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Marché du colza Des cours plus favorables alors que les moissons démarrent

Corteva

Après avoir plongé en mars, les prix du colza retrouvent leurs niveaux d’il y a un an à la même époque. Même s’il suit celui du pétrole qui a tendance à faire le yoyo ces dernières semaines, le cours du colza européen résiste mieux aux fluctuations que celui des huiles à l’échelle mondiale.

Parcelle de colza en juin.Le point sur les cours du colza alors que la récolte approche. (©Corteva) 

Le cours du colza, à la veille de la moisson 2020, se situe à peu près au niveau de celui de fin juin début juillet 2019. Et comme l’an dernier, sur la période, les cours font le yoyo, oscillant entre 355 et 375 €/tonne à Rouen. Le prix est remonté récemment dans cette fourchette, après être descendu au plus bas à 338 €/t, le 17 mars 2020. Mais c’est encore loin de l’embellie de l’hiver dernier pendant laquelle il a atteint un pic à 417 €/t, le 9 janvier 2020.

Dans le sillage du pétrole

La crise du Covid 19 est passée par là et, avec elle, l’effondrement des cours du pétrole qui a entrainé les huiles végétales dans sa chute. Depuis, les membres de l’Opep se sont mis d’accord pour limiter la production, d’abord en mai et juin, puis également sur le mois de juillet, ce qui a permis au brut de remonter légèrement. Si le cours des huiles en a profité au niveau mondial, le contexte reste tantôt favorable aux oléagineux, tantôt beaucoup moins, en fonction toujours de l’évolution des cours du pétrole qui fluctuent à la hausse ou à la baisse selon les semaines, voire les jours.

Des éléments haussiers, d’autres baissiers

Les cours de l’huile de palme ont, par exemple, enregistré de fortes baisses jusqu’à la première décade de mai. Le recul des exportations, notamment de l’origine indonésienne, ont pesé sur l’ensemble du secteur. Les cours sont ensuite remontés à Kuala Lumpur, à la faveur d’une demande plus importante à l’export et d’un assouplissement des relations entre les Etats-Unis et la Chine qui s’est portée acheteuse de 132 000 tonnes de soja américain. Les conditions climatiques au Canada ont aussi joué un rôle dans les fluctuations, avec des zones de production qui souffrent d’excès d’eau par endroits, et de sécheresse à d’autres.

Le colza européen moins affecté

Les perspectives de production européenne peu encourageantes permettent au colza de mieux résister à la pression du pétrole que les autres graines oléagineuses ou huiles à l’échelle mondiale. Les surfaces de colza en Europe ont reculé à leur niveau le plus bas depuis 2006. Les attaques des ravageurs et le déficit hydrique ont également impacté le potentiel de rendements. La commission européenne table sur un rendement moyen pour le colza, à l’échelle de l’Union, de 2,9 t/ha, inférieur de - 5,9 % à la moyenne quinquennale, et sur une production inférieure à 17 millions de tonnes. Les allemands notamment ne s’attendent pas à une bonne récolte. L’association des coopératives allemandes prévoit une production de 3,2 Mt, supérieure à la récolte catastrophique de 2019 (2,8 Mt) mais nettement inférieure à la moyenne des cinq dernières années (4,2 Mt).

Le déconfinement redonne également un peu de souffle au débouché biocarburant. Comme le confirme la coopération agricole-métiers du grain dans une note à la mi-juin : « L’huile de colza a pris de la valeur pour plusieurs raisons : des exports dynamiques vers la Chine, la perspective d’une offre en graines tendue pour la campagne 2020-2021, et une reprise, bien que timide, de l’utilisation de carburants après le déconfinement ».


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