Phyteurop Vers une agriculture plus verte

Terre-net Média

Phyteurop et la société ARD mènent, depuis plus de douze ans, un programme de recherche en faveur de solutions plus vertes pour la santé des végétaux. La première mise au point, Buggy Greenline : un herbicide à base de glyphosate et de co-formulants d'origine végétale. À l’issue de la première année de commercialisation, les deux partenaires font le point sur leur collaboration et la question du glyphosate.

Conférence de presse Phyteurop sur le site de l'ARDDe gauche à droite : Christophe Brasset, directeur général de Vivescia Agriculture, Philippe Hamelin, directeur général de Phyteurop, Boris Estrine, responsable service chimie verte d'ARD, Yvon Le Henaff, directeur général d'ARD, Xavier Cannesson, directeur commercial et marketing de Phyteurop, Jean-Christophe Duval, directeur de Wheatoleo et Laurent Magnant, chef produit herbicides de Phyteurop, lors de la conférence de presse organisée par Phyteurop et ARD sur le programme Greenline. (©Terre-net Média)

Il y a douze ans, le groupe phytosanitaire français Phyteurop et le centre de recherche ARD, basé à Pomacle (Marne) entamaient ensemble un programme de recherche afin de mettre au point des formulations destinées à la santé des végétaux qui soient « à 100 % d'origine végétale ». « La chimie du végétal utilise peu d’eau, d’énergie fossile et de procédé chimique », précise Boris Estrine, responsable service chimie verte chez ARD.

Le but de ce programme Greenline : « Obtenir des performances techniques et agronomiques supérieures afin notamment d’optimiser voire réduire les doses de principes actifs utilisés et proposer des solutions avec un classement écotoxicologique signifiant une diminution de l’impact sur l’environnement et la santé des utilisateurs, par rapport aux produits classiquement employés » indique Xavier Cannesson, directeur commercial et marketing de Phyteurop.

Philippe Hamelin, directeur de Phyteurop, souligne : « Alors que les préoccupations du grand public et les réformes engagées par le gouvernement ont engendré de nombreux débats sur l’utilisation des produits de protection des plantes par les agriculteurs, nous avons souhaité avec ARD mettre en avant ce programme de recherche français original et montrer que le monde agricole est engagé depuis de nombreuses années dans la recherche pratique de solutions durables. »

Gros plan sur le glyphosate aux adjuvants d'origine végétale

Début 2017, la première autorisation de mise sur le marché délivrée par l'Anses, dans le cadre du programme Greenline, concerne le Buggy Greenline, herbicide non sélectif composé de 240 g/l de glyphosate (sel d'isopropylamine) et des co-formulants  Applyclean.

Ces adjuvants (co-formulants) Applyclean sont fabriqués, par Wheatoleo (filiale d’ARD), à partir de coproduits de blé, betterave, colza et bois. La filiale est spécialisée dans la fabrication de tensio-actifs issus entièrement de ressources végétales. Laurent Magnant, chef produit herbicide de Phyteurop, présente le rôle de ces Applyclean dans le Buggy Greenline :

  • « booster l’efficacité du produit »,
  • « assurer une propriété de mouillage de la solution » (la surface de contact entre l'herbicide et la plante est plus grande, d'où une meilleure pénétration),
  • « obtenir des microémulsions avec une stabilité en milieu alcalin et un effet non moussant »,
  • « réduire l'impact sur l'environnement ».
Pour en savoir plus, retrouvez la fiche produit du Buggy Greenline sur le site Internet de Phyteurop.

Lancé la même année que l'interdiction d'utilisation des tallow-amines (co-formulants dans plusieurs solutions avec du glyphosate), le Buggy Greenline représente aujourd'hui (quasiment un an après son lancement) 5 % des parts du marché des produits phytosanitaires à base de glyphosate.

Avec l'interdiction programmée de cette molécule, l'avenir du Buggy Greenline est plus qu'incertain... D’autres projets sont en cours dans le cadre du programme Greenline. Un herbicide est en phase d’homologation et des réflexions sont menées dans le domaine des fongicides.

Quelle réponse face à l'interdiction du glyphosate ?
De nombreuses interrogations émanent du milieu agricole face à l'interdiction du glyphosate prévue d'ici trois ans en France. « À ce jour, nous n'avons pas de solution pour remplacer complètement le glyphosate, répond Philippe Hamelin. Nous pouvons proposer des solutions partielles et d'autres produits potentiels sont en cours d'homologation, mais ce processus est long : six ans voire plus... »
Le directeur général de Phyteurop est revenu sur les démarches nécessaires pour mettre en place une solution phytosanitaire viable : « La recherche prend du temps. Ensuite, il faut mener des expérimentations sur le terrain pendant au moins deux ans. Puis vient le processus d'homologation, qui dure au minimum cinq ans. Il paraît donc impossible de proposer une solution viable pour remplacer le glyphosate dans un laps de temps si court ! »

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