Découvrir Une fleur connectée pour mieux comprendre les abeilles

Terre-net Média

Soutenue par La Fondation Dassault Systèmes, une expérimentation pédagogique inédite baptisée « Abeilles - Biodiversité » est menée au lycée Julliot de la Morandière à Granville (Normandie) en collaboration avec un chercheur du CNRS afin de mieux appréhender le problème du déclin des abeilles.

fleurs connectéesGrâce à la 3D, les lycéens ont conçu des fleurs connectées. (© Lycée Julliot de la Morandière )

Des élèves du lycée Julliot de la Morandière, dans la Manche, et un chercheur du CNRS mènent une expérimentation de science participative inédite qui consiste à créer une fleur artificielle connectée afin d’étudier le comportement de butinage des abeilles. En les comprenant mieux, des recommandations pourront être émises afin de mieux les protéger.

Un déclin des insectes pollinisateurs

Depuis une trentaine d’années, le déclin des insectes pollinisateurs dans les pays industrialisés génère de grandes inquiétudes pour l’avenir de la production alimentaire et l’équilibre de la vie humaine, animale et végétale. Bien que les causes de ce déclin (pesticides, polluants, prédateurs, parasites et pathogènes et malnutrition) aient été identifiées depuis longtemps, leur mode d’action sur les abeilles reste, quant à lui, moins connu. Pour mieux appréhender ce problème et proposer des solutions concrètes, il est nécessaire d'étudier plus en détail le comportement des abeilles.

Le comportement du butinage

Mathieu Lihoreau, et son équipe de recherche au Centre de recherche sur la cognition animale (CRCA-CNRS/Université Toulouse III - Paul Sabatier) à Toulouse, s’intéressent particulièrement au comportement de butinage. Comment une abeille découvre-t-elle une fleur ? Comment choisit-elle de la visiter ? Combien y collecte-t-elle de nectar et de pollen ? Comment et quand décide-t-elle de la revisiter ? Développe-t-elle des circuits entre plusieurs fleurs ? Et comment retourne-t-elle au nid ? Malgré plus d’un siècle de recherches, une partie de ces questions demeure en suspens à cause de la difficulté d’étudier le comportement de ces insectes volants dans leur milieu naturel, c’est à dire dans des zones de plusieurs kilomètres carrés, toute la journée et 7 jours sur 7.

Une fleur artificielle en 3D

Plutôt que d’essayer de suivre les abeilles individuellement, les chercheurs ont décidé d’utiliser des fleurs artificielles conçues en 3D afin d'attirer les abeilles à des endroits choisis, tout en contrôlant leur forme, leurs couleurs, leurs odeurs, ainsi que les quantités de nectar et de pollen qu’elles délivrent. Pour être utile, ce système devra pouvoir reconnaître les abeilles afin d’enregistrer leur passage, puis se remplir en nectar et/ou en pollen selon un flux désiré.

« Ce projet a un double intérêt. D'une part, il permet de développer un prototype de dispositif expérimental qui pourra servir à des recherches fondamentales sur la biologie de l’abeille. D'autre part, il permet de sensibiliser des élèves qui ne suivent pas forcément un parcours scientifique aux problématiques clés de la biodiversité », déclare Mathieu Lihoreau.

Un projet pédagogique avec des lycéens

Dans le cadre d’un projet pédagogique, avec le soutien de La Fondation Dassault Systèmes, des élèves du lycée Julliot de la Morandière de Granville se sont rapprochés de Mathieu Lihoreau. Ensemble, ils ont imaginé une fleur connectée, capable de distribuer du pollen et du nectar en quantité contrôlée. Ainsi, ils entendent attirer les hyménoptères afin de mieux cerner leur fonctionnement en laboratoire. Avec l’aide du chercheur du CNRS et d’un enseignant, les lycéens vont contribuer au projet scientifique et mettre en œuvre toute la chaîne de production de la fleur : de la modélisation 3D via les logiciels de Dassault Systèmes jusqu’à l'impression 3D.  

Au-delà des résultats scientifiques, les élèves ont pris conscience de l’utilité de tous les enseignements (technologie, observation du monde floral, découverte du monde apicole...). Passionnés par ce challenge, ils ont conçu sur un logiciel 3D un prototype opérationnel. « Les élèves ont mis en application toutes les compétences pluridisciplinaires acquises dans leur formation avec un enthousiasme décuplé et pour cause : ils sont passés du statut d’élèves à celui de collaborateurs avec Mathieu Lihoreau, et ont su écouter et répondre à ses besoins », raconte Cyril André, leur professeur.

Un projet stimulant et innovant 

« Grace à la 3D, les élèves ont conçu une fleur connectée qui contribuera à la protection de la biodiversité. Cette expérience leur a également permis d’acquérir des compétences nouvelles qui leur serviront dans leur future carrière professionnelle : utilisation des mondes virtuels, travail en équipe, collaboration avec des professionnels issus de la recherche et du monde de l’entreprise. Ce sont ces valeurs, de partage des compétences et de collaboration, au service de la recherche ainsi que l’amélioration des contenus pédagogiques grâce aux univers virtuels que La Fondation Dassault Systèmes souhaite promouvoir », explique Thibault de Tersant, président de La Fondation Dassault Systèmes.

Observation des abeilles sur fleur connectéeObservation des abeilles sur une fleur connectée. (© Lycée Julliot de la Morandière ) 

Rédaction : Trame pour la revue Travaux & innovations.

© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous