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Louis Ferry, agriculteur à Trumilly « En colza, je sème un mélange de variétés pour réduire les risques »

Corteva

Agriculteur dans le sud de l’Oise, Louis Ferry estime qu’il n’y a pas de solution miracle pour réussir la culture du colza. Installé avec son père sur une exploitation, avec un assolement classique pour la région (blé, betteraves, colza, haricots et pommes de terre fécule), il essaie de combiner plusieurs leviers pour mettre tous les atouts de son côté.

Louis FerryLouis Ferry : « J’estime que la réussite du colza se joue dans les 10 jours avant et après le semis. » (©Valfrance)

Comment choisissez-vous vos variétés de colza ?

Le tout premier critère pour moi, c’est de retenir des hybrides car j’estime qu’ils bénéficient d’un potentiel plus élevé que les lignées, d’une plus grande rusticité et d’une très bonne capacité de compensation. On l’a encore constaté cette année après le gel de début avril.

Je me compose systématiquement des mélanges de trois hybrides pour mieux répartir les risques dans la parcelle, selon les précocités ou les caractéristiques des différentes variétés. Sur nos 80 ha de colza, je sème en général deux mélanges différents, un précoce et un demi-précoce. Je leur associe en plus la variété très précoce ES Alicia qui va piéger les méligèthes en fleurissant plus tôt.

Dans mes sols essentiellement de limons-sableux, je vise un semis à 35 grains/m2 dont 2 grains/m2 d’ES Alicia.

Dans les mélanges, je privilégie aussi les variétés tolérantes au virus TuYV. Même si les pucerons qui le véhiculent ne sont pas les insectes qui posent le plus de souci dans le colza, ces hybrides m’évitent d’avoir recours à un insecticide chimique si des pucerons apparaissent.

Quels sont les autres points auxquels vous faites attention avant de semer ?

Je réalise deux déchaumages très superficiels pour éclater la paille et éliminer les mauvaises herbes, tout en maintenant le plus possible l’humidité dans le sol. J’effectue le premier juste derrière la moissonneuse-batteuse, et le second, une dizaine de jours plus tard. J’épands environ 2 tonnes de compost de fientes de volailles qui apporte de la matière organique et l’équivalent NPK de 2-2-7 unités que j’enfouis avec ce deuxième déchaumage.

Et au moment de l’implantation ?

Juste avant le semis, je passe le Chisel avec dents fissuratrices pour ne pas créer de mouvement dans les premiers centimètres du sol et continuer à préserver la fraîcheur. Je sème ensuite de façon classique avec mon combi herse rotative-semoir à céréales, la semaine qui suit le 15 août. En général, à cette période de l’année, nous avons la chance de bénéficier d’un peu de pluie. J’apporte également au semis 150 kg d’engrais DAP 18-46, pour booster le colza dès le départ. J’estime que la réussite du colza se joue dans les 10 jours qui précèdent et qui suivent le semis.

Colza en fleurs« Je choisis mes hybrides en fonction des résultats d’expérimentations de ma coopérative, Valfrance. » (©Valfrance)

Côté protection, comment pratiquez-vous ?

Dans le semoir, j’associe un anti-limaces aux semences et j’opte pour un désherbage classique juste après le semis. Mais, en matière de protection, ce sont les altises à l’automne qui sont les plus compliquées à contrôler. Il faut bien les surveiller. En général, je suis obligé d’intervenir deux fois avant l’hiver à un mois d’intervalle, et là encore, il n’y a pas de solution miracle. Les années où nous réussissons à les gérer, le potentiel de rendement peut atteindre 45 q/ha. Mais si ce n’est pas le cas, nous sommes plus près de 30-35 q/ha.


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