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Interview sur le cours du colza « À plus de 400 €/t, le colza retrouve son vrai niveau d’intérêt »

Corteva

Jean-Philippe Penet, directeur Trade et Commerce, et Thibaut Dumans, responsable des achats de colza chez Saipol, font le point sur l’évolution des cours du colza. L’embellie actuelle devrait se maintenir, grâce à la hausse de la demande en tourteaux et en huile, et favoriser les prochains semis.

Colza en fleursLes perspectives pour le colza sont très favorables à moyen terme. (©Corteva)

Comment évoluent les cours du colza ?  

Jean-Philippe Penet : Alors que depuis trois ou quatre ans les cours sur Euronext oscillaient dans une fourchette de 340 à 370 €/tonne, ils sont passés depuis trois mois, très largement au-dessus de 400 €/t. Après trois ou quatre ans de vaches maigres, nous sommes passés dans une phase beaucoup plus favorable pour le colza. Si les conditions le permettent, la hausse des prix va inciter les producteurs à des semis plus importants. Cela devrait combler le déficit entre l’offre et la demande. Le colza a retrouvé son vrai niveau d’intérêt pour les producteurs. 

Qu’est-ce qui explique cette hausse des prix ?  

JP Penet : La bonne tenue des cours est liée à une réduction à l’échelle mondiale des stocks. Les prix bas n’ont pas encouragé les producteurs à semer du colza et les rendements ont été médiocres à pas mal d’endroits sur la planète, alors que la demande aussi bien en huile qu’en protéines est bien présente. Le prix de la graine de colza dépend à 55 % de celui des tourteaux et à 45 % de celui de l’huile. Au cours des six derniers mois, le prix des tourteaux de soja, dont dépend le tourteau de colza, ont bondi de 65 %, passant de 300 à 500 €/t. Pendant la même période, les cours de l’huile sont passés de 650 à 850 €/t, soit une augmentation de 30 %.     

Le Covid n’a donc pas eu d’impact négatif sur la demande en colza ?  

JP Penet : Le premier confinement a eu un effet terrible sur la consommation de gasoil et de biodiesel. A l’époque, nous pensions que la production mondiale d’oléagineux serait satisfaisante. Mais les récoltes ont été beaucoup moins belles que prévues. La production mondiale de tournesol a perdu 5 millions tonnes (Mt) sur les 50 Mt produites habituellement. La production de colza dans l’Union européenne n’a pas excédé 17 Mt comme en 2019, alors que trois ans plus tôt, elle se situait plutôt à 22 Mt. Par ailleurs, en Chine, la consommation d’huile et de tourteaux a repris. Et lors du deuxième confinement, la baisse de la consommation de carburant a été moins forte.  

Cette bonne tenue des cours vous semble-t-elle durable dans les mois à venir ?  

Thibaut Dumans : Tout comme nous avons connu trois ou quatre ans de prix bas, les cours devraient se tenir pendant quelques temps. Nous sommes en fait entrés dans un nouveau cycle pour le colza, un cycle plus favorable qui devrait durer. Les récoltes de colza n’ont pas été bonnes mais la production de soja au niveau global, a été tout à fait correcte. C’est donc bien la hausse de la demande qui tend les bilans. Avec, en tout premier lieu, la hausse de la demande chinoise en soja. La Chine qui, à cause de la peste porcine, avait perdu un quart de son cheptel, a aujourd’hui remis en place son élevage et tire sur les tourteaux. 

Dans ce contexte, quelles sont les perspectives pour les producteurs de colza ?  

T Dumans : 400 €/t, c’est un prix intéressant pour les producteurs de colza. Malgré cela, nous avons la crainte que les surfaces ne remontent pas. Les étés secs et les difficultés à contrôler les attaques d’insectes en ont découragé certains. Le retour des néonicotinoïdes sur betteraves pourrait aussi jouer en défaveur du colza. Il serait pourtant dommage que les agriculteurs ne profitent pas de ce cycle plus favorable pour le colza, car nous avons besoin de graines ! La demande en huile comme en protéines est forte. Et, les agriculteurs peuvent bénéficier d’éléments de valorisation supplémentaires, à l’image du bonus OleoZE. Actuellement, ce bonus GES, pour Gaz à Effet de Serre, est de 27 €/t. Entre prime d’huile et prime GES d’OleoZE, le colza devient très attractif, avec une rémunération potentielle à 500 €/t !

Article publié initialement le 15 février 2021 à 13h58.


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