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État des colzas Des dégâts de gel dans le nord, des biomasses correctes dans le sud

Corteva

À la sortie de l’hiver, les colzas sont dans l’ensemble corrects, sauf dans les secteurs où les gelées de la mi-février ont été brutales, comme dans le nord-est. Les pesées de biomasse donnent des résultats souvent hétérogènes au sein d’une même région. Cependant, la moyenne est globalement inférieure à celle des dernières années dans le nord alors que supérieure dans la moitié sud.

Parcelle de colza à l'automneParcelle de colza en sortie d'hiver. (©Corteva)

La grande zone nord-est a été touchée par le gel entre le 11 et le 14 février, avec des températures qui sont descendues entre - 8 et - 14°C selon les secteurs, notamment en Champagne-Ardenne et en Lorraine. Comme le souligne Terres Inovia, si le froid est arrivé progressivement, le vent a fait baisser les températures ressenties et entraîné des dégâts en parcelles. À l’effet direct du froid, il faut ajouter le déchaussement, observé dans les sols sensibles, en particulier dans les sols de craie. Des gels de feuilles, d’apex et même de plantes entières ont été signalés. L’institut technique estime cependant qu’il est trop tôt pour faire un diagnostic définitif des conséquences du froid car le colza bénéficie d’une capacité de compensation parfois surprenante.

Des dégâts de gel dans le nord-est et le centre-est

La Bourgogne et la Franche Comté ont aussi été concernées par le gel, avec des dégâts parfois conséquents surtout lorsque la chute des températures s’est conjuguée à la présence de larves d’altises, à l’absence de couverture neigeuse ou à des sols hydromorphes. Ailleurs, les colzas profitent en général bien des températures douces de la fin février pour se développer. À noter parfois, dans le secteur, la présence de petits colzas, avec des biomasses inférieures à 200 g/m² voire 100 g/m². Rappelons que la mesure de la biomasse est un indicateur de la quantité d’azote absorbé par la culture, indispensable pour ajuster la fertilisation au printemps. Le colza a, en effet, la capacité de mettre en réserve l’azote dans ses organes pendant l’été et l’automne puis de le remobiliser dès la reprise de végétation au printemps.

Au nord, des biomasses plutôt faibles

Dans les Hauts-de-France, les parcelles sont assez hétérogènes, avec des biomasses en sortie d’hiver dans les parcelles suivies pour le BSV, de 815 g en moyenne mais qui s’échelonnent entre 363 g et 1,890 kg/m².  Les cultures ont surtout perdu en végétation après l’épisode de gel. Les valeurs sont, dans l’ensemble, plutôt plus faibles que la moyenne des dernières années. Terres Inovia conseille d’ailleurs de mesurer à nouveau la biomasse de la culture si elle a été évaluée une première fois avant le gel, et de réajuster si nécessaire la dose d’azote.

L’ouest moins touché par le froid

En Normandie et à l’ouest de l’Ile-de-France, les températures ne sont pas descendues aussi bas que dans le nord-est, de - 5° à - 9 °C, et une grande partie de la région était couverte par un filet de neige. Les effets du froid sont tout de même visibles localement, notamment en Haute-Normandie : pertes de feuilles, et gels d’apex, voire de hampes. Le phénomène a été aggravé en présence de larves, en sols humides, dans les parcelles exposées au vent de nord-est et dans les sols à faible teneur en azote.

Fin février, les colzas tendaient à reverdir, ce qui est plutôt bon signe. Les biomasses sont assez hétérogènes. Les valeurs moyennes, en novembre décembre, se situaient autour de 1,2 à 1,3 kg/m², un peu plus faible dans l’Essonne et la Seine-Maritime. Les premières estimations en sortie d’hiver indiquent une perte de 10 à 12 % pendant l’hiver. Quelques dégâts liés au froid, des pertes de pieds ou des colzas défoliés, ont été aussi observés en Pays de la Loire.

Des biomasses correctes dans le sud-ouest

Dans le sud-ouest, les biomasses à la sortie de l’hiver sont correctes, malgré les conditions climatiques difficiles en septembre. Elles sont en moyenne de 1,1 kg de matière verte/m² en sortie d’hiver, selon Terres Inovia. Les colzas ont absorbé en moyenne 67 kg d’N/ha, et pour près de 20 % d’entre eux, plus de 100 unités. Après un été sec qui a pénalisé la levée du colza, les conditions automnales ont été propices au rattrapage des levées tardives. De vraies conditions hivernales ont permis un repos végétatif des cultures, ce qui n’était pas le cas depuis plusieurs années dans la région. La qualité d’enracinement est par contre plutôt décevante. Les parcelles ont, pour nombre d’entre elles, un niveau de peuplement convenable mais 25 % sont à moins de 15 plantes/m².

Auvergne, Rhône-Alpes : croissance active à l’automne

Les conditions climatiques et l’état des colzas sont similaires en Auvergne et Rhône-Alpes, avec une croissance active tout au long de l’automne et un vrai repos végétatif pendant l’hiver, qui se traduit par des biomasses tout à fait correctes en sortie d’hiver. Selon Terres Inovia, elles atteignent en moyenne 1,4 kg de matière verte/m² et 45 % des parcelles ont une biomasse supérieure à 1 kg. La quantité moyenne d’azote absorbé est égale à 93 kg/ha, et les petits colzas, avec une biomasse inférieure au seuil critique de 400 g/m², sont moins présents que les années précédentes. Terres Inovia conseille de bien suivre ces parcelles, notamment au niveau du poste fertilisation, pour assurer une entrée en floraison dans les meilleures conditions.


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