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Interview Romain Richard, Corteva « Des biostimulants pour améliorer la vigueur au départ et la floraison »

Corteva

Corteva travaille sur des biostimulants foliaires qui pourraient être disponibles pour le colza à partir de 2023. Romain Richard, Expert Technique National Biocontrôle et Biostimulants, nous explique ce que regroupent les biostimulants et ce qu’ils peuvent apporter au colza, une des cultures qui souffre le plus ces dernières années, notamment en phase d’implantation et pendant la floraison.

Romain Richard CortevaRomain Richard Corteva (©Corteva)

Qu’entendez-vous par biostimulants ?

Les biostimulants peuvent aider la plante à surmonter plus facilement une phase sensible de son cycle. Par exemple, ces dernières années, le colza a rencontré des difficultés au démarrage à cause de conditions trop sèches au semis, et d’attaques d’insectes à l’automne. La culture a également dû faire face au printemps, à des périodes de gel ou à des températures très froides au moment de la floraison. Ces épisodes conduisent à des avortements de siliques et donc à une réduction du potentiel de floraison.

Les biostimulants peuvent notamment augmenter la vigueur au départ du colza et l’aider à passer le cap de l’implantation. Ils peuvent aussi accroître le potentiel de floraison de la culture. L’action des biostimulants est donc ciblée directement sur la plante pour améliorer son développement et réduire les stress climatiques. Ce groupe de produits se différencie des solutions de protection des plantes qui permettent de lutter contre les bio-agresseurs.

Sur quels types de biostimulants travaillez-vous ?

Nous avons identifié trois modes d’action « biostimulants » pour répondre aux problématiques rencontrées par les cultures. Le premier regroupe les actifs biostimulants permettant d’améliorer l’assimilation des éléments minéraux. Le deuxième regroupe ceux qui agissent sur le métabolisme pour la production de phytohormones. Enfin, le troisième groupe d’actifs comprend les substances qui limitent les stress abiotiques, c’est-à-dire les stress hydriques, ceux liés au froid ou aux températures trop élevées.

Sur le colza, quelles catégories de biostimulants peuvent intervenir pour répondre aux problèmes spécifiques de vigueur au départ et de la floraison ?

Pour augmenter la vigueur du jeune colza au démarrage, nous testons des substances qui agissent sur le métabolisme de la plante pour favoriser la production d’hormones de croissance. Les acides humiques et fulviques sont, parmi d’autres, de bons candidats pour répondre à cet objectif. Des applications directement sur la semence ou par pulvérisation foliaire sont en tests. Pour améliorer l’assimilation des éléments minéraux, et notamment le phosphore et l’azote, nous testons plusieurs microorganismes appliqués en pulvérisation au démarrage de la culture.

Enfin, pour améliorer les paramètres de la floraison, nous travaillons sur des actifs qui permettent de réduire la sensibilité de la culture aux températures froides pour limiter l’avortement de siliques.       

Avez-vous déjà des produits au point sur colza ?

Nous allons prochainement proposer des biostimulants en traitement des semences de colza et travaillons sur des biostimulants pour application foliaire, par pulvérisation. Nous allons démarrer, au printemps 2021, des expérimentations pour évaluer en plein champs, un produit sous numéro qui visera à augmenter les composantes de la floraison. A l’automne, nous testerons sur plusieurs sites, plusieurs actifs biostimulants pour répondre aux problématiques d’installation de la culture, stress hydrique à la levée et vigueur au démarrage. Une campagne d’essais petites parcelles pour l’évaluation de ces biostimulants est en cours avec notre service R&D.

A quelle échéance, ces produits pourront-ils être commercialisés ?

Il est toujours difficile de fixer une échéance, mais nous sommes dans une démarche d’homologation de nos produits biostimulants par l’Anses.


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