures de printemps, avec si besoin une repasse à la levée. J’aimerais obtenir un niveau de régulation naturelle qui me permette d’optimiser mes applications d’antilimaces.

Je déplore un réel manque de retours d’expériences quant à la gestion des limaces en semis direct. Et globalement, je reconnais avoir encore un certain savoir-faire à acquérir pour en maîtriser toutes les incidences. Mais j’avance. Par exemple, en blé de colza, j’ai observé que les limaces ne s’attaquent qu’aux repousses de colza et laissent le blé tranquille. Je pense de plus implanter des haies pour diviser mon parcellaire, peu éclaté, et multiplier les zones refuges pour la faune. En attendant, je vais sûrement essayer la bande enherbée en milieu de champ, pour favoriser toujours plus les insectes. »

Les conseils  de l’expert : Xavier Crebassa, chef marché antilimaces chez De Sangosse

« Le passage au semis direct a pour objectifs de redynamiser la vie du sol, d’en rétablir le fonctionnement naturel et d’arriver à un certain niveau de régulation des prédateurs par les auxiliaires, ce qui est possible à partir du moment où les différentes populations se retrouvent à l’équilibre. L’expérience montre qu’il faut au moins cinq ans pour une réorganisation aboutie.

Laisser des proies aux prédateurs

Xavier Crebassa, chef marché antilimaces chez De Sangosse« L’équilibre se crée avec une certaine
proportion d’insectes. Et de proies
pour les nourrir ! » (©De Sangosse)

Depuis qu’il a adopté cette technique, Vincent Bruneaux constate une recrudescence de limaces. Les effectifs de prédateurs devraient avoir augmenté également même si trois ans ne suffisent pas à atteindre l’équilibre. Et puis, ils sont plus délicats à observer. Ils se déplacent la nuit et le piégeage ne sert qu’au suivi des limaces…

Après dix ans de semis direct, les agriculteurs continuent de voir des limaces, mais en nombre modéré, et celles-ci sont à l’origine de peu de dégâts. Ils peuvent diminuer le nombre d’applications et les doses d’antilimaces. En veillant à ne pas toutes les éradiquer bien sûr… L’équilibre se crée avec une certaine proportion d’insectes. Et de proies pour les nourrir ! Il faut donc accepter d’avoir des limaces. Vincent Bruneaux a raison de s’aider du Metarex, un molluscicide strict, car à dose raisonnée il ne perturbe pas l’équilibre vers lequel il tend.

La magie d’une rencontre...

La majorité des antilimaces contiennent du métaldéhyde. C’est la qualité du support, et donc la formulation, qui les différencie. La matière active tue le ravageur mais il faut laisser l’occasion, à celle-ci, de jouer son rôle. Ainsi, l’efficacité du traitement dépend de la probabilité d’une rencontre entre l’appât et la limace. Elle sera d’autant plus importante que le granulé sera résistant. Les microgranulateurs employés pour l’épandage ne sont pas tendres avec le produit et peuvent le réduire en poussière.

Et une fois sur le sol, ce sont les intempéries qui mettront la qualité de la formulation à l’épreuve. Nos technologies les plus récentes tiennent 20 à 30 jours sous 30 à 40 mm de précipitations. Evidemment, d’autres paramètres entrent en ligne de compte. Une pluie d’orage par exemple risque plus d’abîmer les granulés.

Nous prévoyons d’aller plus loin dans l’amélioration de nos produits. L’enjeu est de maintenir la promesse technique en baissant la quantité de substance active appliquée. »

La formulation, gage d’efficacité

Antilimace

La tenue du granulé à l’humidité et à la pluie est un facteur d’efficacité. Les appâts les moins élaborés risquent d’être dispersés sous une averse un peu violente ou de se dissocier assez rapidement s’ils sont mouillés. La qualité de la fabrication permet également aux granulés de conserver leur intégrité au cours du transport, des manipulations diverses et de leur passage dans les matériels d’épandage. Elle intervient également sur les performances balistiques du granulé et sur la qualité de répartition du traitement à la surface du sol, en particulier en grandes largeurs de travail au champ. Source : Cetiom.

Cet article est extrait de Terre-net Magazine n°26

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