Outils d'analyse Zonage maîtrisé pour l’azote, moins pour le reste

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L’efficacité de la modulation intraparcellaire dépend, à la base, de la qualité d’estimation des différences existant au sein d’une même parcelle. Bien maîtrisée pour l’état de nutrition azotée de la culture, celle-ci est plus aléatoire selon la méthode d’analyse des composantes du sol.

Illustration du potentiel de modulation.Illustration du potentiel de modulation. (©Défisol)

La modulation intraparcellaire revient à différencier les pratiques au sein d’une même parcelle afin de s’adapter au potentiel de la culture. La technique est donc d’autant mieux valorisée lorsque celle-ci présente une hétérogénéité importante et structurée, permettant de délimiter des zones d’intervention de dimension suffisante.

Caroline Desbourdes, spécialiste en agriculture de précision chez Arvalis-Institut du végétal, rappelle en effet que « la largeur minimale sur laquelle il est possible de moduler se limite aujourd’hui le plus souvent à celle que couvrent par les matériels utilisés pour la fertilisation. Certains épandeurs sont néanmoins déjà capables d’effectuer des apports différenciés d’un côté ou de l’autre de la trémie ».

S’agissant des données d’entrée, la modulation de l’azote sur colza et blé sera pertinente sur la base de la variabilité intraparcellaire de l’état nutritif de la végétation. Pour les engrais de fond, le deuxième apport d’azote sur le blé et la densité de semis, on s’appuiera plutôt sur la nature du sol. « Alors que le pilotage de la fertilisation à partir des données de nutrition azotée des plantes a fait ses preuves, commente Caroline Desbourdes, les processus de caractérisation indirects du sol ne sont pas encore fiables à ce jour. »

Le capteur infrarouge en cours de calibrage

L’une d’elles, appelée « grid sampling » ou prélèvement systématique, consiste à échantillonner la parcelle selon une grille fixe. « D’après une étude d’Arvalis, il faut prélever au moins cinq échantillons par hectare pour déterminer la variabilité des éléments chimiques ou physiques du sol. Un procédé efficace mais qui coûte relativement cher. » À moins d’utiliser un capteur infrarouge portable pour les mesures. « L’opération est simple, réalisable en moins d’une minute et on n’est pas obligé d’envoyer des échantillons au laboratoire. Elle est reproductible avec, à la clé, une substantielle réduction de coût. »

L’institut mène des travaux pour calibrer l’appareil, c’est-à-dire relier le signal optique avec les propriétés physico-chimiques du sol. « Les premiers résultats sont encourageants. L’objectif est de caractériser un maximum de paramètres tels que le pH, les éléments physiques et les teneurs en nutriments. » Les principales applications concernent la fumure de fond, le pilotage de l’irrigation pour identifier les endroits où placer les sondes, voire la densité de semis si un lien peut être établi avec la nature du sol.

D’autres méthodes d’analyse, dites indirectes, existent. L’une d’elles repose sur la résistivité ou la conductivité du sol lorsqu’il est soumis à un courant électrique. « Sur la moitié des parcelles testées, les zones de comportement homogène ainsi définies sont corrélées avec la variation de profondeur. En revanche, aucune relation n’a été établie avec la répartition des éléments chimiques, tels que le phosphore ou le potassium. Celle-ci dépendant, entre autres, de l’historique des pratiques culturales. » La spécialiste poursuit : « Les cartes de rendements, quant à elles, correspondent à un constat annuel issu de nombreux paramètres rendant difficile, voire impossible, toute modulation des interventions à partir de ces informations. »


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