Vin du Bordelais Une récolte 2017 historiquement basse mais un millésime « de qualité »

AFP

Une météo « éprouvante », entre gel fin avril et grêle fin août, va concourir à une récolte historiquement basse dans le vignoble du Bordelais, « en baisse de 40 à 50 % » par rapport à 2016, mais la qualité sera au rendez-vous, particulièrement en blancs, a annoncé jeudi l'interprofession.

La « très petite » récolte 2017, la plus faible en quantité depuis 1991, devrait représenter par rapport à l'an dernier un recul de près de 375 millions de bouteilles, un manque à gagner de près de 2 milliards d'euros, a estimé le Conseil interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), rappelant qu'il faudra attendre les déclarations de récolte de fin d'année pour déterminer avec exactitude le niveau de baisse.

Ces vendanges historiquement basses - qui se retrouvent ailleurs en Europe, rappelle le CIVB - vont impacter la commercialisation : entre 5 et 5,1 millions d'hectolitres seront commercialisés cette année, au lieu des 5,3 espérés. Mais l'impact économique se fera surtout ressentir en 2018 et 2019, a déclaré le président du CIVB, Allan Sichel, pour qui l'interprofession s'attachera à éviter des répercussions sur les prix.

« Les leçons du millésime 1991 ont été apprises. On avait eu après 1991 une forte augmentation des cours, qui avait été répercutée sur les marchés du consommateur, et a entraîné des fortes baisses de la commercialisation », a rappelé Allan Sichel, lors d'une conférence de presse de bilan de vendanges.

L'enjeu pour la filière des vins de Bordeaux « va être, sur 2018, de lisser au maximum l'approvisonnement des marchés, avec des bons vins de 2015, 2016 et ceux produits en 2017, et accepter de baisser nos niveaux de stock disponibles de manière extraordinairement basse, déraisonnablement basse peut-être (...) et profiter des millésimes suivants pour reconstituer les stocks », a-t-il ajouté.

Mais « ce qu'on n'arriverait pas à franchir, c'est un millésime 2018 qui ressemblerait à 2017, car là, on serait dans une impasse, on ne saurait vraiment pas quoi faire », a concédé Allan Sichel.

S'agissant des prix, « on constate bien une certaine tension, mais c'est tout à fait contenu, et plutôt raisonnable dans le cadre de la perte du millésime 2017 », a estimé le dirigeant de l'interprofession. Commentant la qualité de 2017, Allan Sichel a souligné la « belle qualité » des blancs secs « à la fois frais, vifs et aromatiques. Un très beau millésime de blanc ». Sur les liquoreux, vendangés plus tardivement, s'il est trop tôt pour se prononcer, mais ils ont « bénéficié de belles conditions météo favorisant la concentration et la richesse aromatique ». Le « peu de vin rouge produit » se présente pour sa part « avec une belle expression aromatique, de la couleur, du fruit et de la fraîcheur » et « souples ronds et équilibrés » en bouche. Un « joli millésime » de rouge, conclut le président du CIVB.


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