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Dicotylédones dans le colza Connaître la nuisibilité des adventices pour optimiser son désherbage

Corteva

Pour bien raisonner le désherbage du colza, il est nécessaire de bien connaître la flore présente dans les parcelles, afin de choisir la stratégie de désherbage adaptée. Parmi les dicotylédones, le géranium est l'adventice la plus nuisible du colza. Le coquelicot et le gaillet sont également très impactants, puis, dans une moindre mesure, la matricaire et la pensée.

Parcelle de colza avec adventicesEn plus de la perte de rendement, il est nécessaire de garder à l'esprit que les mauvaises herbes peuvent avoir une nuisibilité indirecte et secondaire. (©Corteva)

Le colza est aujourd'hui une des seules grandes cultures à être systématiquement désherbée en prélevée, sans prendre en compte la pression dicotylédone réelle. L'évolution des pratiques de désherbage, avec l'arrivée de solutions innovantes de post-levée, rend possible l’adaptation des traitements à la flore présente, à condition de bien la connaître. Qu’en est-il de la nuisibilité des adventices rencontrées dans les parcelles ?

S’agissant des pertes de rendement, la publication de S. Cordeau et al « Nuisibilité des adventices en grandes cultures : quelles réponses nous apportent les essais désherbage ? » (29 essais mis en place entre 1993 et 1996) rapporte que dans 51 % des cas, le désherbage apporte un gain significatif de rendement, de 3,5 q/ha en moyenne. Le gain maximal observé est de 12 q/ha. F. Vuillemin et al, dans un article intitulé « Nuisibilité des adventices en colza, un rendement impacté par les fortes infestations » mettent, quant à eux, en évidence le fait que la nuisibilité des adventices diffère selon les espèces et leur densité. Par exemple, à densité comparable, les pensées sont bien moins nuisibles au colza que les géraniums.

Géranium et coquelicot en tête

Afin de mieux évaluer l’impact des dicotylédones, Corteva Agriscience a réalisé une analyse de leur fréquence, leur répartition et leur densité, à partir d’une base de 648 essais conduit entre 2005 et 2018 dans les zones de production de colza. La société a également mis en place une expérimentation sous forme d’essais petites parcelles pour mesurer la nuisibilité des plus fréquentes. Celle-ci confirme la nuisibilité directe des dicotylédones majeures (géranium, coquelicot, gaillet), induisant des pertes de rendement significatives.  Leur présence est répandue dans de nombreuses régions avec des niveaux de salissement variables tandis que pour d’autres dicots comme le bleuet, le salissement peut être important mais plus localisés. Cette meilleure connaissance de la flore facilite le désherbage raisonné en post-levée.

Fréquence et densité des principales adventices du colza.Fréquence et densité des principales adventices du colza. (©Corteva) 

Le géranium est présent partout et souvent en densité élevée (> 100 plantes/m2 dans un tiers des cas) : plus de 45 % des essais présentaient des infestations de géraniums significatives.  Il est beaucoup plus fréquent dans les zones historiques de culture du colza, comme le plateau Bourguignon, les Charentes, le Berry, et les Gâtines-vallée de Loire. Les infestations concernent essentiellement les rotations courtes blé-orge-colza, en particulier, conduites en techniques culturales simplifiées. C’est la dicotylédone qui présente le plus fréquemment les densités les plus élevées. Responsable de pertes de rendement importantes, de l’ordre de 14 à 18 q/ha mesuré dans 2 essais, le géranium est une des dicotylédones les plus nuisibles du colza. Il a été également démontré dans ces essais que sa nuisibilité s’exerce essentiellement au-delà du stade 2 feuilles du colza.

Le coquelicot est également très fréquent (plus de 26 % des essais), et souvent en grande quantité (> 100 plantes/m2 dans 20 % des cas). Il est présent principalement dans les régions à rotation longue, comme la bordure maritime nord, la Picardie, le Perche et la Champagne crayeuse. La perte de rendement liée à cette adventice a été mesurée dans 2 essais entre 6,8 et 11,6 q/ha.

Nuisibilité indirecte et secondaire

La pensée se retrouve également fréquemment, dans 18 % des situations, avec des densités  modérées  (qui peuvent être localement importantes) mais sa nuisibilité reste très faible.

La matricaire est retrouvée dans de nombreuses zones de production plutôt à rotation longue (dans 15 % des essais), à des densités modérées (10 à 50 plantes/m2).

Le gaillet est retrouvé moins fréquemment (8 % des essais) et en densité plus modérée (10 à 50 plantes/m2). Sa nuisibilité a été mesurée dans un essai avec 21 plantes/m² qui ont conduit à une perte de rendement de 10 q/ha. Sa présence a surtout des conséquences sur le taux d'impuretés et d’humidité du colza.

Le bleuet est localisé sur le plateau Bourguignon, le Perche, le Fossé Bressan, le Plateau Lorrain, et le Berry. Il peut facilement atteindre de fortes densités, aux mêmes niveaux que le coquelicot, et son impact sur le rendement est important.

Les autres dicotylédones sont moins fréquentes et généralement en plus faible densité.

En plus de la perte de rendement, il est nécessaire de garder à l'esprit que les mauvaises herbes peuvent avoir une nuisibilité indirecte (qualité de récolte, maladies…) et secondaire (potentiel grainier). Le potentiel grainier d’un coquelicot est plus élevé (50 000 graines/plante) que celui d’un géranium (500 graines/plantes) (S. Cordeau et al, 2016). La persistance des graines dans le sol est également variable en fonction des adventices, avec par exemple une durée de 5 à 8 ans pour les graines de coquelicots (AgroAtlas, consulté le 2/7/2019).


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